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11/03/2008

Gaza: la catastrophe humanitaire

La situation humanitaire à Gaza, où l'armée israélienne a tué 130 personnes en fin de semaine dernière en représailles aux tirs de roquettes, n'a jamais été aussi catastrophique depuis 1967. Abdel Karim Hothote est désespéré, humilié. « Je veux partir et aller creuser ma tombe en Jordanie, là où j'ai vécu 20 ans ». Rentré à Gaza en 1995, ce chef de famille de 56 ans peine à trouver du travail et à nourrir sa femme et ses cinq enfants. « Chaque mois, je reçois un colis de farine, sucre, riz, huile. Mais la quantité diminue. Mon fils de 25 ans a même dû s'engager dans la police du Hamas pour gagner 200 $ (120 €) ! ».

« 1 100 000 habitants sur 1 500 000 dépendent de l'aide alimentaire, constate Adnane Abou Hasna, le porte-parole de l'UNWRA, l'agence onusienne chargée de l'aide humanitaire d'urgence. L'UNWRA doit nourrir 860 000 personnes mais nous ne disposons que de deux semaines de stocks. Alors on réduit les distributions... La faute au blocus israélien ! » Seul le passage de Sousa (Sud) est ouvert mais il n'y transite que 10 % des besoins de Gaza en nourriture, carburant, médicaments... « Il faut donc rouvrir le plus vite possible les passages de Karni (Est) et de Rafah (Sud) ».

« Tous nos efforts sont, en fait, réduits à néant », se lamente Abou Hasna. Effectivement, une centaine de programmes de construction de dispensaires, écoles et cliniques sont au point mort, faute de matériaux de construction et « 120 000 personnes sont affectées par l'arrêt de ces chantiers qui privent de travail des milliers d'adultes ». En outre, quelque 3 800 petites entreprises financées par l'Onu ont mis la clé sous la porte.

La précarité alimentaire ne constitue qu'un des maux qui frappent Gaza. L'environnement aussi se dégrade : l'assainissement est déficient, le traitement des eaux usées limité, si bien que les rejets se font désormais directement dans la mer. L'éducation constitue un autre secteur en péril. « Les raids israéliens et les combats interpalestiniens privent aussi plus de 220 000 enfants d'une scolarité normale. On assiste à une véritable catastrophe éducative ».

(Source OUEST-FRANCE)