
C’est une grande nouveauté pour le FN : une association d’enseignants pro-Marine Le Pen, baptisée le Collectif Racine, sera officiellement lancée le 12 octobre.
Olivier Beaumont | Publié le 02.10.2013, 12h41
Carcassonne (Aude), samedi. Nouvelle rupture de Marine Le Pen vis-à-vis du passé frontiste. Alors que son père fustigeait en son temps les enseignants, la présidente du FN a décidé, au contraire, de les séduire. | (PhotoPQR/« l’Indépendant »/Claude Boyer.)
Pour le parti lepéniste, cette initiative marque une nouvelle rupture avec le passé. Elle confirme la volonté de Marine Le Pen d’élargir sa base électorale, y compris auprès d’une catégorie traditionnellement hostile au FN. De son temps, Jean-Marie Le Pen, tout au contraire, n’avait jamais ménagé ses efforts pour fustiger le corporatisme du corps enseignant, « peuplé de professeurs crassouillards ». Une image que veut gommer la présidente du FN.
Déjà, pendant la campagne présidentielle, Marine Le Pen avait livré un étonnant mea culpa, parlant d’un malentendu : « Nous avons commis l’erreur de penser que vous étiez complices ou passifs face à la destruction de l’école. Cette période est révolue », avait-elle notamment lancé lors d’un colloque. « A l’époque, cet appel avait été énormément discuté dans les forums sur le Web, assure Florian Philippot, numéro deux du FN. Ça a même été le point de départ d’une prise de conscience chez certains enseignants : ils se sont rendu compte que nos propositions étaient frappées du bon sens, comme le retour aux méthodes classiques d’enseignement, donner la priorité à l’école primaire ou encore remettre l’histoire de France au cœur des programmes. » C’est de là qu’aurait germé le Collectif Racine, qui, au printemps, a rédigé une tribune fondatrice dans les colonnes du « Figaro ».
Depuis, Marine Le Pen ne se prive pas, à chacune de ses interventions en public, de faire les yeux doux aux profs. « C’est une catégorie de la population où nous avons encore de belles parts de marché à prendre », confie un permanent frontiste. « Je veux une école qui transmette le savoir, notre histoire, et qui apprenne le respect. A commencer par celui des enseignants », a-t-elle encore lancé dernièrement à Marseille devant plus de 4000 sympathisants rassemblés à l’université d’été du FN.
Le Parisien







