LE BAZAR DE CLODAGH

LE BAZAR DE CLODAGH

Auteur : Arnaud Bordes

Editeur : AUDA ISARN

Année : 2007

Six nouvelles érotiques où âmes en perdition, bacchantes et jeunes filles faciles, peintres et érotomanes errent de bas-fonds en maisons closes, de manoirs orgiaques en forêts sacrificielles, de boudoirs fin de siècle en ruelles byzantines. Dépravations, magie sexuelle, épouvante, stupre et envoûtements...
Le nouvel Arnaud Bordes !

Parfois, la beauté surgit là où on ne l'attend pas, le livre pousse chez un éditeur inconnu, comme cette fois les éditions Auda Isarn. Il ne faut que quelques paragraphes, quelques phrases presque, pour reconnaître chez Arnaud Bordes le peintre de cœur. Sa palette de mots déploie des tableaux somptueux où le noir de bitume cher à Delacroix le dispute à toute la gamme des ocres et des rouges vifs en épices, dans les dédales orientaux du Bazar de Clodagh, première nouvelle donnant son titre au recueil. Si Arnaud Bordes dans ces récits est un pornographe, ce serait au sens le plus noble du terme, celui de styliste de l'extrême. Il n'est pas un de ses paragraphes qui ne plonge dans les marais de la chair sans en ramener un peu d'abîme. Il salit ses mains dans le brouet qui fait trembler, précipite l'imagination à sa limite, provoque le recul, mais au terme du chemin délivre l'esprit de la prison de ses gênes. Rien de commercial, dans cet érotisme là. Si l'énorme est tapi en embuscade, le choc ne pousse pas vers la facilité des éditions commerciales, mais vers les retranchements intérieurs. Et il y a quelque chose de D.H. Lawrence ou de Julien Gracq, dans nombre de ces descriptions où la nature ne vend pas les bons sentiments de l'écologie facile. La forêt, les eaux, les matières, de frémissements en décompositions, sentent la terre humide et les matières organiques en putréfaction. Elles appellent l'humain au même mélange de la mort et de la vie.
(Tang Loaëc, Le Nouvel Obs)

Note : 11/10

AUDA ISARN

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