Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

NIETZSCHE : CINQ SCENARIOS POUR LE FUTUR

 

NIETZSCHE : CINQ SCENARIOS POUR LE FUTUR - Une nouvelle approche de l’œuvre nietzschéenne

Une nouvelle approche de l’œuvre nietzschéenne



Pierre Le Vigan
le 29/06/2014
modifié le 29/06/2014 à 22:15h
Nietzsche prophète ? On l’a dit. Mais on a surtout trop souvent séparé la dimension prophétique du veilleur de Sils Maria de sa dimension de philosophe. C’est l’objet du livre de Philippe Granarolo, tiré d’une partie de sa thèse, travail à la fois érudit et d’une totale clarté. 

 
Nietzsche était haruspice, à la manière des Etrusques. Il voyait dans les entrailles de notre monde les signes du monde de demain. La préoccupation essentielle de Nietzsche n’était pas la déploration, fut-ce de la disparition de la noblesse féodale, mais le « devinement » du futur. Dans les différents mouvements de sa pensée – positivisme, classicisme, puis dépassement des deux –  Nietzsche ne remet jamais en cause ce qu’il a cru apercevoir, même s’il en conteste ensuite la valeur. Ainsi, il ne remet jamais en cause le projet de Wagner d’unir l’oreille et le regard, la musique et la scène, une nouveauté qui annonce le cinéma du XXe siècle.
 
Dans la futurologie de Nietzsche, le plus important est l’idée que l’individu exceptionnel, singulier, échappe au politique. L’individu exceptionnel est ainsi, au-delà de l’actuel effacement du politique, susceptible d’échapper au nihilisme. Il vit « dans son propre système solaire ». Dans Humain trop humain, Nietzsche écrit en ce sens : « Il y a de grands avantages à se faire une bonne fois et dans une large mesure étranger à son temps, à se laisser flotter sur l'océan des conceptions passées du monde. De là, reportant ses regards vers la côte, on en embrassera, pour la première fois sans doute, la configuration d'ensemble, et on aura, au moment de s'en rapprocher, l'avantage de la comprendre mieux en totalité que ceux qui ne l'auront jamais quittée. »

Philippe Granarolo, Nietzsche. Cinq scénarios pour le futur, L’encre marine-belles lettres, 158 pages, 21 euros.


Philippe Granarolo a consacré à Nietzsche une thèse de Doctorat d’État ès-Lettres (« Le futur dans l’œuvre de Nietzsche ») soutenue en 1991. Il n’en avait publié jusqu’alors que la troisième partie ( L’individu éternel / L’expérience nietzschéenne de l’éternité, Vrin, 1993 ), L’auteur aime rappeler qu’il appartient à la première génération ayant eu le privilège d’avoir à sa disposition l’intégralité du corpus nietzschéen, ce qui rend possible une rigueur dans les analyses à laquelle ne pouvaient prétendre les commentateurs des générations précédentes. La Rédaction.
 
METAMAG

Commentaires

  • Nietzsche et Voltaire.

    Pauvre Nietzsche, il aura dit tout et le contraire de tout, selon que l'on se réfère à ses œuvres de jeunesse ("Aurore", Humain, trop humain") ou à ses œuvres de maturité ("Le crépuscule des idoles", "L’Antéchrist").

    Reconnaissons tout de même qu'il rendit un vibrant salut à Voltaire dans la préface de "Humain, trop humain" en écrivant au recto de la feuille de titre:

    « Dédié à la mémoire
    de Voltaire
    en commémoration de l’anniversaire de sa mort
    le 30 mai 1878. »

  • Certains voient en lui un philosophe , celui qui rompt avec les héritiers d'un dangereux sophiste - Socrate - pour se mettre à l'écoute des premiers penseurs grecs .
    Sans doute est-ce là un moyen d'appréhender cet homme étrange dont l'art du soupçon déconsidère les systèmes philosophiques si bien agencés .
    Nous sommes pour notre part attentif au généalogiste qui saisit , dissimulé par le discours , l'esprit malade qui le construit .
    Nietzsche est infaillible comme clinicien : l'Occident est une maladie mortelle .
    Voilà ce qu'il faut , à mon bien humble avis , retenir des imprécations de ce professeur de philologie grecque qui cultiva l'art d'indisposer .
    Il dérangeait alors . Il ne dérange pas moins aujourd'hui . Sa postérité est fabuleuse . Je voudrais ne mentionner que trois noms parmi ses héritiers : deux grands romanciers - Thomas Mann et Hermann Hesse - et un humble prof de mathématiques dans un "Gymnasium " : Oswald Spengler .
    Nietzsche , c'est un personnage fatidique dont nous nous efforçons encore d'entrevoir la pensée .

  • par contre les fausses idoles sont foison à notre époque . . .!!
    salutations.

  • Il n'a posé qu'une question , la seule qui importe :
    Qui peut vouloir quoi ?
    Exemple :
    Quel type d'homme peut vouloir l'égalité ?

    " Prêtres de l'égalité , la tyrannique folie de votre impuissance réclame à grands cris , l'égalité : vos plus secrets désirs de tyrans se travestissent sous des paroles de vertu ".
    ( Ainsi parlait Zarathoustra . Des tarentules )
    Il n'avait pas seulement lu et compris Spinoza et Voltaire , il avait assimilé les moralistes français ( de Montaigne à Stendhal )
    Il faut le fréquenter assidûment , en négligeant ses commentateurs , tous ces ânes diplômés par l'Alma Mater .

  • Nietzsche s'est attiré la haine de tous ceux qu'il avait mis à poil
    et qui n'ont d'autres arguments à lui opposer que misérables et pas à la hauteur. Sa pensée est d'une prodigieuse richesse, reconnue même par ses ennemis de qualité. On lui doit des concepts incontournables, et plus que jamais actuels comme les origines du nihilisme et la mort de Dieu, la généalogie de la morale, la description du dernier homme, la figure mythique du surhomme, l'éternel retour, la notion de "valeur", etc., etc….
    Le passage cité est typiquement nietzschéen, avec cette idée de recul et de détachement par rapport aux cadavres des idéologies, de la morale et de la métaphysique, cadavres qui nous encombrent et nous empêchent de comprendre avec lucidité le monde environnant et la décadence actuelle (dont la "mort de Dieu" n'est qu'un symptôme du nihilisme et non pas la cause).

  • Nietzsche a cerné la maladie comme constitutive de l'Occident .
    La maladie se manifeste avec un rhéteur insupportable , Socrate , elle se présente ensuite avec Platon comme remède aux maux de son temps . Platon c'est la dénaturation de la pensée grecque , la création des arrière-mondes , de la métaphysique . Le règne des illusionnistes, des négateurs de la vie , commence .
    Le christianisme répandu par des Juifs parfois un peu dégrossis par des relents d' hellénisme , c'est du platonisme à l'usage de la plèbe .
    L'Occident , c'est une maladie , la pire de toutes , le nihilisme .
    Il est normal que l'Occident crève .
    L'accomplissement de l'Occident,c'est le règne du " dernier homme ". Cet homme sans qualité exige le bonheur comme un droit . Vous le côtoyez tous les jours , c'est le client des supermarkets , le citoyen de la vertueuse démocratie US .
    Nietzsche annonce le surhomme comme remède à ce laideron ...

Les commentaires sont fermés.