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03/08/2017

Je suis de droite - Editorial par Denis Tillinac

Editorialiste
ÉDITORIAL
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DENIS TILLINAC
 
 

Je suis de droite

Par Denis Tillinac / Samedi 29 juillet 2017 à 08:022
 
Chapô

 

Edito. Parce que c’est là et pas à gauche que j’ai retrouvé le sens de la transcendance, de l’héritage, de l’honneur. Tout ce que mes parents avaient tâché de m’inculquer.

 

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Lorsque j’avais 20 ans, j’apprenais l’amour, je jouais au rugby, je lisais des livres et la nuit, je refaisais le monde dans des bistrots enfumés à souhait avec des copains anars, cocos, trotskistes, maoïstes, situationnistes. Beaucoup d’“ismes” à l’époque, presque tous à gauche de la gauche : le romantisme révolutionnaire marxiste, additionné de freudisme surréalisant, faisait la loi dans les facs. La dénonciation rituelle des “fachos” tournait à vide ; le monde universitaire était gaucho aux environs de Mai 68, comme il était aristotélicien et thomiste au Moyen Âge. Nous lisions tous Foucault, Baudrillard, Morin, Lacan, Althusser, Deleuze, Derrida, Guattari, Barthes, Debord, Marcuse. Ces maîtres à penser ne rendaient aucun écho à mes états d’âme. Je n’étais pas gaucho. Pourtant, je détestais autant que les autres la société de consommation, les arrogances du fric et les séquelles de “l’ordre bourgeois”, formule en vigueur dans les amphis. Mon catholicisme, mon patriotisme, mon pastoralisme, mon rimbaldisme rasaient les murs. Je n’étais pas gaucho, mais j’enviais Régis Debray qui avait eu le courage de mettre un fusil au bout de ses idées pour aller crapahuter dans un maquis chez les “Picaros”.

Il en est revenu. Ils en sont tous revenus et somme toute, Aron avait eu raison contre Sartre. Reste que l’hystérie consumériste, surarmée par les médias lourds, fabrique en série des prédateurs férocement matérialistes. Les gauchos avaient raison de la dénoncer. Tort de s’y employer avec un outillage où manquaient les ressorts exigibles pour une quête idéale : le sens de la transcendance, de la pureté, de l’héritage, de l’honneur. Tout ce que mes parents et les prêtres avaient tâché de m’inculquer.

Voilà pourquoi, à 20 ans, je me suis retrouvé “à droite” par allergie à la philosophie des “déconstructeurs”. À leur esthétique aussi, je n’aimais ni leurs postures ni leurs slogans. Déjà, je pressentais que le gaucho tournerait fatalement au bobo égocentré, comme un mauvais vin tourne au vinaigre. Un fond de lucidité m’avertissait qu’à tout prendre il valait mieux être gouverné par les énarques glaciaux de Pompidou ou de Giscard que par des émules de Robespierre, de Lénine et de leur postérité sinistre. La lecture de Chateaubriand, de Tocqueville et de Taine m’immunisait contre les venins du millénarisme marxiste. C’est-à-dire du socialisme, si l’on redonne à ce mot son vrai sens : une société où la personne est intégralement prise en charge par la communauté et formatée à cette fin depuis le berceau jusqu’à l’Ehpad.

Et je comptais, je compte toujours, Mussolini et Hitler parmi les copromoteurs de cet enfer rationnel. D’ailleurs les ultras de l’extrême droite ressemblaient comme des jumeaux aux “stals”, à ceci près qu’ils maquillaient en nostalgies passéistes leurs fantasmes éradicateurs.

Ma “droite” n’a pas d’accroche avec quelque idéologie que ce soit. Elle est conservatrice par instinct de survie. Elle invoque la nécessité de prendre en compte la fécondité de la mémoire, la fluidité du réel, les ambiguïtés de la conscience, ainsi que nos rêves d’harmonie, nos soifs d’émerveillement, nos aspirations à l’éternité. Je suis “de droite” par amour de la liberté, convaincu qu’on ne doit jamais investir nos quêtes d’absolu dans la sphère politique. Elles relèvent de la mystique, ou de la poétique. La politique, c’est plus modeste, plus contingent, ça consiste juste à gouverner un peuple en évitant que ses équilibres mentaux soient trop chambardés, sa fierté trop meurtrie et en protégeant les humbles des rapacités en tous genres. Trop de plumes délicates (Aragon, Brasillach, Éluard, Drieu, etc.) se sont dévoyées jusqu’à la pire servilité pour avoir voulu assujettir la réalité à leur délire épurateur.

Je suis “de droite” avec beaucoup de guillemets, par horreur de tous les idéologues qui toujours enténèbrent les âmes en érigeant des barbelés.

Valeurs actuelles

02:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Toujours très politiquement correct , ce Tillinac .
Il remet sur le tapis les " heures les plus sombres de notre histoire " pour dénigrer" l' extrême - droite " .
On n' oublie pas qu' il a été un adorateur de Chirac dont il a fait la promotion sur tous les plateaux télé.
" les énarques glaciaux " de Pompidou et de Giscard auraient été de droite ?
Décidément tous ces ex gauchos qui, sentant le vent tourner , se prétendent désormais de droite , tout en n' omettant pas de continuer à faire allégeance au Dogme ( le Mal, c' est l' " extrême- droite " ), me révulsent .

Écrit par : anonyme | 03/08/2017

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Rectificatif

J’ai eu un parcours comparable à celui de Tillinac, sauf que je ne suis jamais passé par la case pompidolo-giscardo-chiraquienne...ni par la mitterrando-hollandiste bien sûr. Au même âge, 23 ans en 1968, je me définissais pompeusement (on a besoin de se définir pompeusement à cet âge là) comme « anarchiste de droite ». L’anarchiste étant « quelqu’un qui aime tellement l’ordre qu’il n’en supporte pas la caricature » (Antonin Artaud), après avoir vécu mai 68 au cœur de la mêlée à ma manière, j’avais pris en horreur tous les bavards mao-trotsko-gauchistes de la fac, ayant d’autres combats à mener pour ma Flandre natale. On ne disait pas « identitaire » à l’époque. Je suis resté sans voter à une seule élection présidentielle pendant plus de 40 ans, jusqu’à l’arrivée de Marine. A l’époque de Tillinac et à la mienne, la « vraie droite » était réduite à Tixier-Vignancourt (1% aux élections), que tout jeune normal considérait à l’époque comme rétrograde, réactionnaire, ringard, moisi…(les « reagano-papistes » dénoncés plus tard par A de Benoist). C’est la rencontre avec le GRECE et la Nouvelle Droite qui allait me faire basculer définitivement vers une conception du monde qui est toujours la mienne aujourd’hui.

Comme il y a le feu au moulin et que la question brûlante est de savoir s’il y aura encore des peuples européens blancs demain, j’ai décidé de soutenir par réalisme Marine (bien qu ‘elle soit aussi jacobine que tous les autres), étant donné qu’il n’existe AUCUNE autre issue sérieuse pour inverser la descente aux enfers actuelle, à moins de fantasmer sur un putsch militaire ou une révolution des veaux ou de rêver sur son clavier !
Mais je compte surtout sur le renforcement du combat métapolitique et la conquête du pouvoir culturel, sans lequel rien ne sera possible durablement (cf. : le « gramscisme de droite » du GRECE). Pas de réflexes pavloviens ! Faisons flèche de tout bois, sans états d’âme nostalgiques, quitte à heurter certains amis patriotes et identitaires qui restent parfois figés dans des postures contre productives sur certains évènements historiques du siècle dernier (les jeunes n’en ont plus rien à cirer !!!).
La droite doit être révolutionnaire et conservatrice, patriote, identitaire, souverainiste, fidèle au double héritage « grec » ET chrétien, grand-européenne (c’est à dire anti UE), cultiver « le sens de la transcendance, de l’héritage, de l’honneur… », et surtout oser de dire de droite , sans guillemets.
Encore un tout petit effort cher Denis Tillinac.

Écrit par : dirk | 03/08/2017

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Il fait parti de ceux qui le nez pincé et la nuque raide à la Chirac diront au dernier moment: "il ne faut pas voter Front National". Quand aux plumes délicates dévoyées et serviles d'Aragon mort dans son lit je veux bien mais Brasillach, 12 balles dans la peau ou Drieu, arrêtant volontairement la comédie, qu'il nous l'explique depuis son bureau du Figaro.

Écrit par : Raymond | 03/08/2017

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Si j'ai bien compris il est de 'drauche' ;o)

Écrit par : téléphobe | 03/08/2017

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le sieur Tillinac se dit de droite , mais avec énormément de réserves , vu tous les" vilains et affreux" qui se disaient de cette chapelle .
salutations.

Écrit par : parvus | 03/08/2017

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