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  • Dieudonné condamné à 10000 euros d'amende

    L'humoriste Dieudonné a été condamné mardi à 10.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris pour des propos sur la scène du Zénith lors de la remise du "prix de l'infréquentabilité" à l'historien révisionniste Robert Faurisson par une personne déguisée en déporté juif.

    Un an de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende avaient été requis à son encontre le 22 septembre. A l'audience, l'humoriste avait qualifié son geste d'"attentat humoristique" tout en tentant d'en relativiser la portée et en invoquant sa "liberté d'expression".

    Le tribunal a par ailleurs condamné Dieudonné M'Bala M'Bala à verser un euro au titre de dommages et intérêts à huit associations qui s'étaient portées partie civile et un total de 10.000 euros pour frais de justice à l'ensemble de ces associations.

    Dans son jugement, le tribunal a estimé que Dieudonné s'était bien rendu coupable d'"injure publique" envers des personnes d'origine ou de confession juive.

    Me Michael Ghnassia, avocat de SOS Racisme s'est déclaré "tout à fait satisfait de cette décision qui confirme que Dieudonné est un récidiviste de l'injure raciale.

    "Cette énième condamnation montre que Dieudonné M'Bala M?Bala n'est pas un humoriste mais se cache derrière cette étiquette pour exprimer sa haine et le rejet de l'autre", a ajouté l'association, dans un communiqué.

    Pour Me Stéphane Litli (Union des étudiants Juifs de france), "ce provocateur a ainsi été invité par le tribunal à réviser les fondements de son humour antisémite".

    Pour sa part, "la Ligue des droits de l?Homme, partie civile à ce procès, espère (que) cette décision ouvrira les yeux à celles et ceux qui croient encore que Dieudonné est un artiste persécuté", dans un communiqué.

    Deux condamnations pour propos antisémites ont déjà été prononcées à l'encontre de Dieudonné. La cour d'appel de Paris avait confirmé le 26 juin 2008 sa condamnation à 7.000 euros d'amende pour avoir assimilé en 2005 la mémoire de la Shoah à de la "pornographie mémorielle". La cour d'appel l'avait condamné le 15 novembre 2007 à 5.000 euros d'amende pour avoir comparé en 2004 les "Juifs" à des "négriers".

    Dieudonné, 43 ans, s'est forgé l'image d'un provocateur professionnel, adepte de déclarations choc sur la religion ou les Juifs et se pose volontiers en redresseur de torts d'un pays qui occulterait son rôle dans l'esclavage et la traite des Noirs.

    Dimanche, le tribunal administratif de Grenoble a suspendu un arrêté préfectoral interdisant son spectacle et l'autorisant donc à se produire ce même jour en soirée à Grenoble. Le préfet de l'Isère avait interdit par arrêté ce spectacle, craignant "des troubles à l'ordre public".

    Plusieurs municipalités ont interdit ces dernières années ses représentations.

    Le parquet de Paris a ouvert le 4 juin 2009 une enquête préliminaire à l'encontre de l'humoriste pour injure antisémite dans une vidéo sur internet où il dénonce "le puissant lobby de youpins sionistes".

    L'humoriste avait mené, pour les élections européennes du 7 juin 2009, une liste "anti-sioniste" qui avait réalisé le score moyen de 1,30 % en Ile-de-France, seule circonscription où elle se présentait.

    P/O Gaëlle Mann - AFP 27/10/2009

  • Karadzic et le "nettoyage ethnique"

    Le procès de l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic a repris mardi devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, en l'absence de l'accusé, "commandant suprême" du "nettoyage ethnique" en Bosnie, selon le procureur.

    "Ce procès est, votre honneur, celui de ce commandant suprême, un homme qui a exploité les forces du nationalisme, de la haine et de la peur pour mettre en oeuvre sa vision d'une Bosnie ethniquement divisée: Radovan Karadzic", a affirmé le procureur Alan Tieger.

    Radovan Karadzic, 64 ans, qui se défend seul, n'a pas assisté à la présentation des charges de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie (1992-1995) qui pèsent sur lui, boycottant son procès pour la deuxième journée consécutive.

    S'il ne se présente pas à l'audience lundi prochain, les conséquences de son boycott sur le procès seront examinées lors d'une audience de procédure le lendemain, à laquelle M. Karadzic est invité, a précisé le juge O-Gon Kwon.

    Les juges décideront ensuite si le procès se poursuit en l'absence de l'accusé, qui plaide non coupable et réclame davantage de temps pour préparer sa défense, ou s'ils lui imposent un avocat.

    Selon le procureur, Radovan Karadzic a procédé à "un nettoyage ethnique dans de larges portions de Bosnie-Herzégovine" au cours de la guerre qui a fait 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés.

    "Pendant la conquête du territoire qu'il réclamait pour les Serbes, ses forces ont tué des milliers de Musulmans et de Croates de Bosnie, détenu des milliers d'autres dans des camps sordides et forcé des centaines de milliers d'entre eux à fuir leurs maisons", a poursuivi Alan Tieger.

    Il a aussi évoqué la "terreur" de la population de Sarajevo au cours du siège de la capitale qui a fait 10.000 morts et le génocide de Srebrenica, pendant lequel plus de 7.000 hommes et garçons musulmans ont été exécutés en juillet 1995.

    "Les forces de Radovan Karadzic ont pris Srebrenica dans un effort pour nettoyer l'une des dernières présences significatives de Musulmans dans l'est de la Bosnie", a souligné M. Tieger.

    S'ils déclaraient la Bosnie indépendante de la fédération yougoslave, les Musulmans "disparaîtraient de la surface de la terre", avait menacé M. Karadzic dès 1991, dans un discours dont un extrait a été projeté mardi par l'accusation.

    Le magistrat américain a présenté à l'appui de son argumentation des photos de l'accusé posant avec son alter ego militaire, le général Ratko Mladic, toujours en fuite, ainsi que des extraits de conversations téléphoniques de M. Karadzic.

    L'accusé voulait créer "un Etat serbe sur ce qu'il considérait être un territoire historiquement serbe et libéré de ceux qu'il voyait comme ses ennemis", les Musulmans et Croates, qui formaient pourtant plus de 60% de la population bosniaque, a rappelé M. Tieger.

    L'accusation doit terminer sa présentation des charges lundi. Les juges, qui ont aussi évoqué une éventuelle nomination d'un "ami de la Cour", un amicus curiae, pour représenter les intérêts de l'accusé, n'ont pas indiqué quand ils rendraient leur décision sur la poursuite du procès à l'issue de l'audience du 3 novembre.

    M. Karadzic "ne coopérera avec aucun avocat commis d'office", a affirmé de son côté mardi à l'AFP l'un de ses conseillers juridiques, Marco Sladojevic.

    Radovan Karadzic, arrêté en juillet 2008 à Belgrade après treize ans de cavale, doit également répondre de génocide pour des exactions dans les premiers mois de la guerre ainsi que de la prise en otages de 200 observateurs et Casques bleus de l'ONU en mai-juin 1995.

    P/O Gaëlle Mann - AFP 27/10/2009

  • Israël assoiffe le camp de Gaza

    L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International accuse mardi Israël de limiter l'accès à l'eau potable dans les territoires palestiniens, en maintenant notamment un contrôle total sur les ressources en eau.

    "Israël ne laisse les Palestiniens accéder qu'à une infime partie des ressources communes en eau, qui se situent principalement en Cisjordanie occupée, tandis que les colonies israéliennes illégales en reçoivent des quantités pratiquement illimitées", souligne l'organisation dans un rapport rendu public mardi.

    Ainsi, Israël utilise plus de 80% des ressources en eau de l'aqueduc qui approvisionne le territoire. Alors que la consommation des Palestiniens atteint péniblement 70 litres par jour et par personne, celle des Israéliens dépasse les 300 litres. Dans les zones rurales, les Palestiniens survivent avec 20 litres seulement.

    Amnesty International évalue entre 180.000 et 200.000 le nombre de Palestiniens n'ayant pas accès à l'eau courante, alors que, selon l'organisation, les colons ont des pelouses bien irriguées, des jardins luxuriants et des piscines. Un contraste d'autant plus criant que les Palestiniens doivent demander à Israël un permis, généralement refusé ou soumis à de longs délais, pour creuser de nouveaux puits, voire tout simplement restaurer les anciens.

    L'organisation appelle l'Etat hébreu à "mettre fin à ses politiques discriminatoires" et "à lever immédiatement les restrictions imposées aux Palestiniens pour accéder à l'eau".

    Le porte-parole du gouvernement israélien Mark Regev a dénoncé des affirmations "complètement absurdes", assurant que l'Etat hébreu récupérait beaucoup moins d'eau de l'aqueduc qu'en 1967. Et depuis cette époque, la consommation des Palestiniens a triplé, a-t-il déclaré. Il a accusé les Palestiniens de ne pas investir dans le développement en Cisjordanie, précisant qu'ils n'avaient même pas encore commencé à creuser des puits déjà autorisés.

    Dans son rapport, Amnesty International évoque également la Bande de Gaza, où les réservoirs d'eau et les égouts ont été endommagés par le conflit de janvier entre Israël et le Hamas. Dans l'étroite bande côtière, la situation est critique, avec 90 à 95% des eaux contaminées et impropres à la consommation. AP

    P/O Gaëlle Mann - La Tribune.fr 27/10/2009