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27/02/2008

Mise au point du "Parisien"

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"Je m'appelle Sarközy" !

L'entretien que le président de la République a accordé lundi matin à l'Elysée à huit de nos lecteurs a été vécu par tous comme un événement. C'est la première fois que Nicolas Sarkozy s'exprimait depuis la chute confirmée de sa cote de popularité. La première fois aussi qu'il évoquait son dérapage de samedi matin au Salon de l'agriculture (« Casse-toi, pauvre con ! »).

Une interview-événement mais aussi, dans l'incroyable climat électrique qui prévaut en France à dix jours du premier tour des municipales, une interview-polémique.

En cause, la « petite phrase » que l'Elysée, au moment de la relecture du texte, a rajoutée in extremis, tard lundi soir : « Au Salon, j'aurais mieux fait de ne pas lui répondre. » Or le matin même, questionné par l'une de nos lectrices, le chef de l'Etat, tout en s'expliquant longuement, n'avait pas paru adopter ce registre du regret. Fiévreux (à cause d'une mauvaise grippe, qui avait poussé ses proches à lui conseiller de reporter son rendez-vous avec « le Parisien » et « Aujourd'hui en France »), visiblement embarrassé par l'épisode, Sarkozy suggère ce matin-là que, quand on le cherche, on le trouve et que si on ne veut vraiment pas lui serrer la main, le mieux est de ne pas se trouver sur son chemin.

Cartes sur table

« Ce n'est pas parce qu'on est président qu'on devient, d'un coup, de la guimauve, quelqu'un sur qui on peut s'essuyer les pieds », confie-t-il à cet instant à nos lecteurs. Et d'ajouter : « Je m'appelle Sarkozy. Même dans la cour de l'école, il n'y en a pas beaucoup qui peuvent dire que j'ai baissé les yeux quand j'étais dans mon bon droit... » En même temps, on sent, au détour d'une autre phrase, qu'existe chez lui un vague désir d'admettre qu'il est allé trop loin : « Je n'aurais pas dû lui dire Casse-toi si tu veux. J'aurais dû faire, comme je le fais toujours, Pfffff... » Et d'accompagner le tout d'un geste de la main.

Conformément à ce que nous faisons chaque fois avec les invités du « Face aux lecteurs », Nicolas Sarkozy a eu droit à une relecture du texte avant sa parution compte tenu de l'ampleur des coupes après deux heures d'entretien et de la nécessité de remettre en forme a minima le langage parlé. Mais surprise, lundi soir : lorsque le texte relu et amendé nous parvient, une phrase inattendue y figure. Une phrase qui n'a pas été prononcée le matin : « J'aurais mieux fait de ne pas lui répondre. » Problème : nos lecteurs vont être surpris de retrouver une formule qu'ils n'ont pas entendue telle quelle dans la bouche du chef de l'Etat. Mais récuser cette phrase, qui témoigne d'une évolution en quelques heures de la posture présidentielle, aurait été priver tout le monde d'un éclairage tardif, mais capital. Bref, nous avons, comme d'habitude, privilégié l'info, mais en jouant cartes sur table.

(Le Parisien 27.02.08)