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13/12/2016

Arbitrage Tapie: Christine Lagarde bousculée par les juges

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« Ma réaction, c’est la consternation. J’ai été surprise, choquée, stupéfaite en voyant le résultat. » Au 2e jour de son procès pour « négligences » devant la Cour de justice de la République (CJR), Christine Lagarde décrit ainsi ce qu’elle a éprouvé en découvrant l’issue de la sentence arbitrale dans l’affaire Tapie, le 7 juillet 2008.

 

Par celle-ci, Bernard Tapie se voyait accorder 403M€ - dont 45M€ de « préjudice moral »- pour solder le litige l’opposant au Crédit Lyonnais. L’alors ministre de l’Economie de Nicolas Sarkozy avait elle-même donné son feu vert à cette voie, l’arbitrage pouvant « mettre un terme à quinze ans de procédures et cesser l’hémorragie des honoraires d’avocats (jusqu’à 32M€ par an à la charge de l’Etat) », défend-elle.

«Pourquoi n'avoir pas réagi ? »

Certes, relève la présidente de la CJR, mais pourquoi n’a-t-elle pas demandé d’explications ? « Vous auriez pu comprendre que le compromis n’était pas conforme », assène Martine Ract-Madoux. Pourquoi, ensuite, n‘a-t-elle pas choisi de favoriser un recours en annulation ? « Ces 45M€ sont au coeur du dossier, insiste la magistrate. La mort d’un enfant, c’est 30 ou 50 000€ (d’indemnités), 45M€, c’est colossal ! Un coup de poing à l’estomac. Pourquoi n’avoir pas réagi ? »

 

 

«C'était trop tard, la sentence était rendue»

La salve de questions déstabilise la patronne du FMI. « Une fois de plus, ce n’est pas un dossier auquel je consacre tout mon temps », tente-t-elle. « C’est trop tard, la sentence est rendue. Qu’est-ce que je peux faire sinon étudier les solutions », poursuit-elle. « Les consultations (sur un potentiel recours) m’indiquent qu’il y a très peu de chances de succès », assure-t-elle.

Sur sa décision, Christine Lagarde défend une méthode : « J’ai fait la balance entre les avantages et les inconvénients. Combien on risque, combien ça coûte ». Vous n’avez rencontré personne, relève la présidente. « J’ai lu tout le monde », rétorque-t-elle, expliquant avoir décortiqué « un paquet de notes » lors d’un déplacement en Russie.

 

«Cela valait mieux pour l'intérêt général»

 

« Un recours rouvrait toutes les procédures, j’avais les plafonds, la décision des liquidateurs de renoncer à 70M€, j’ai pris la décision de dire : On ne va pas en annulation. » Elle souligne : « Même s’il y avait l’émoi de l’opinion publique, j’ai considéré que cela valait mieux pour l’intérêt général ».

 

Lundi, Christine Lagarde a dépeint le partage des tâches qui s’était instauré au ministère avec son directeur de cabinet, Stéphane Richard, qui semble avoir piloté quasi seul l’arbitrage. Le même lui a suggéré un déjeuner avec Tapie, qu’elle avait d’ailleurs accepté (avant l’arbitrage) malgré ses réticences... «Stéphane me dit qu’il a des idées géniales sur la façon d’augmenter le pouvoir d’achat des plus pauvres... Et j’étais, je l’avoue, un peu curieuse de rencontrer le personnage. »

 

«Aucune raison de soupçonner une fraude»

 

L’un des juges l’interroge sur sa relation à ce puissant directeur de cabinet - aujourd’hui PDG d’Orange et mis en examen dans cette affaire : « Ne vous demandez-vous pas si vous n’avez pas été manipulée par cet alter ego ? Pouviez-vous vraiment continuer à faire confiance à votre cabinet ? », demande-t-il. « Cinq ans plus tard, c’est trop facile, répond l’ex-ministre. A l’époque, je n’avais aucune raison de remettre en cause cette confiance. Ni de douter de la qualité des arbitres, de soupçonner de quelconque connivences ou cette « fraude » dont la cour d’appel (ndlr : qui a annulé l’arbitrage en 2015) parle aujourd’hui ».

 

«Aucune instruction du ¨Président »

 

Interrogée sur ses rapports avec Matignon et l’Elysée, Christine Lagarde assure n’avoir jamais reçu d’instructions sur cette affaire, « ni du Président de la République, ni du Premier ministre, ni dans un sens, ni dans l’autre ». D’autres les ont-elles reçues ? Peut-être les membres de son cabinet ?, suggère un juge. « Je ne les ai pas soumis à la question », répond Christine Lagarde. Nul doute que Stéphane Richard, qui doit témoigner ce mercredi matin devant la CJR, le sera.

 

  leparisien.fr

21:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

403 millions d'euros en cadeau à Nanard la fripouille ! Une simple "négligence" !
Elle se fout de notre gueule (et du porte-monnaie des contribuables) cette grande dinde mondialiste ???

Écrit par : dirk | 13/12/2016

On n'entend plus parler des 400 millions de Tapie.
Il a dû les donner au Secours Populaire .

Écrit par : Pomègues | 13/12/2016

Christine Lagarde « curieuse de connaître les idées géniales de Tapie pour augmenter le pouvoir d’achat des pauvres » : On croit rêver, ou plutôt cauchemarder ! De qui se moque-t-elle, à part nous ? Bon, mais soyons gentil : Christine, c‘est l’exemple-type de la promotion- canapé !
PS : Il faut du courage pour coucher avec elle, mais tous les goûts sont dans la nature !

Écrit par : abad | 14/12/2016

j,espère que Dame Lagarde maitrise mieux ses autres dossiers en tant que patronne du FMI ,le sieur Tapie a du placer une partie de son argent en sécurité , d,aucuns diront : sacré Nanard , il s,en tire toujours bien, après avoir rouler tous ces c. . dans la farine. .!!
salutations.

Écrit par : parvus | 14/12/2016

abad
Vu son air chevalin, je doute qu'il s'agisse d'une promotion- canapé.
Je vois plutôt une promotion-Bildenberg !

Écrit par : dirk | 14/12/2016

Elle a vieilli! Mais jeune, elle n'tait pas mal du tout et a été la maîtresse d'un avocat new yorkais influent.

Écrit par : Gaëlle Mann | 15/12/2016

Les commentaires sont fermés.