Auteur pour la télévision.

 

Qui n’a pas son beau costume Arnys ? François Fillon, c’est fait. Pierre Moscovici, aussi… À qui le tour ? Curieuse coutume qui consiste à offrir des costumes hors de prix à un homme politique. Pierre Moscovici le jure la main sur le cœur : il s’agissait de cadeaux d’un vrai ami. À 6.000 € l’unité, ce n’est plus de l’amitié. C’est de l’amour. De l’adoration. Et puis, pourquoi pas une voiture, une valise Vuitton, un poney ?

Sans doute ces amis-là les trouvaient-ils très mal habillés ? Le spectacle d’un Pierre Moscovici errant dans les couloirs de la Commission européenne en guenilles, loqueteux, fut insupportable à ce vrai ami garanti 100 % ami.

 

Il lui fallait faire quelque chose. Un geste, une offrande. Comme saint Martin déchirant la moitié de son manteau pour l’offrir à un pauvre, mais il n’allait tout de même pas découper son propre costard Arnys pour en offrir un bout à Moscovici… Alors, au diable l’avarice ! Il fonça droit chez le tailleur du VIIe arrondissement de Paris avec la ferme intention de commander l’habit mais, enfer et damnation, il n’avait pas les mensurations du sujet… De retour auprès de Pierre Moscovici (plus dépenaillé que jamais), il s’en fut prendre discrètement les mesures du bonhomme. Muni d’un mètre ruban, il profitait de la moindre minute d’inattention du commissaire européen pour noter, tantôt la largeur des épaules, tantôt la longueur des bras, copiant ainsi la technique du croque-mort de Lucky Luke…

 

Quelques semaines plus tard, Laurent Max – car il se nomme ainsi – arrivait triomphant auprès de son protégé, tenant dans ses bras le carton renfermant la pépite drapière. Mais il ne fallait pas… Mais enfin… Ah, je suis trop z’ému… Pierre, dont la mise était la risée du quartier, enfila le costume religieusement et s’en fut transfiguré. Un autre homme ! Plus intelligent, plus drôle, plus compétent… L’effet fut immédiat. Et c’est ainsi que, face au miracle, l’ami de Pierre Moscovici décida de lui offrir régulièrement une tenue complète taillée à la main par la maison Arnys. Car, il faut bien le dire, au fil du temps, l’effet du costume sur la personnalité de l’homme politique baissait à vue d’œil… L’usure du tissu, l’érosion… Laurent Max se vit donc presque contraint de renouveler l’opération pour maintenir son très grand ami à un niveau acceptable.

 Laurent Max, négociant en vins, fournisseur de l’Élysée, de Matignon et du Quai d’Orsay… « Il n’y a pas de relation d’intérêts entre nous », assure le costumé… Négociant en vins et virtuose du marketing sur mesure…

NdB: C'est en effet vraiment curieux, ces hommes qui s'offrent entre eux des costumes de grand luxe... et toujours chez Arnys  (métro Sèvres-Babylone)... pas au Sentier!