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04/08/2008

Erreur judiciaire: 7 ans de prison pour un autre

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Marc Machin et David Sagno

Le parquet général s'est dit favorable à la remise en liberté de Marc Machin, dont la culpabilité dans le meurtre d'une femme au pont de Neuilly en 2001 a été mise en doute par l'apparition d'un autre suspect.

Réunie à huis clos, la commission de révision des condamnations pénales, composée de cinq magistrats de la Cour de cassation, doit rendre sa décision sur cette demande de suspension de peine, a-t-on appris auprès de l'avocat de M. Machin, Me Louis Balling.



M. Machin, 26 ans, a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Hauts-de-Seine en septembre 2004, puis à la même peine assortie de douze ans de sûreté en novembre 2005 par la cour d'assises d'appel des Yvelines, pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot, le 1er décembre 2001 au pont de Neuilly.

Après avoir avoué dans un premier temps le crime en garde à vue, Marc Machin a toujours nié les faits. Début mars 2008, un autre homme, David Sagno, s'est rendu au commissariat de La Défense pour s'accuser de ce meurtre, ainsi que de celui de Maria-Judith Araujo, toujours au pont de Neuilly, le 22 mai 2002. A cette date, Marc Machin était déjà incarcéré.

Retour en arrière

Le procureur de Nanterre, Philippe Courroye demande la révision d'un procès. Une décision rare. Marc Machin, condamné à 18 ans de réclusion criminelle et incarcéré depuis 2001 pour le meurtre d'une jeune femme à Neuilly, pourrait être innocenté. Les traces ADN d'un sans domicile fixe, qui s'était récemment rendu à la police, ont été retrouvées sur le cadavre de la victime.

Une expertise génétique pourrait innocenter Marc Machin, ce jeune homme emprisonné depuis plus de six ans pour l'assassinat de Marie-Agnès Bedot, tuée à coups de couteau le 1er décembre 2001, à Neuilly. Les aveux d'un SDF, qui s'est rendu au commissariat de la Défense, le 4 mars dernier, en se déclarant coupable de meurtre de la jeune femme, ont poussé le procureur à demander de nouveaux tests ADN sur les vêtements de la victime.

En plus du meurtre de Marie-Agnès Bedot en 2001, le SDF s'accuse d'être l'auteur du crime de Maria-Judite Araujo en mai 2002, sur l'île de Puteaux. Son identité n'a pas été révélée (David Sagno), mais il semblerait que l'individu ait déjà été condamné à sept reprises pour agression sexuelle et qu'il soit sorti de prison le 25 février 2008.

Selon le procureur de Nanterre, Philippe Courroye, qui a demandé ces tests ADN, "l'empreinte génétique est identique à celle de l'homme qui s'est livré". Ce dernier a également déclaré qu'une information judiciaire était ouverte pour assassinat, viol et vol contre cet homme.


Une autre recherche permettrait d'affirmer que les empreintes de Marc Machin ne sont pas présentes sur les vêtements de la victime. On peut dès lors s'interroger sur les éléments de preuve ayant conduits à l'incarcération de ce dernier en 2001.

Pas d'empreintes mais condamné à 18 ans de prison? La justice avait alors constitué son dossier à partir de témoignages attestant de la présence de Marc Machin sur les lieux du crime, le jour même, et de dépositions montrant les similitudes entre son blouson et celui du meurtrier
. Le coupable présumé était également passé aux aveux, lors de sa garde à vue, pour ensuite se rétracter.

Philippe Courroye précise cependant que l'expertise réalisée à l'époque dépendait de procédés différents de ceux utilisés aujourd'hui, qui ont permis de déceler l'ADN de l'homme qui s'accuse.

Le procureur se défend de parler formellement d'erreur judiciaire, même s'il a déclaré avoir transmis le dossier au parquet général de Versailles, qui pourrait décider de la révision de la condamnation de Machin.

(Source: JDD - 26 mars 2008)