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22/12/2016

La police allemande traque le terroriste islamiste de Berlin

International | Par Nicolas Barotte
Mis à jour le 21/12/2016 à 21h05 | Publié le 21/12/2016 à 21h04

INFOGRAPHIE - Les autorités ont identifié le principal suspect, Anis Amri, un jeune Tunisien âgé de 24 ans, classé comme un islamiste dangereux par les services allemands.

Le visage d'Anis Amri s'affiche partout en Allemagne. Le jeune Tunisien de 24 ans mesurant 1,78 m et pesant 75 kg est le suspect numéro un dans l'enquête sur l'attentat de lundi à Berlin.

Le parquet terroriste allemand a émis un avis de recherche européen contre le tunisien Anis Amri.
Le parquet terroriste allemand a émis un avis de recherche européen contre le tunisien Anis Amri. - Crédits photo : Police/AP

La police a décidé de faire appel à tous les moyens pour l'interpeller. Une récompense a été fixée à 100 000 euros pour celui qui permettra son arrestation. Les autorités préviennent cependant: «Il pourrait être dangereux et armé.» L'arme avec laquelle il a assassiné le chauffeur du camion polonais qu'il a volé n'a pas été retrouvée. L'attaque, qui a causé 12 morts et blessés 48 personnes, a été revendiquée mardi soir par l'organisation État islamique.

Après les ratés de mardi, et l'arrestation du mauvais suspect, les enquêteurs avaient promis d'agir vite. Ils avaient en effet l'indice pour identifier le conducteur du poids lourd qui a foncé sur le marché de Noël de Breitscheidplatz sous la main dès les premières heures. Un titre de séjour provisoire d'Anis Amri a été retrouvé dans la cabine du camion sous le siège du conducteur. Après avoir enquêté discrètement, la police n'a pas su retrouver sa trace. Une perquisition menée à Emmerich, où Anis Amri a notamment séjourné, n'a donné aucun indice.

Anis Amri était pourtant connu et classé comme un «islamiste dangereux» par les services de police. Après avoir quitté la Tunisie en 2011 et être passé en Italie, où il a fait de la prison, Anis Amri est arrivé en Allemagne en juillet 2015 comme demandeur d'asile. Son dossier a été rejeté en juin et il se trouvait sous le coup d'une procédure d'expulsion qui n'a pas été mise en exécution. La Tunisie, qui avait contesté la nationalité du jeune homme, n'avait pas fourni les documents nécessaires. Ils sont parvenus mercredi à l'administration en charge du dossier du suspect, qui était enregistré en Westphalie-Rhénanie-du-Nord. Anis Amri a aussi été arrêté cet été à Friedrichshafen en possession de faux documents d'identité. Il a été relâché ensuite.

Défaillances des services de renseignement

Depuis janvier 2016, Anis Amri était sous surveillance des services de renseignement. Ses communications étaient écoutées. En mars, il aurait cherché à recruter des complices pour commettre un attentat. En Allemagne, le jeune homme s'est aussi rapproché «d'Abu Walaa», de son vrai nom Ahmad Abdulaziz Abdullah A., un salafiste influent qui diffusait des appels à la haine sur Internet, dos tourné à la caméra. Surnommé «le prêcheur sans visage», Abu Walaa a été arrêté en novembre à Hildesheim. Il est accusé d'être l'un des principaux agents recruteurs de Daech voire «le numéro un de l'organisation» en Allemagne. Anis Amri a aussi été en contact avec Boban S., un complice d'Abu Walaa, chez qui il a séjourné et qui a été arrêté lui aussi en novembre.

Les services de renseignement allemands ont ensuite perdu sa trace fin novembre. Anis Amri a plusieurs fois changé de domicile entre la Westphalie-Rhénanie-du-Nord et Berlin, il a utilisé des fausses identités. Bien qu'une enquête ait été ouverte en raison de la menace qu'il représentait, les différents services de police impliqués dans l'enquête n'ont pas semblé se coordonner efficacement, selon des sources citées par les médias allemands.

Le parcours d'Anis Amri et les défaillances des services de renseignement allemands vont inévitablement susciter la polémique en Allemagne. En attendant, l'enquête a été élargie à toute l'Europe et des avis de recherche ont été diffusés en plusieurs langues, dont le français. La traque doit empêcher le terroriste de commettre d'autres attaques.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 22/12/

20:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

un visage si sympathique , on a presque du mal à croire que c,est lui l,auteur . . .!!
les services de renseigements de l,europe de l,ouest semblent avoir de graves difficultés pour pouvoir mener à bien leurs missions ,mais il faut dire qu,avec les politiques en place , ils ne sont pas vraiment aidé , comme les forces de sécurité , armée , etc . .!!
salutations.

Écrit par : parvus | 24/12/2016

Les commentaires sont fermés.