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29/03/2008

FITNA continue à inquièter les Pays-Bas...

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Geert Wilders, député néerlandais, 18 mars 2008
AFP. La prudence restait de mise samedi aux Pays-Bas, le royaume craignant que la diffusion du film anti-islam du député d'extrême-droite Geert Wilders ne l'entraîne dans une crise avec les pays musulmans.

Pourtant le gouvernement de La Haye restait vigilant, sachant que si à l'intérieur des frontières la paix règnait, il pouvait en être autrement au-delà, comme lors de la publication au Danemark de caricatures de Mahomet qui avaient provoqué des réactions tardives mais violentes.

Déjà vendredi soir, au Royaume-Uni, le site internet www.liveleak.com, par lequel M. Wilders avait diffusé "Fitna", a retiré le film de la diffusion, après avoir reçu des menaces contre son personnel. Mais le film restait visible sur de nombreux sites, dont le très fréquenté YouTube.

Le film mélange des images violentes de terrorisme ou d'exécutions dans des pays musulmans avec des sourates du Coran, justifiant notamment les châtiments exemplaires pour les non-musulmans.

"Il y a assez de raisons de rester attentifs. On n'y est pas encore. Parfois les conséquences réelles ne se voient que plusieurs mois après", a déclaré le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende vendredi.

M. Wilders a quant à lui rejeté toute responsabilité dans d'éventuelles représailles.

Samedi, l'attention de la presse néerlandaise était largement tournée vers l'étranger, où, malgré l'absence de manifestation de violence dirigée contre les Pays-Bas, de nombreuses critiques se sont fait entendre.

Les dernières en date venaient de Singapour et de l'ancien Premier ministre de la Malaisie, Mahathir Mohamad, qui ont condamné samedi la diffusion du film.

"Le film Fitna est une offense aux musulmans. Il est regrettable que Geert Wilders ait décidé de le diffuser", a estimé le vice-Premier ministre de Singapour Wong Kan Seng.

"Nous sommes très agacés de la diffusion de cette vidéo. C'est le résultat de l'incompréhension envers l'islam, et bien sûr il y a des motifs politiques sous-jacents", a déclaré pour sa part l'ancien chef de gouvernement de Malaisie, pays peuplé majoritairement de musulmans.

"Si les musulmans s'unissent, il sera aisé d'agir. Si nous boycottons les produits néerlandais, ils devront fermer leurs entreprises", a-t-il ajouté.

Cité samedi par le quotidien The Jakarta Post, le porte-parole de la diplomatie indonésienne a jugé "irresponsable" la diffusion de ce film selon lui "imprégné de racisme".

Ces reproches s'ajoutent à ceux, déjà nombreux, de pays comme le Bangladesh, le Pakistan et l'Iran. En Jordanie, des responsables de médias ont menacé vendredi de lancer une campagne de boycott de produits néerlandais.

Cette menace préoccupe visiblement le patronat néerlandais qui a fait savoir samedi au quotidien Het Fiancieel Dagblad qu'il envisageait de réclamer des dédommagements au député en cas de boycott des produits.

Une grande partie des critiques adressées au chef de l'extrême-droite néerlandaise vient de pays occidentaux, de nombreuses chancelleries, ainsi que la présidence slovène de l'Union européenne ou le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ayant regretté la sortie du film.

Geert Wilders est à la tête du Parti pour la liberté (9 sièges sur 150 au parlement), et a demandé l'interdiction du Coran, qu'il qualifie de "fasciste", aux Pays-Bas