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Les députés britanniques autorisent Theresa May à déclencher le Brexit

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Par Amandine Alexandre
Mis à jour le 08/02/2017 à 22h20 | Publié le 08/02/2017 à 19h29

Le projet de loi sur le déclenchement de l'article 50 a été approuvé hier soir par les députés à une très large majorité.

Tout ça pour ça. Pendant six mois, Theresa May a tenté à tout prix d'éviter de soumettre le déclenchement du Brexit à l'approbation des députés. Sous la contrainte de la Cour suprême, fin janvier, la première ministre avait finalement été obligée de présenter un projet de loi concernant le retrait du Royaume-Uni de l'UE au Parlement. Or l'opposition à laquelle la première ministre craignait de se heurter ne s'est pas matérialisée.

Hier soir, les députés ont voté pour l'activation de l'article 50 du traité de Lisbonne lors d'un vote final aux Communes à 494 voix contre 122. La semaine dernière, 498 députés s'étaient déjà prononcés en faveur du déclenchement du Brexit, au terme d'une seconde lecture du texte. La victoire du gouvernement est pleine et entière: non seulement les membres de la chambre basse ont approuvé le projet de loi à une très large majorité mais ils n'ont pas été en mesure de s'accorder sur un seul amendement.

Theresa May n'a pas remporté la guerre - le texte doit maintenant être examiné par la Chambre des Lords - mais elle peut se féliciter d'avoir mis K.O. la Chambre des Communes. Le «Blitzkrieg» parlementaire imaginé par le gouvernement s'est déroulé comme il avait été prévu par la générale en chef du «hard Brexit»: les députés ont été autorisés à s'exprimer sur le processus, pas à s'emparer du dossier de la sortie de l'UE.

D'abord, parce que 51,9% des électeurs ont voté pour le Brexit le 23 juin dernier. Ensuite, parce qu'au fil des mois, avec l'aide des tabloïds, le gouvernement de Theresa May a instillé un climat très hostile à la moindre remise en cause du bien-fondé de la sortie de l'Europe. Dans les cercles du pouvoir, se prononcer contre le divorce avec les Vingt-Sept équivaut à porter atteinte à l'esprit patriotique britannique.

Un Parti conservateur uni

La victoire qui se profile est d'autant plus savoureuse pour May que l'examen du projet de loi sur le Brexit a mis de nouveau en évidence les divisions au sein du Labour

La victoire qui se profile est d'autant plus savoureuse pour May que l'examen du projet de loi sur le Brexit a mis de nouveau en évidence les divisions au sein du Labour. La semaine dernière, lors du vote initial, 47 députés ont passé outre la consigne de vote donnée par leur leader, Jeremy Corbyn, en votant contre le texte. La rébellion a même gagné l'entourage proche de Corbyn.

La très loyale Diana Abbott, chargée des affaires intérieures au sein du cabinet fantôme travailliste, s'est fait remarquer par son absence mardi dernier. A une heure du vote, la députée londonienne, dont la circonscription a rejeté le Brexit, s'était éclipsée des Communes, prétextant «une migraine». Hier soir, Mme Abbott est rentrée dans le rang mais Clive Lewis, jusqu'alors responsable du commerce au sein de l'équipe Corbyn, a remis sa démission du shadow cabinet. Avant lui, trois autres membres du cabinet fantôme avaient démissionné depuis la fin janvier.

Face à un parti travailliste déchiré, Theresa May peut se féliciter de l'unité du parti conservateur. La première ministre a fait suffisamment de concessions - d'aucuns diront de gestes symboliques - pour décourager les rares élus pro-européens qui siègent encore sur les bancs de la majorité d'attaquer le gouvernement. Pour autant, la cheffe de la majorité aurait tort de s'estimer invincible.

Hier, lors des traditionnelles questions au premier ministre, Theresa May a subi une attaque en règle de Jeremy Corbyn au sujet d'un accord secret que le gouvernement aurait passé avec le comté du Surrey qui menaçait d'augmenter les impôts locaux de 15% pour compenser les coupes budgétaires imposés par le gouvernement. Le Brexit n'est pas le seul dossier brûlant sur lequel la «Dame de fer» va devoir plancher.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 09/02/2017

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