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  • Poutine et Fillon veulent des "liens étroits" entre la Russie et l'Europe

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    Vladimir Poutine et François Fillon, les Premiers ministres russe et français, ont insisté ensemble vendredi sur la nécessité de "liens étroits" entre la Russie et l'Europe pour garantir "la stabilité et la paix".

    "Plus l'Europe et la Russie se parleront, entretiendront des relations confiantes, auront des liens économiques étroits, plus la stabilité et la paix seront faciles à construire", a affirmé M. Fillon à son arrivée à la résidence officielle de son homologue russe à Sotchi.

    "Je suis absolument d'accord avec vous", a aussitôt répondu M. Poutine, lors d'un bref entretien devant la presse, en préambule à un dîner des deux dirigeants.

    Ces propos interviennent au lendemain de vives critiques exprimées contre la Russie par la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice.

    La rencontre Poutine - Fillon a lieu dans le cadre d'un séminaire gouvernemental franco-russe prévu de longue date, mais qui était resté en suspens ces dernières semaines en raison de la crise géorgienne.

    "Nous avons tenu à ce que cette rencontre puisse avoir lieu à la date qui avait été fixée", a souligné vendredi M. Fillon, "car nous attachons une grande importance au renforcement du partenariat entre l'Union européenne et la Russie".

    M. Poutine a loué en retour "la ténacité, le talent diplomatique, la patience" de Nicolas Sarkozy dans la crise, et reconnu que la France avait "une grande responsabilité" en conduisant actuellement la diplomatie de l'UE.

    Il a également réaffirmé que "tous les accords obtenus grâce aux efforts du président français vont être réalisés".

    Lors d'un sommet extraordinaire tenu le 1er septembre, les pays de l'UE avaient décidé de geler les négociations pour un nouveau partenariat stratégique UE-Russie, destiné à resserrer les liens politiques, économiques et énergétiques. II s'agit de la seule mesure prise par les Européens à l'encontre de la Russie, depuis le début du conflit avec la Géorgie.

    La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait appelé jeudi les Européens à l'unité face à une Russie qu'elle jugeait de plus en plus "autoritaire" et "agressive". AFP. 19.09.08

     

  • MAM se ridiculise avec Edvige

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    Sévèrement recadrée par Fillon, MAM refera sa copie autant de fois qu'il le faudra pour satisfaire la gauche et le lobby homosexuel

    Après l'annonce de la refonte d'Edvige, les opposants à la création de ce fichier de police ont crié victoire, mais ils restent vigilants, évoquant notamment le maintien du fichage des mineurs. Le principal syndicat du monde enseignant, la FSU, a ainsi salué un "indéniable premier succès pour tous ceux qui se sont mobilisés". "Nous, nous attendons de voir pour y croire", a pour sa part indiqué Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature. "Mais ce qui nous inquiète énormément, c'est le fichage des mineurs. Avec un droit à l'oubli à leur majorité certes, mais l'oubli de quoi lorsque l'on n'a rien fait ?", ajoute-t-elle.

    Pour Aides, membre du collectif d'associations qui avait déposé un recours auprès du Conseil d'Etat contre le fichier, "il semble y avoir des avancées", principalement sur la question de l'inscription de l'orientation sexuelle et de l'état de santé, mais "ce n'est pas encore limpide et on a besoin de garanties". "Nous maintenons notre volonté d'abrogation du décret", explique Olivier Dénoue, directeur délégué de Aides.

    Même son de cloche chez Act UP, où Emmanuel Chateau, chargé de la prévention, regrette l'absence de concertation "contrairement à ce que nous avait promis Nicolas Sarkozy".

    Plusieurs formations politiques ont également manifesté leur mécontentement, face à cette nouvelle mouture du fichier. Les sénateurs communistes, jugeant "inadmissible" la présentation d'un nouveau décret sur le ficher de renseignement Edvige, demandent "instamment que toute question qui relève des libertés publiques fasse l'objet d'un débat et d'un vote au Parlement". La Ligue communiste révolutionnaire d'Olivier Besancenot a aussi réclamé "le retrait et le non-remplacement" du fichier de renseignement, estimant que dans les projets du gouvernement "le fichage des mineurs à partir de 13 ans, simplement suspectés de pouvoir troubler l'ordre public, va rester".

    AMERTUME DE LA POLICE

    Le député Nouveau Centre Jean-Christophe Lagarde s'est quant à lui félicité de la présentation d'un nouveau décret sur le fichier Edvige, mettant en avant "l'intervention décisive" du ministre de la défense et président du NC, Hervé Morin. "Face à la mobilisation des associations et suite à l'intervention décisive d'Hervé Morin et des parlementaires du Nouveau Centre, le gouvernement a pris conscience que le contenu du fichier Edvige n'était pas acceptable", déclare-t-il dans un communiqué.

    Cette version édulcorée du fichier de police a été accueillie avec amertume par les syndicats de policiers. David Barras secrétaire national du Syndicat national des officiers de police (SNOP, majoritaire), a estimé à propos de la polémique suscitée par la création d'Edvige qu'il s'agissait "d'une polémique politicienne qui a touché le rôle et les missions des services de renseignement, et au-delà toute l'institution policière". Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat Synergie, second syndicat des officiers de police, a pour sa part fustigé "un débat philosophique entre bobos parisiens dont 95 % n'avaient pas lu les 54 lignes concernant Edvige".

    LE MONDE - 19.09.08

  • La Corée du Nord réactive son réacteur nuclaire

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    La Corée du Nord a confirmé vendredi 19 septembre qu'elle se préparait à redémarrer le réacteur nucléaire de Yongbyon qu'elle s'était engagée à démanteler, en vertu d'un accord international, avant de renoncer, en représailles au refus américain de la retirer de sa liste des Etats soutenant le terrorisme.

  • L'Espagne en crise propose à ses immigrés un "plan de retour"

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    Poussé par la crise économique et la montée du chômage, le gouvernement socialiste espagnol a approuvé vendredi un plan de retour volontaire pour les immigrés souhaitant rentrer chez eux, confirmant un durcissement après des années de politique de quasi portes ouvertes.

    Ce plan de retour au pays "a un caractère volontaire", a déclaré le ministre du travail, Celestino Corbacho, lors d'une conférence de presse à l'issue du conseil des ministres.

    L'idée est de permettre aux ressortissants de certains pays de pouvoir toucher l'intégralité de leurs droits aux indemnités de chômage, en deux fois, en échange de la promesse de partir et de ne pas revenir pendant trois ans. 40% des indemnités seront versées au moment du choix du départ, et 60% un mois plus tard dans le pays d'origine.

    "Les conditions sont d'être un citoyen extra-communautaire, venir d'un pays qui a passé un accord avec la Sécurité sociale espagnole, être en situation légale de chômage et avoir droit à percevoir les indemnités", a expliqué le ministre.

    Le plan concerne des immigrés originaires des "19 pays avec lesquels l'Espagne a déjà souscrit des accords bilatéraux en matière de Sécurité sociale, et d'autres pays qui ont des mécanismes de protection similaire", a déclaré sa vice-présidente, Maria Teresa Fernandez de la Vega.

    Parmi ces pays figurent notamment le Maroc et l'Equateur, les deux plus gros pourvoyeurs d'immigrés en Espagne.

    Ce projet, annoncé de longue date, est un nouvel avatar du pragmatisme du gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero en matière migratoire: ouvrir les portes en période de croissance, les refermer à l'heure de la crise, tout en enrobant le tour de vis actuel d'une augmentation de l'aide au développement.

    Ainsi, en 2005, alors que l'économie espagnole était à son apogée, avec un taux de croissance très élevé, le gouvernement a massivement régularisé près de 580.000 travailleurs clandestins, s'attirant les critiques de l'opposition et de plusieurs pays européens craignant un appel d'air au sein de l'UE.

    Mais depuis le début de l'année, le panorama économique a viré au gris. Frappée par le retournement de son marché immobilier, l'envolée du prix des matières premières et la crise financière, l'Espagne est au bord de la récession et le chômage, après avoir touché un plancher historique à 7,95% à l'été 2007, est reparti à la hausse, s'établissant à 10,44% cet été.

    Et ce alors que le nombre d'immigrés y a explosé en une décennie, passant de 500.000 en 1996 à 5,22 millions (dont 2,2 millions d'extra-communautaires), actuellement, sur une population totale de 45 millions de personnes.

    Récemment, le ministre Corbacho a provoqué un mini-tollé en déclarant qu'il n'y allait pratiquement plus avoir de recrutement d'étrangers dans leur pays d'origine pour certains postes de travail comme c'était le cas auparavant car il fallait d'abord trouver du travail aux chômeurs résidant en Espagne.

    L'immigration est devenue à la faveur de la crise un sujet d'empoignade politique en Espagne, alors qu'une forte majorité d'Espagnols (68,6%), pense qu'il y a trop d'immigrés dans le pays, selon un sondage de juillet.

    Le chef de l'opposition de droite Mariano Rajoy a critiqué le fait que 180.000 étrangers touchaient les allocations chômage alors que 20.000 Andalous étaient poussés par la crise à traverser les Pyrénées pour faire les vendanges en France, se faisant taxer de "xénophobe" par la gauche.

    L'efficacité du plan de retour volontaire annoncé vendredi est controversée. Le gouvernement estime qu'un maximum de 100.000 personnes pourraient en bénéficier. AFP. 19.08.09

     

  • Dans l'oeil du cyclone financier...

    Confirmant l'euphorie constatée toute la journée sur les places boursières après l'annonce d'un plan de sauvetage du secteur bancaire américain de plusieurs centaines de milliards de dollars, les bourses européennes ont clôturé en très nette hausse vendredi 19 septembre. Paris et Londres ont connu des progressions considérables.

    Le CAC 40 s'est envolé de 9,27 %, sa plus forte progression quotidienne depuis la création de l'indice il y a vingt ans par rapport à la clôture de jeudi soir. Le précédent record à la hausse sur une séance datait du 14 mars 2003 (+7,25 %). A Londres, l'indice Footsie-100 a connu une hausse historique de 8,84 %, Francfort gagnant 5,56 %. Wall Street restait également en progression, avec le Dow Jones à +3,37 % et le Nasdaq à +3,28 %.

    Quelques minutes avant la clôture des Bourses européennes et pour la troisième fois de la semaine, le président américain George Bush s'était voulu rassurant, réaffirmant dans une déclaration à la Maison Blanche, sa volonté d'intervenir pour aider les marchés, alors que le pays traverse sa plus grave crise financière depuis des décennies. Evoquant un moment "crucial", "l'érosion de la confiance" et les risques pesant sur la consommation et l'activité économique, il a affirmé la nécessité d'agir immédiatement face à la crise : "En conséquence, c'est maintenant que nous devons agir pour préserver la santé économique de notre pays de graves risques", a-t-il dit dans son allocution depuis la Maison Blanche. "Etant donné la situation, l'intervention des pouvoirs publics n'est pas seulement justifiée, elle est essentielle", a-t-il ajouté.

    1 000 MILLIARDS DE DOLLARS

    Le président américain a également indiqué vendredi que le plan d'intervention gouvernementale face à la crise financière réclamait l'engagement d'un "montant considérable sur les dollars du contribuable". Cela "comporte des risques", a-t-il admis. Mais "nous comptons que cet argent sera remboursé au bout du compte", a-t-il ajouté, cherchant cependant à rassurer ses concitoyens : "A terme, les Américains ont de bonnes raisons de garder confiance dans la solidité de notre économie. Ce pays est le meilleur endroit du monde pour investir et faire des affaires", a-t-il déclaré.

    Jeudi, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a estimé que les mesures en faveur des banques envisagées par le gouvernement américain allaient coûter "des centaines de milliards" de dollars. Quelques heures plus tôt, un influent sénateur républicain Richard Shelby avait avancé que le coût de ce plan pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars.

    La veille, un précédent discours du président américain prônant l'intervention de l'Etat avait été suivi par une annonce du Trésor américain d'une levée de 100 milliards de dollars pour aider la Réserve fédérale (Fed) à faire face à la crise, plusieurs heures après que la Fed et plusieurs Banques centrales mondiales, dont la BCE ont lancé une opération commune pour permettre aux banques de se refinancer.

    Peu avant l'ouverture de Wall Street, de nouvelles mesures étaient encore venues rassurer les marchés. La Banque de réserve fédérale de New York, intermédiaire traditionnel entre la Banque centrale américaine et les marchés, a en effet annoncé la tenue d'une nouvelle opération exceptionnelle de refinancement, pour aider les banques à passer le week-end. La Fed (Réserve fédérale) de New York précise qu'elle pourra organiser d'autres opérations de ce genre plus tard dans la journée si la nécessité s'en faisait sentir. Le Trésor américain a par ailleurs indiqué vendredi qu'il allait garantir les actifs des fonds monétaires jusqu'à 50 milliards de dollars, afin d'en assurer la solvabilité et de maintenir la confiance dans ces produits financiers, normalement considérés comme très sûrs.

    LE MONDE - 19.09.08

  • Le déclin des abeilles: premiers effets sur l'agriculture américaine

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    Les populations d'abeilles domestiques déclinent partout dans le monde. Pourquoi ? Les causes possibles de cette érosion sont au centre de vifs débats. Mais, alors que scientifiques et apiculteurs en discutent, les premiers effets sur la production de fruits et légumes se font d'ores et déjà sentir aux Etats-Unis.
     
    L'activité des insectes pollinisateurs est évaluée à 153 milliards d'euros
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    LA SURVIE

    et l'évolution de plus

    de 80 % des espèces végétales de

    la planète et la production de 84 %

    des espèces cultivées en Europe

    dépendent, au moins en partie, de la pollinisation par les insectes.

     

    100 000 ESPÈCES D'INSECTES

    (abeilles, bourdons, papillons), d'oiseaux (colibris et passereaux)

     et de mammifères (chauves-souris)

    servent à la reproduction sexuée

    de la plupart des plantes à fleurs.

     QUELQUES CULTURES

    sont presque intégralement dépendantes des pollinisateurs : le cacao, la vanille, les courges

     et les potirons, les melons et les pastèques, les fruits de la passion, ainsi que les noix du Brésil et de macadamia.

    Sans pollinisateurs, l'homme doit

    effectuer l'opération manuellement.

     

    SEULES DE RARES ESPÈCES VÉGÉTALES

    dépendent exclusivement du vent ou des cours d'eau pour se reproduire.  
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    Dennis van Engelsdorp, 39 ans, chercheur au département d'agronomie de l'université de Pennsylvanie, est l'un des premiers scientifiques à avoir décrit, à l'automne 2006, ce que les Américains ont baptisé le Syndrome d'effondrement des colonies (Colony Collapse Disorder, ou CCD).

     

    Comment définir le Syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles ?

     

    Disons qu'il s'agit d'un phénomène caractérisé par la disparition brutale - quelques jours à quelques semaines - de la quasi-totalité d'une colonie. On ne retrouve dans la ruche que la reine et les individus les plus jeunes. Quant aux cadavres des individus adultes, ils ne sont pas retrouvés dans la ruche, ni même à proximité.

     

    L'érosion des populations d'abeilles ailleurs qu'aux Etats-Unis est-elle caractérisée par de tels phénomènes ?

     

    Dans plusieurs pays européens, en tout cas, des situations similaires ont été rapportées. Mais au-delà de ce que nous nommons CCD, nous constatons une surmortalité annuelle supérieure à 30 % dans tous les pays où il existe une documentation correcte de la mortalité des abeilles. Ce rythme ne pourra pas être supporté longtemps.

     

    Quelles sont pour l'heure les répercussions économiques de cette situation ?

     

    Aux Etats-Unis, la problématique est particulière, parce que nous avons de très gros apiculteurs, dont certains gèrent jusqu'à 40 000 colonies. En Europe, un apiculteur s'occupe de quelques centaines de colonies tout au plus.

    Surtout, aux Etats-Unis, un apiculteur sur deux ne vit pas du commerce de miel, mais de la transhumance de ses ruches. C'est, à la différence de ce qui se passe en Europe, une véritable industrie, avec des apiculteurs qui chargent plusieurs centaines de colonies par camion et qui parcourent le pays pour vendre aux grandes exploitations de fruits et légumes un service de pollinisation.

     

    Par exemple ?

     

    Par exemple, un apiculteur de Pennsylvanie commencera la saison sur les plantations d'oranges de Floride, puis il reviendra en Pennsylvanie poser ses ruches dans les plantations de pommes, puis chez les producteurs de myrtilles du Maine, puis en Californie dans les grandes plantations d'amandes...

    A chaque fois, il loue aux producteurs les services de pollinisation de ses abeilles. La question économique ne se limite donc pas à la production de miel, mais se répercute largement sur les coûts de production des fruits et légumes.

     

    L'impact se fait-il déjà sentir ?

     

    Jusqu'à présent, les apiculteurs ont globalement réussi à répondre à la demande de pollinisation. Mais si l'on continue encore trois ou quatre hivers avec des mortalités d'abeilles de plus de 30 %, on va commencer à voir des apiculteurs mettre la clé sous la porte.

    Il y a un vrai risque. La Californie, par exemple, produit 80 % des amandes consommées dans le monde. Aujourd'hui, il faut la moitié des 2,4 millions de colonies d'abeilles américaines pour polliniser ces plantations d'amandiers. En 2012, si tout continue au même rythme, il n'y aura plus suffisamment d'abeilles aux Etats-Unis pour polliniser ces seules cultures.

    Déjà, la réduction des populations d'abeilles se fait sentir : auparavant, les apiculteurs louaient la colonie d'abeilles entre 45 et 65 dollars (32 à 46 euros). Cette année, le prix payé par les producteurs d'amandes se situe autour de 170 dollars (120 euros) par colonie. Globalement, le coût de la pollinisation a augmenté pour tous les types de producteurs.

    Et, pour la première fois, des producteurs de concombres de Caroline du Nord ont réduit leur production jusqu'à 50 % simplement parce qu'ils n'ont pas trouvé suffisamment de colonies disponibles pour assurer la pollinisation.

     

    Et les pollinisateurs sauvages ?

     

    Aux Etats-Unis, il y avait trois principales espèces de bourdons (qui, comme les abeilles domestiques, comptent parmi les insectes pollinisateurs) : l'une est éteinte et les deux autres sont menacées. En Europe, une étude récente a montré que les insectes pollinisateurs sauvages sont aussi en déclin, ce qui provoque celui de plusieurs plantes sauvages qui en dépendent.

     

    Y a-t-il aux Etats-Unis un débat sur les pesticides et leur implication dans le déclin des abeilles ?

     

    Oui. L'une de nos priorités est d'ailleurs d'analyser les résidus de pesticides dans les ruches. Mais quand nous relevons des échantillons dans les ruches, atteintes ou non par le CCD, nous ne trouvons pas de traces conséquentes de résidus chimiques. Cependant, il n'est pas exclu que les pesticides aient des effets sublétaux plusieurs semaines après l'exposition, provoquant par exemple un affaiblissement du système immunitaire des insectes.

     

    Et les ondes électromagnétiques émises par les antennes-relais ou encore les cultures génétiquement modifiées...

     

    Les auteurs de la seule publication suggérant un lien éventuel avec la téléphonie mobile se sont rétractés. Quant aux endroits aux Etats-Unis où il y a le plus de cultures de maïs Bt, ils ne correspondent pas aux zones où les plus fortes mortalités sont relevées... Seule une étude européenne a suggéré que des abeilles exposées à des cultures génétiquement modifiées pouvaient être plus sensibles à certains pathogènes. Nous savons une chose : nous retrouvons chez beaucoup d'abeilles touchées par le CCD une sorte de virus grippal nommé Israeli Accute Paralysis Virus (IAPV). Mais toute la question est de savoir pourquoi il devient mortel dans certaines colonies et pas dans d'autres... En l'état des connaissances, on ne peut qu'attribuer le déclin des abeilles à un ensemble de causes, et non à une en particulier.

    Propos recueillis par Stéphane Foucart
    LE MONDE - 19.09.08
  • Croissant de lune sur la baie des Lecques

    Lune lecques.JPG
    Photo Gaëlle Mann - 08.09.08