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  • Chirac, rattrapé par son passé, le prend de haut !

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    Toutes ces affaires «abradacabrantesques» devaient faire «pschittt…». Mais elles ont fini par rattraper Jacques Chirac. L’ancien président de la République usait de ces formules pour faire diversion et se soustraire à la justice du temps où il bénéficiait d’une immunité liée à sa fonction. Il a été mis en examen hier pour «détournements de fonds publics» dans le dossier des chargés de mission de la mairie de Paris. La juge Xavière Simeoni le lui a signifié au terme de trois heures d’audition au pôle financier du palais de justice de Paris, où il avait été convoqué comme n’importe quel citoyen ordinaire. Le juge Philibeaux de Nanterre, en charge des emplois fictifs du RPR, s’était, lui, personnellement déplacé en juin dans le bureau de Chirac pour l’entendre comme simple témoin assisté. L’ex-chef de l’Etat n’a hier en revanche été soumis à aucun contrôle judiciaire.

    Jacques Chirac, qui attend l’avis du Conseil d’Etat pour bénéficier d’une déclaration d’utilité publique pour le financement de sa fondation, a accusé le coup. Son avocat, Me Veil, a eu beau tenter de minimiser la portée de cette première inculpation pour un ancien président de la République, elle a fait l’effet d’une bombe suscitant des tombereaux de réactions. Choqué d’être ainsi convoqué, l’ex-chef de l’Etat s’est attaché, dans le bureau de la juge, à démontrer sa bonne foi. «Il estime très naturel de s’exprimer pour rétablir la vérité et son honneur», indiquait son entourage. «Jamais les moyens de la ville de Paris n’ont été mis au service d’autre ambition que de servir les Parisiennes et les Parisiens. Jamais il n’y a eu d’enrichissement personnel. Jamais il n’y a eu de système», a indiqué Jacques Chirac dans une tribune au Monde destinée à prendre les devants. Bref, l’ancien maire de la capitale et président du RPR se défend.

    Sous son règne municipal (1977 à 1995), 460 personnes ont pourtant bénéficié d’un contrat de travail de complaisance. Tous ne relèvent pas d’un emploi fictif, la plupart ayant seulement été recrutés par copinage. L’enquête pénale ne pointe d’ailleurs que 26 cas litigieux, «rattachés au cabinet du maire, n’ayant fourni aucune prestation pour la commune ou sans rapport avec leur rémunération, ayant travaillé exclusivement pour d’autres employeurs que la ville de Paris : associations, élus, partis ou organismes privés ayant les mêmes visées politiques». Suffisant pour que Chirac se retrouve comme ses anciens directeurs de cabinet (Robert Pandraud, Daniel Naftalski, Michel Roussin et Bernard Bled), mis en examen. Eux l’étaient depuis cinq ans, faute de bénéficier d’une immunité présidentielle.

    Croyant prévenir le prévisible emballement juridico-médiatique, l’ex-président a confirmé hier sa vocation à prendre ouvertement ses concitoyens pour des cons. «Je me suis entouré d’équipes compétentes et animées d’un exemplaire esprit républicain», écrit-il dans le Monde. Il veut sûrement parler des femmes, filles ou nièces de ténors politiques (Balladur, Pasqua, Perben, de Charette…), bénéficiaires d’un salaire confortable. L’une d’elles a dit aux enquêteurs : «Je n’ai jamais occupé de bureau à la mairie de Paris, je relevais uniquement de l’autorité de Jacques Chirac. Je lui faisais parvenir des notes manuscrites ou sommairement tapées avec une petite machine ; il téléphonait s’il avait quelque chose à me demander.»

    Chirac dit aussi s’être entouré «d’hommes de qualité traversant une période professionnelle difficile et à qui il a voulu redonner une chance» : peut-être est-il ici question de ces naufragés du suffrage universel (Laurent Dominati, Jean de Gaulle, François Baroin…) qui, en panne ponctuelle de mandat électif, pouvaient se ressourcer à l’Hôtel de Ville. L’un d’eux, maire et sénateur du Nord, a expliqué aux enquêteurs : «J’ai postulé pour l’un de ces postes de manière à obtenir une fonction plus souple quant à l’emploi du temps. Je n’avais pas de bureau à la mairie de Paris mais je venais chaque semaine dans la capitale.»

    L’ex-président en vient quand même à l’essentiel, le mélange de ses différentes casquettes de maire de Paris, député de Corrèze et de président du RPR, affirmant le plus sérieusement du monde : «L’exercice conjoint de ces responsabilités, tout à la fois locales et nationales, m’a permis d’agir plus efficacement encore au service des Parisiennes et des Parisiens.» On songe immanquablement à ce militant corrézien, qui a expliqué aux enquêteurs : «Je travaille depuis cinq ans à la fédération départementale du RPR en Corrèze, sous couvert d’un contrat de chargé de mission auprès du maire de Paris. Je m’y rends trois ou quatre fois par an.»

     En attendant, Jacques Chirac n’entend pas se mettre en congé du Conseil constitutionnel, où il a siégé pour la première fois la semaine dernière. Aucune disposition légale ne l’empêche d’assumer ses fonctions au sein de la plus haute juridiction française, dont il est membre de droit en tant qu’ancien président.

    D'autres "affaires" attendent Jacques Chirac. Celle des "chargés de mission de la Ville de Paris" n'en est qu'une parmi d'autres...

    Seule l'ambition forcenée du pouvoir comptait pour lui. Chirac est un homme dur qui n'a jamais eu dans le passé d'indulgence ni de fair-play pour ses adversaires politiques. Pourquoi en aurait-on pour lui? Parce qu'il a aujourd'hui 75 ans?

  • LE GENERAL BONAPARTE

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    Le Général Bonaparte au Pont d'Arcole le 17 novembre 1796  -Tableau du Baron Gros 
    "Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle."
     Bonaparte - Discours de Lyon 1791

  • Mise en examen de l'ex-président: la colère des chiraquiens

    Les chiraquiens du premier cercle n'ont pas de mots assez durs pour dénoncer l'effarante injustice que constitue à leurs yeux la mise en examen de l'ex-Président. Alors que les dirigeants sarközystes de l'UMP se contentent, au mieux, de saluer la « dignité » de Jacques Chirac dans une épreuve qu'ils ne sont pas loin de juger nécessaire, une poignée de députés donne de la voix dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

     

    Jean-Pierre Grand parle « d'inquisition politique »: Jacques Chirac n'a fait que du bien à la France, à l'Europe et au monde. C'est un humaniste et aujourd'hui ses amis sont très mécontents. "Reprocher à Jacques Chirac des embauches dont certaines remontent à trente ans. Je pense que c'est quand même oublier que cet homme-là a fait qu'aujourd'hui la France n'est pas en guerre en Irak ».
    Jacques Le Guen est sur la même ligne, il trouve « absurde qu'on aille lui chercher des poux cette histoire qui date de Mathusalem .


    Sur le fond, Patrick Ollier juge « un peu fort » qu'on poursuive Chirac pour avoir eu recours aux emplois ficitifs « pratique courante dans les partis politiques ». Un ancien cadre du RPR rappelle la banalité de ces pratiques: « j’étais persuadé que ma secrétaire était payée par la mairie de Paris. Sans y voir malice. Quand les mises en examen ont commencé à tomber, je me suis dit que j’étais bon pour être convoquer par les juges. Finalement:, il s’est avéré que c’était celle de mon voisin de bureau ! »

    Yves Censi, député de l'Aveyron et ancien collaborateur de Chirac à l'Elysée, juge la qualification de « détournement de fond » inacceptable. Elle témoigne selon lui d'une méconnaissance des juges. Selon lui le recrutement de collaborateurs par le maire de Paris restait « dans le cadre de la loi ». Pour Censi, ces recrutements ne sont pas plus répréhensibles que « l'utilisation par un député-maire du chauffeur de l'assemblée pour se rendre à la mairi » ou que les « missions politiques » confiés par des présidents de région ou de département à certains collaborateurs. « Jacques Chirac fait aujourd'hui ce qu'il a toujours dit : c'est-à-dire qu'il allait s'expliquer et ce dans un souci d'honneur et de responsabilité » ajoute Censi, soulignant qu'il n'est pas question «d'enrichissement personnel ». Le député chiraquien promet de se faire entendre pour démontrer que ces «accusations mensongères ne relèvent que d'un acharnement politicien ».
  • Laurence Parisot: le pouvoir d'achat est lié à la croissance

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    Pour la présidente du Medef, Laurence Parisot, le problème du pouvoir d'achat est "totalement objectif". Elle a alors suggéré comme réponse de supprimer la durée légale du travail, fixée à 35 heures par semaine. "Le pouvoir d'achat est une résultante d'une croissance au niveau minimum. Donc, la vraie question n'est pas "comment je contribue à ce qu'il y ait plus de pouvoir d'achat", mais "comment je contribue à ce qu'il y ait plus de croissance", a-t-elle affirmé, mercredi 21 novembre, devant l'Association des journalistes économiques et financiers (AJEF).

     


    "Pour moi, il y a deux axes principaux à travailler : comment on fait pour baisser les prélèvements obligatoires sur les entreprises, c'est prioritaire, et deuxième chose, n'est-il pas temps d'aller plus loin sur la question de la durée du travail", a-t-elle ajouté. "Je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail", a-t-elle déclaré avant d'ajouter : "Tout le monde voit bien que le mécanisme des heures supplémentaires n'est pas suffisant."

    "BALAYER TOUS CES MÉCANISMES TRÈS COMPLEXES"

    Les dispositifs permettant déjà aux entreprises de travailler au-delà de 35 heures par semaine sont "rébarbatifs" et l'utilisation du contingent d'heures supplémentaires autorisé (220 heures/an) est "très lourd, car il supposait des négociations de branche", a-t-elle ajouté. "Ma préconisation, c'est de rendre les choses beaucoup plus simples en balayant tous ces mécanismes très complexes, et en revenant à la détermination du seuil de déclenchement des heures supplémentaires, branche par branche, ou entreprise par entreprise", a-t-elle dit.

    Mme Parisot a par ailleurs indiqué ne pas savoir ce que le président Nicolas Sarközy pourrait annoncer de manière imminente pour le pouvoir d'achat."Je sais autour de quoi certains ministres réfléchissent depuis quelque temps et la question de la durée du travail est un axe de réflexion", a-t-elle dit.

    (LE MONDE)