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Bus attaqués, conducteurs sanctionnés!

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 Bagnolet (Seine-Saint-Denis)
Christian Pruchon est conducteur sur la ligne de bus 115 qui relie château de Vincennes à la porte des Lilas. Mercredi soir, quatre de ses collègues ont été la cible de projectiles à Bagnolet. Les vitres des bus ont été brisées, un conducteur a été légèrement blessé. «On a l'habitude de ce genre d'incidents. Mais quatre d'un coup, c'est incroyable Il ne s'estime pas en danger pour autant. «Ce qui m'a le plus surpris, c'est l'attitude du chef de dépôt vis-à-vis des conducteurs des bus attaqués.» Eux ont eu peur et sont rentrés. «On les a sanctionnés pour absence illégale, raconte-t-il. leur journée ne sera pas payée. C'est pour ça que j'ai fait grève jeudi».
Mercredi soir vers 19 heures, trois bus (des lignes 318 et 102) sont la cible de projectiles de provenance et de nature indéterminées - probablement d'armes à feu, selon les premières constatations de la police - à l'arrêt «Gallieni» à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). Des vitres sont brisées sur les trois véhicules et un conducteur légèrement blessé à l'œil. Un dispositif de sécurité est mis en place en partenariat avec la police. Cinq heures plus tard, un bus de la ligne 115 est attaqué à son tour, à l'arrêt «Stalingrad», toujours à Bagnolet. Là encore, une vitre est cassée. Suite à quoi une dizaine de conducteurs, inquiets et choqués, arrêtent leur service.

Mais la direction locale considère cet arrêt de service comme une cessation de travail non autorisée. «Ils (les conducteurs victimes des incidents de mercredi, ndlr) ont fait valoir leur droit de retrait car ils ont considéré la situation comme dangereuse. D'ailleurs, le dispositif de sécurité mis en place n'a pas empêché que le 115 soit attaqué plus tard dans la soirée», explique Alain Soula, responsable CGT au dépôt des Lilas. «Ils ont été sanctionnés par le code 800, c'est-à-dire que leur journée ne sera pas payée et qu'il y aura peut-être des répercussions dans leurs carrière au sein de l'entreprise

Martine prend le bus 115 matin et soir pour se rendre à son travail. Hier, les perturbations l'ont mises «très en retard». Pourtant cette fois elle n'est pas en colère: «Je comprends très bien leur point de vue. Ils m'ont expliqué le problème hier matin. C'est scandaleux qu'ils soient sanctionnés après ce qui s'est passé mercredi. D'autant qu'ils ont du courage de passer dans certains endroits, la nuit. Je peux vous dire que je n'aimerais pas du tout être à leur place dans ces cas là

A entendre les récits des conducteurs de bus du terminus de la Porte des Lilas, on se demande si leur métier n'est pas dangereux. Agressions, insultes, menaces en tous genres, chacun y va de son anecdote. «Après une attaque au gaz lacrymogène, des menaces de morts et une agression avec un chien, j'ai demandé à changer de ligne. Je suis sur la 96 maintenant. A Paris c'est moins difficile», témoigne Eric Bosseray.

En cas de problème, les conducteurs ont la possibilité d'activer une alarme silencieuse qui averti la police. Ils ne demandent pas pour autant plus de moyens pour se défendre. «On peut monter la vitre de la cabine, on se protège comme ça. Si on nous donne des bombes lacrymogènes, ils monteront dans les bus avec des armes, ça pourrait dégénérer très vite», continue Eric Bosseray. Quant à la police, elle ne se déplace que lorsqu'il y a eu un "incident" (très grave?) : «Ils sont comme nous, ils manquent d'effectifs
Libération - 30 mai 2008

Commentaires

  • Les victimes sont punies pour s’être faits agressés et les agresseurs sont félicités pour leur dynamisme. C’est ça la nouvelle justice ! C’est semble-t-il ce que veulent les Français !

  • Eh,oui abad,on marche sur la tete,l'honnete citoyen se fait astiquer les oreilles à la plus bénigne incartade,l'agresseur congénital lui sortira avec les honneurs dans le quartier et pourra espérer des vacances éducatrices.
    Il y a une volonté de laisser certains semer le désordre,l'inquiétude,faire que ceux qui sont mécontents baissent les yeux et évitent de raler,et une absence de volonté d'aller à la racine des problèmes,il faut tenir jusqu'à la prochaine élection,meme si le pays doit en crever.

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