« Il m’a mis la main aux fesses !
– À moi aussi !
– Moi d’abord ! Et il m’a dit que j’aurais un rôle !
– Et tu l’as eu ?
– C’est pas la question… »

Le monde ne bruisse que des viols commis par un producteur de cinéma américain, et du mouvement international de dénonciation qui les a suivis – « MeToo » : « Balance ton porc » en France –, qui demande à chaque femme de mettre un terme au règne, pourtant agonisant, du mâle blanc hétérosexuel.  

J’ouvre la presse. « MeToo! MeToo! » On se bouscule, on veut son viol, dont le sens s’étend désormais à des régions très éloignées, où n’a jamais été frappée la même monnaie, où n’a jamais flotté le même drapeau, de sorte que le mot finit par désigner un geste grossier, une blague déplacée, un regard appuyé.

La chanteuse Björk a voulu en être : « Après chaque prise [Lars von Trier] courait vers moi pour me prendre dans ses bras durant un long moment devant toute l’équipe et parfois il me caressait pendant plusieurs minutes sans mon consentement. »

Après le nabab américain et le réalisateur danois, le producteur québécois, un certain Rozon. On annonce « neuf témoignages glaçants », qui deviennent « bouleversants » en sous-titre : « Je travaillais pour l’organisme Vélopousse en tant qu’animatrice-cycliste. Le hasard a voulu que Gilbert et deux autres personnes viennent dans mon Vélopousse. Gilbert Rozon, il était content du choix, parce qu’il avait une belle vue sur un “beau dos cambré”. […] À un moment, il a même détaché le foulard qu’il avait au cou et me fouettait comme pour me dire d’aller plus vite. J’ai tout de suite raconté à mes autres collègues ce qui était arrivé. »

 

Cette glaçante et bouleversante agression au foulard est suivie du témoignage d’une femme que l’on aurait poussée, au magazine Lui, à poser nue. « J’ai été harcelée », dit-elle, avant d’ajouter qu’elle se sent « violée, maltraitée et pas respectée ».

 

Je tourne la plage. « MeToo! MeToo! » La fille d’un ancien ministre témoigne des multiples agressions qu’elle a subies, notamment celles de Pierre Joxe qui, à l’opéra, lui a mis la main entre les jambes.

Le mouvement chercherait-il à s’étendre au mâle blanc homosexuel ? « Stéphane Plaza [qui sert d’agent immobilier à la télévision], agressé sexuellement : “On m’avait proposé de faire une petite gâterie” [pour obtenir un rôle quand il était jeune]. »

Quand on n’a rien, on peut toujours fouiller son inconscient : à la télévision, une jeune femme disait, il y a peu, avoir découvert grâce à l’hypnose qu’elle avait été violée à l’âge de cinq ans.

Dans un de ses raccourcis géniaux, Renaud Camus a écrit de ce martyrologe hystérique et mondial : « La petite bourgeoisie, c’est la classe violée par son père (l’héritage, le passé, le patriarcat, les hommes, l’Occident). » Oui, bien sûr ; et elle se consolera avec les « migrants », qu’elle a accueillis avec des « Refugees Welcome »plein les bras, et qui n’ont jamais violé personne.

BV