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Charles BAUDELAIRE

ELEVATION

 

Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,

Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.

Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !

 

 

 

Commentaires

  • "Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
    Va te purifier dans l'air supérieur,"...
    Heureux le poète qui possède la ressource de pouvoir s'abstraire du climat délétère dans lequel nous vivons !
    ..."Celui dont les pensers, comme des alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor."
    C'est bien choisi Gaëlle en ce lendemain d'élection !
    ...et toujours ce style presque parfait de Baudelaire !

  • Tres beau poeme, Gaelle!
    Que de fois on voudrait prendre son envol, bien loin dans le ciel, comme l'alouette!

  • Merci, Nelly! J'ai toujours envié les oiseaux et rêvé d'avoir des ailes ! Ici, de ma terrasse, je vois s'envoler et planer les mouettes! Quelle liberté! Les jeunes mouettes toutes blanches font des rondes dans les airs comme de petites filles, en criant de joie!

  • Superbe!

  • Raul, ce poème est magnifique, je suis contente que tu l'aimes!

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