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Mélenchon, un projet dévastateur pour la France à 270 milliards d'euros !

Le coût faramineux du programme du candidat de La France insoumise se traduirait par une explosion des impôts et de la dette.

Il a des idées fixes, Jean-Luc Mélenchon. Plus les campagnes passent, plus il est convaincu que «les puissants ne sont jamais rassasiés», que «nous étouffons sous le règne de la finance», que «les traités européens nous retirent toute liberté d'action», que «le protectionnisme est nécessaire». Et donc que les politiques de l'offre, dans ce contexte, sont vouées à l'échec. Qu'au contraire, il faut relancer l'activité par la dépense publique. En d'autres termes, remettre l'État au centre du jeu et sortir le carnet de chèques! Il a même chiffré le montant qui devrait y être inscrit, en toutes lettres: 270  milliards d'euros. Rien de moins.

«C'est une sorte de programme commun dopé aux hormones! Dans l'histoire, les résultats de l'étatisation de l'économie ont été tellement mirifiques que ça donne envie de recommencer!», ironise l'économiste Olivier Babeau, professeur à l'université de Bordeaux. D'inspiration keynésienne, le projet du candidat de La France insoumise n'est pas sans rappeler celui mis en œuvre par Pierre Mauroy en 1981. À l'époque, l'électorat de François Mitterrand attendait que l'État reprenne le pouvoir et lui redonne du pouvoir d'achat. Pas moins de 10 milliards de francs avaient alors été injectés pour relancer la consommation et une grande vague de nationalisations lancée. Avec le succès et les conséquences que l'on connaît: des attaques sur le franc, trois dévaluations et l'obligation pour le gouvernement de revenir en arrière deux ans plus tard en instaurant une politique de rigueur…

Un premier chèque de 50 milliards sera consacré à «l'urgence écologique ». Avant un second, de 45 milliards, pour répondre à «l'urgence sociale», notamment le logement

Mais qu'à cela ne tienne! Jean-Luc Mélenchon est plus «ambitieux». Lui injectera donc 270 milliards d'euros dans la «machine». Son programme se fonde d'abord sur un plan de relance des investissements de 100 milliards, financés par l'emprunt. Un premier chèque de 50 milliards sera consacré à «l'urgence écologique». Avant un second, de 45 milliards, pour répondre à «l'urgence sociale», notamment le logement et la «fin du pillage économique de la nation», via des renationalisations (aéroports, autoroutes…). Enfin, 7 milliards doivent aller aux services publics.

Mais il ne s'arrêterait pas en si bon chemin. Tout cela serait, en cas de victoire, accompagné d'un programme de hausse de la dépense publique de 173 milliards d'euros sur le quinquennat. Et ce, pour financer la lutte contre la pauvreté, la Sécurité sociale intégrale, le retour de la retraite à 60 ans, l'augmentation des salaires, la création de postes dans le secteur non marchand… «Si le fait que l'État dépense plus aboutissait à la prospérité, la France serait un des pays les plus prospères d'Europe, insiste Olivier Babeau. Mais nos voisins qui ont réduit la dépense publique sont dans une situation plus enviable que la nôtre.»

«Parce qu'il envisage une sortie de l'Union européenne, Mélenchon nous envoie dans le décor»

François Ecalle, ancien magistrat de la Cour des comptes

Comme l'endettement ne peut pas être le remède miracle à tous les maux -  et qu'il aura déjà servi pour financer le programme d'investissements  -, la hausse des dépenses courantes annoncées par le candidat sera rendue possible grâce à… une «réforme fiscale». Autrement dit, par 120 milliards d'euros, selon le chiffrage du candidat lui-même, d'augmentation des impôts. Et des hausses ciblées, de préférence. En 2012, Mélenchon avait fait un slogan - «au-dessus, on prend tout»  - de sa proposition de fixer un taux marginal de 100 % sur les revenus supérieurs à 360.000 euros annuels. Il revient cinq ans plus tard avec un dispositif à peine remanié: ce taux concernera les revenus au-dessus de 20  fois le revenu médian, soit 400.000 euros annuels. Ce qui revient, admet-il, à fixer un «revenu maximum autorisé». Parce que les plus aisés sont dans son viseur, il compte également «renforcer» l'ISF et augmenter les droits de succession sur les gros patrimoines. Au-delà de ces mesures, il veut rendre l'impôt sur les revenus plus progressif avec un barème à 14  tranches contre 5 aujourd'hui.

Le candidat s'appuie en effet sur les projections arrangeantes de ses deux économistes, Jacques Généreux, maître de conférences à Sciences Po Paris, et Liêm Hoang-Ngoc, ancien eurodéputé PS

Et les finances de l'État dans tout ça? «Sur ce plan-là, et parce qu'il envisage une sortie de l'Union européenne, il nous envoie dans le décor», assure François Ecalle, ancien magistrat de la Cour des comptes et fondateur du site Fipeco. L'intéressé n'est pas du même avis. Le candidat s'appuie en effet sur les projections arrangeantes de ses deux économistes, Jacques Généreux, maître de conférences à Sciences Po Paris, et Liêm Hoang-Ngoc, ancien eurodéputé PS. Ces derniers assurent en effet que l'effet multiplicateur du projet est de 1,4. En d'autres termes, que 140 euros d'activité supplémentaire seraient, par un effet boule de neige, générés pour chaque centaine d'euros dépensée. Du coup, les dépenses creuseraient certes le déficit public à 4,8 % du PIB en 2018. Mais celui-ci se résorberait à mesure que les retours sur investissements s'accumuleraient, pour finalement retomber à 2,5 % à la fin du quinquennat. Quant à la dette, elle tomberait à 87 % du PIB en 2022, soit dix points de moins qu'aujourd'hui.

Reste qu'aucune évaluation du programme Mélenchon, faite ces dernières semaines par les multiples instituts de conjoncture et autres think-tanks, ne parvient à ce résultat. L'Institut Montaigne estime au contraire que l'endettement se creusera de 180 milliards en cinq ans ; la Fondation Concorde le voit exploser à 110 % du PIB quand l'iFRAP le chiffre à 116 %. Si bien, selon ce dernier, que la dette française serait alors sur une pente non soutenable «et les taux d'intérêt augmenteraient de manière importante». Mais les contraintes de la finance, Jean-Luc Mélenchon s'en moque bien… Pour lui, les scénarios catastrophes sont moins importants que les convictions.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 12/04/2017.

Commentaires

  • sacré Merluchon , comment un tel programme peut il est pris au sérieux par ceux et celles qui l,écoutent , ce ne sont quand même pas tous et toutes des demeurés .
    salutations.

  • Mélenchon n'a pas été le "troisième homme" en 2012, il ne sera pas le "deuxième homme" dans quinze jours et ne devrait totaliser qu'environ 14 % ! Car si son discours est habile et veut récuppérer les mécontentements et même piquer des idées du Front National (mais oui !), le millionnaire rouge n'a que des électeurs communistes, associatifs, retraités de l'enseignement et autres faux révolutionnaires excités dans leurs charentaises .Ah ! Ses meetings au public surestimé ont un côté génial mais ce comédien vieillissant porteur d'un appareil auditif ,frère trois points va se montrer sous son vrai jour et nous n'avons pas grand chose à en craindre, sauf la rage de ceux qu'il trompe et qui seront prêts à voter "super voleur" contre Marine, les imbéciles utiles !

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