Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/03/2008

RELIGION: Mère Térésa avait perdu la foi

839761837.jpg

"J'appelle, je m'accroche, je veux et il n'y a personne pour me répondre, personne à qui me raccrocher, non, personne. Où est ma foi ? Même au plus profond, tout au fond, il n'y a rien d'autre que le vide et l'obscurité. Mon Dieu, qu'elle est douloureuse, cette souffrance inconnue."

"Je n'ai pas la foi."Empreintes d'un doute abyssal, ces phrases n'ont pas été écrites par un mécréant mais par mère Teresa en juillet 1959. Béatifiée par Jean-Paul II en 2003, la fondatrice des missionnaires de la Charité qui a donné sa vie pour aider les pauvres de Calcutta, a connu pendant une cinquantaine d'années « la torture du doute », comme elle l'avoue elle-même au fil de la quarantaine de lettres et de notes personnelles, publiées aujourd'hui pour la première fois en français sous le titre « Viens, sois ma lumière »*.

« Si jamais je deviens sainte, je serai certainement une sainte des ténèbres »

Prix Nobel de la paix en 1979, cette petite femme qui avait fini par incarner aux yeux du monde entier la charité chrétienne était, au plus profond d'elle-même et dans le secret de son âme, tenaillée par le doute. Tel est l'enseignement le plus surprenant de cette correspondance dont la religieuse au célèbre sari blanc bordé de bleu, ne souhaitait pas la publication : elle en avait même demandé la destruction.

Plus de dix ans après sa mort le 5 septembre 1997, ces textes courts résonnent étrangement : « Si jamais je deviens sainte, écrit-elle en 1962, je serai certainement une sainte des ténèbres. Je serai continuellement absente du paradis - pour allumer la lumière de ceux qui sont dans les ténèbres sur terre. »

Auteur de la préface, Mgr Jean-Michel di Falco, évêque de Gap, se souvient d'« une femme aussi petite physiquement que son oeuvre était grande ». A la lecture de ces lettres, l'évêque qui a pourtant écrit un livre sur elle il y a dix ans (« Mère Teresa, les miracles de la foi »), ne cache pas son étonnement : « Je n'aurais pas été surpris qu'elle dise que le doute ait traversé son existence à plusieurs reprises. La surprise, c'est que le doute l'ait habitée toute sa vie. » La révélation de ces tourments risque-t-elle de nuire à la cause de la canonisation de la religieuse albanaise, déjà béatifiée en un temps record (six ans après sa mort) ? Point du tout, répond Mgr di Falco : « Passionnée de Dieu et de tous les hommes, mère Teresa a porté en elle toutes les objections de notre siècle à l'existence de Dieu. Sa vie exemplaire reste un modèle. Par son témoignage, elle déculpabilise le doute. »
* Lethielleux, 22,50 .

Si mèreTérésa voulait la destruction de cette correspondance, pourquoi n'a-t-on pas respecté sa volonté?