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19/11/2006

MANCIE

Jusqu'à une heure avancée de la nuit

dans une fatigue extrême

précisément

j'ai laissé mes mains courir sur les cartes

et les cartes me disaient tout ce que je voulais savoir

tout ce que je savais déjà

les cartes aimaient la paume de mes mains

les phalanges énervées de mes doigts

- tout ce battement comme des ailes lasses...

elles devenaient fagots de carton

couleurs du couchant dans les arbres d'hiver

yeux fardés me fixant pareils à ceux des nocturnes aux aguets

de l'horreur tapie dans l'ombre...

les nombres, les symboles allaient plus vite

encore que cette nuit inquiète et douce

où les cartes à mes doigts s'enflammaient

et retombaient en étincelles.

Il fallait aller vite pour ne saisir rien

que la cendre écarlate des anciens magiciens

que les larmes de miel des sorcières et des fées

de ces vieilles tout égarées dans le grand chagrin

de ces folles qui sont mes soeurs

jusqu'à la vanité du vent

jusqu'au matin de sommeil.

 

 Gaëlle Mann  (La nuit fuyait comme une amante... LA BARTAVELLE)                                                                   

15:55 Publié dans Poésie | Tags : Magie | Lien permanent | Commentaires (0)

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