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Drame d'Allinges: le prof des enfants tués s'est pendu

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Il avait tout organisé pour l'excursion de ses élèves. Tout prévu. Sauf l'impensable, cette dramatique collision survenue le 2 juin à un passage à niveau à Allinges entre le car qui transportait ses élèves et un TER, faisant 7 morts et 25 blessés parmi les adolescents. Eric, 45 ans, professeur d'Histoire au collège de Margencel, en Haute-Savoie, n'a pas réussi à encaisser le choc. Il s'est donné la mort mercredi. "Son corps a été retrouvé pendu dans une forêt située sur la commune voisine de Fessy", explique une source proche de l'enquête. "Depuis le drame, il était très mal. Il ne prenait pas d'antidépresseurs mais était suivi par un médecin", poursuit cette source. Sa disparition avait été signalée mercredi. Aussitôt des pompiers, des gendarmes et des secouristes de montagne avaient entamé une battue pour le retrouver, mais ils avaient du stopper leurs recherches avec la tombée de la nuit. Le corps a été retrouvé ce matin.
 
Le 2 juin, un TER assurant la liaison Evian-les-Bains/Genève a percuté le car scolaire au passage à niveau à Allinges, causant la mort des sept collégiens et faisant 25 blessés. Le chauffeur du car scolaire a depuis été mis en examen pour "homicides et blessures involontaires" et placé sous contrôle judiciaire. Cet homme de 49 ans est soupçonné d'avoir franchi le passage à niveau où s'est produit l'accident, alors que le feu était rouge, ce qu'il dément. Les analyses toxicologiques, visant à déceler la présence d'alcool ou de  stupéfiants, se sont révélées négatives. Quatre des sept familles des victimes se sont déjà constituées parties civiles, ce qui leur permet d'avoir accès au dossier et de demander des actes éventuels au juge d'instruction. Le 5 juin, trois jours après le drame, un vibrant hommage avait été rendu aux jeunes victimes, en présence du Premier ministre François Fillon.

LCI.fr 17 juillet 2008

Commentaires

  • Voilà où mène l’inconscience de nombre d’enseignants. On comprend que ce malheureux professeur n’ait pas pu supporter les conséquences de l’excursion qu’il avait organisée. On sait que les professeurs ne sont pas seuls responsables de ces sorties : on fait pression sur eux pour qu’ils en organisent et cela joue pour leur carrière. Qui osera affirmer haut et fort que ce n’est pas ce qu’on attend des enseignants ? Qui osera dire que ces sorties sont inutiles et nuisibles à un bon enseignement ?

  • j'ai quand même du mal à voir le lien entre organiser une sortie et se sentir responsable de l'accident quand on n'est pas au volant.

  • A Paul-Emic :les organisateurs de ces activités peri ou extra scolaires portent au moins une part de responsabilité dans leurs bons déroulements. Et quand des parents ne souhaitent pas que leurs enfants y participent, ils exercent sur eux des pressions, souvent avec l’aide des associations de parents d’élèves, pour qu’ils envoient leurs enfants. Une telle sortie induit des risques : il y a réellement mise en danger des enfants ; l’insécurité des écoles suffit, inutile d’en rajouter. D’ailleurs ces activités se terminent quelquefois par un drame (rappelons-nous les enfants noyés par un lâcher d’eau d’EDF). En outre, leur intérêt pédagogique est des plus discutable et camoufle souvent une opération de bourrage de crâne. Je sais que la hiérarchie pèse aussi sur les enseignants pour les inciter à les organiser (promotion, etc.).
    Pour en revenir au cas d’Allinges, je voudrais savoir si l’enquête porte aussi sur la responsabilité du corps enseignant et de sa hiérarchie. N’oublions pas qu’on a voté il y a quelques années une loi sur la « mise en danger d’autrui » qui, même en l’absence de mort et de blessé, peut aller (je crois, il faudrait le vérifier) jusqu’à 5 ans de prison et 50000 euros d’amende.

  • Cher abad, vous avez entièrement raison. les enseignants font aussi pression sur les élèves, "les craintes stupides de leurs parents" (on vous garde dans du coton!) - puis il y a généralement un exposé collectrif qui suit ces sorties: si on n'y a pas participé, on est écarté, etc...
    Ces sorties pédagogiques sont à bannir, à mon sens: on apprend aussi bien et mieux en classe.

  • @Paul-Emic: le lien n'est pas évident, en effet... Mais ce professeur avait peut-être un certain sens de l'honneur? Sept élèves étaient morts non par sa faute directe, certes, mais indirecte. Sait-on ce qu'il se passe dans l'esprit d'un homme qui se suicide?

  • Gaelle a raison ces sorties sont obligatoires pour le professeur et pour les éléves.
    le professeur qui n'organise pas de voyage, pas de sorties, est mal noté.
    Ce professeur se faisait peut être les repproches d'avoir cédé à la pression et d'avoir tué indirectement les éléves.
    Nous ne saurons jamais quelle est la part de responsabilité de la SNCF.

  • A Mélanie : j’espère bien que les enquêteurs analyseront aussi la part de responsabilité de la SNCF. S’ils ne le faisaient pas ce serait encore un déni de justice incroyable !

  • lu sur novopress qu'une étude avait été discretement demandée pour supprimer ce passage à niveau.
    Selon un audit de 2004 notre réseau ferroviaire serait lui aussi à l'image de la France.

  • @abad
    je comprends bien vos "récriminations" à l'égard du corps enseignant et de ses pratiques, récriminations que je partage, mais de là à se suicider quand on a organisé, sous la contrainte de sa hiérarchie, une sortie qui a mal tourné, par la faute d'un tiers, j'avoue ne pas bien comprendre.
    Rien à voir avec les enfants noyés dans le lit d'un torrent où le professeur les avait entraînés. Là il y avait sinon faute directe du moins incompétence avérée.

    @ Gaëlle sens de l'honneur, je n'y crois guère puisque je ne vois pas en quoi son honneur était en jeu sauf s'il avait lui-même poussé le chauffeur à forcer le passage à niveau.
    Plutôt comme tu le relèves indirectement, cet homme était en état de choc profond et les fameux psychologues dont on nous rebat les oreilles à chaque évènement dramatique ne restent que le temps de la présence de la caméra du JT.
    Après c'est chacun pour soi.

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