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11/06/2017

José Maria de HEREDIA (1842-1905)

            


La sieste

Pas un seul bruit d'insecte ou d'abeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses d'émeraude.

Criblant le dôme obscur, Midi splendide y rôde
Et, sur mes cils mi-clos alanguis de sommeil,
De mille éclairs furtifs forme un réseau vermeil
Qui s'allonge et se croise à travers l'ombre chaude.

Vers la gaze de feu que trament les rayons,
Vole le frêle essaim des riches papillons
Qu'enivrent la lumière et le parfum des sèves ;

Alors mes doigts tremblants saisissent chaque fil,
Et dans les mailles d'or de ce filet subtil,
Chasseur harmonieux, j'emprisonne mes rêves.

04:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Très beau poème d'un immense poète.

Écrit par : LENI | 11/06/2017

Les eaux grises de la politique passent…la poésie reste.
Cette "sieste" de JM de HEREDIA nous apporte toute la sérénité d'une chaude après-midi d'été, troublée uniquement par quelques insectes affairés, bien éloignés du bourdonnement des "mouches venimeuses" (Nietzsche) de la presse !
Il y a des jours où la poésie est plus utile que d'autres, surtout lorsqu'elle est d'un immense poète !

Écrit par : dirk | 11/06/2017

Les commentaires sont fermés.