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05/11/2017

Assises : esclave sexuelle à 13 ans, l'horreur à la barre

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>Faits divers|Pascale égré|24 octobre 2017, 6h36|11

Cour d’assises de Paris, hier. Elodie*, 23 ans, a décrit l’abomination 
vécue depuis son arrivée en France en 2006, alors qu’elle était âgée de 12 ans.

CHRISTELLE GOTH
 
 

Enfermée et violée pendant des années par l'homme qu'elle croyait être son père, une jeune femme a eu la force de dénoncer celui qui est jugé depuis vendredi. Le verdict est attendu aujourd'hui.

Lorsqu'elle se glisse dans la salle, ombre discrète aux longs cheveux noirs, pour rejoindre son avocat, Me Cédric Alépée, sur le banc de la partie civile, lui commence à grimacer et à se tortiller sur sa chaise roulante (il souffre de divers maux). Lorsqu'elle accroche sa frêle silhouette à la barre pour livrer son terrifiant récit, il écoute la tête en arrière, les yeux parfois clos. L'homme, placé hors du box, se retrouve tout près de ce corps menu qu'il est accusé d'avoir violé dès l'âge de 13 ans, enfermé durant des années, privé d'adolescence et d'école... Meurtri à vie. Et lorsqu'en larmes, tournée vers celui dont elle a longtemps cru qu'il était son père, Elodie*, 23 ans, lâche ce cri déchirant — « J'aurais voulu qu'il reconnaisse ! » —, il la fixe, impassible. La scène, glaçante, donne la nausée.

Avortement forcé

Bamo Malumba, 54 ans, jugé depuis vendredi devant la cour d'assises de Paris pour viols sur mineure par personne ayant autorité, nie tout en bloc. Au contraire, il salit. Entre le verbiage mensonger et complotiste de cet ancien gardien d'immeuble et la parole limpide de sa victime, le contraste est saisissant. Il révèle tout le courage de cette jeune femme au parcours chaotique, atteinte d'un très fort diabète, qui a fini par réussir à se confier à sa médecin à l'hôpital en mars 2014. « Oui, je dénonce toujours, confirme-t-elle. Ce que j'ai vécu, je n'avais pas la force d'en parler. J'avais peur. Un jour, j'ai craqué. » Elle ajoutera : « Je n'ai plus de mots pour exprimer ma douleur. J'essaie... »

 

Née à Kinshasa, en République démocratique du Congo, élevée par une grand-mère, Elodie a 12 ans lorsqu'elle est envoyée en France, en 2006, sous une fausse identité. « Tu vas faire des études et rencontrer ton père », lui promet-on. Elle séjourne d'abord chez une tante, puis à l'hôpital lorsqu'on diagnostique sa maladie. « Une histoire avec un oncle », en fait une première tentative de viol, conduit un juge à la placer chez son soi-disant père. « Où dormiez-vous ? » demande la présidente. « Dans son lit. Au bout d'un mois, un jour, je me suis réveillée. Il était en train de me pénétrer. Il m'a expliqué que c'était normal, parce que tous les pères le faisaient avec leurs enfants. » Elle précise : « Après, c'est devenu une habitude. Il continuait toute la journée. Je disais pas non. » « Je ne sentais plus rien », a-t-elle confié depuis à une psychologue.

A 14 ans, Elodie tombe enceinte. Le Cytotec qu'il lui a fourni, un médicament gastrique connu pour son usage abortif détourné, n'a pas suffi. « J'avais du mal à dormir, il m'a dit : Tiens, prends ça. Plus tard, il m'a dit que c'était pour enlever les bébés. » A l'hôpital où il la conduit pour avorter, il l'oblige à désigner « un ami », puis à accepter une contraception.

Sex-toys et visionnage de films pornos

A 16 ans, entre foyers, séjours à l'hôpital, errance dans des hôtels et consommation du cannabis qu'il lui procure, son isolement s'aggrave. Il lui impose sex-toys et visionnage de films pornos, s'en inspire, la filme durant les rapports, menace ses petits copains et la menace elle... Placée, malgré tout elle fugue et revient : « Je ne savais pas où aller. Je ne voulais pas devenir l'enfant de l'Etat qui n'a pas de famille. » « Elle subit une vie de petite femme enfermée. Une soumission absolue, corps et âme, à l'homme qui lui a été désigné comme père », décryptera un psychiatre.

Des analyses réalisées durant l'instruction ont permis de prouver la paternité de Bamo Malumba lors de l'IVG de 2009. Lui ose, face à la cour : « Sachez que la science ne sait pas tout. » Il invoque « sorcières » et ce drôle de label de « mari de nuit ». Il affirme : « Chez nous, une femme peut utiliser un homme sans qu'il le sache ! » Plus tôt, quand l'avocat général lui a demandé ce qu'elle attendait du procès, Elodie a imploré : « Que je sois reconnue en tant que victime. Parce que ce n'est pas de ma faute ! Maintenant, j'ai peur qu'on ne me croie pas... »

« Moi, je vous crois ! » lui a répondu, solennel, le magistrat. Le verdict est attendu aujourd'hui. Bamo Malumba encourt vingt ans de réclusion.

 

* Le prénom a été changé.

Le Parisien

20:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Elle aurait du rester au Congo! Mais la politique du gouvernement français incite fortement les Africains à émigrer en France où nous voulons les attirer : et voilà les drames que nous provoquons: les responsables politiques qui ont dirigé la France depuis des décennies devraient être jugés au même titre que ce Bamo !

Écrit par : abad | 05/11/2017

Répondre à ce commentaire

abad : la France et les pays européens ont une attraction pour les Africains (es) , dans leur misère de leurs bidonvilles et autres villages , en regardant la fausse prospérité de l,occident certains de ces Africains, se voient déjà comme footballeur , rappeur , etc , et d,autres savent très bien que les aides sociales vont tomber comme pluie à gravelotte .
je ne suis pas étonné par les propos du violeur , il me fait penser au marabout qui réussit à berner sa cliente en lui racontant des salades pas fraiches .
salutations.

Écrit par : parvus | 06/11/2017

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