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29/03/2017

Charles BAUDELAIRE (1821-1867)

 

L'albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

03:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Merci à vous, Gaëlle, d'être fidèle à ce génie de notre belle langue française, Charles Baudelaire, amoureux de la mer et des oiseaux ;o)

Écrit par : téléphobe | 29/03/2017

Le plus beau poème de Baudelaire, celui qu'on apprend (qu'on apprenait ?) à l'école. L’Albatros représente sous forme allégorique l’inadaptation du poète parmi le commun des mortels, bas, superficiel, mesquin.... Par extension, tout homme en qui ne règne pas l'esprit de troupeau. Et comment ne pas évoquer Nietzsche qui a si souvent évoqué ce sentiment de solitude :
"Plus nous nous élevons, plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler." NIETZSCHE
Le nain qui voit s’abattre le géant, se trouve du coup moins petit." NIETZSCHE

Plus on monte haut, plus on s’en voit faire le reproche par ceux qui n’aiment pas l’altitude. C’est pourquoi l’on est de plus en plus seul.

Écrit par : dirk | 29/03/2017

C'est comme vous que je comprends ce poème: vous l'analysez très bien! Un poème magnifique qui n'est pas "politiquement correct" !

Écrit par : Gaëlle Mann | 30/03/2017

Les commentaires sont fermés.