Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

14/03/2008

Angoisse en sarköland

A l'UMP, la perplexité sur l'issue des élections a laissé place à une réelle fébrilité. Au début de l'année, Nicolas Sarközy, partisan de politiser la compétition, avait imprudemment déclaré : « Des élections locales constituent toujours un enjeu national. » Mal joué : la droite pourrait perdre une trentaine de villes de plus de 20 000 habitants.

La gauche, qui gouverne déjà 20 régions sur 22 et tient Paris, Lyon et Lille, pourrait en outre gagner cinq ou six départements supplémentaires.

Une telle défaite pour la droite, qui installerait un véritable contre-pouvoir local de gauche, plomberait les prochains mois du gouvernement et réduirait les marges de manoeuvre du chef de l'Etat. D'où l'angoisse à peine dissimulée des responsables de la majorité. « Ça va être très dur », glisse un député UMP proche de Sarközy. « C'est très incertain », grimace Raffarin. Devedjian s'interroge, lui, à voix haute : « Est-ce que dimanche c'est dans la poche ? Moi je dis non ! » Après avoir nié toute vague rose au soir du premier tour, la majorité s'applique désormais à déminer en expliquant qu'on ne pourra pas faire de lecture nationale des résultats. « Il n'y a pas de dynamique nationale », martèle-t-on à l'Elysée. « Chaque ville est un cas spécifique », renchérit Matignon.

Compte tenu de leur dimension symbolique, tous les regards se tournent vers Marseille et Toulouse. Dans la première, Jean-Claude Gaudin pourrait sauver de justesse son fauteuil (51 % contre 49 %) face au PS Jean-Michel Guérini, selon notre sondage CSA. Dans la seconde, l'UMP Jean-Luc Moudenc serait battu d'une courte tête (49 % à 51 %) par le socialiste Pierre Cohen. Mais les écarts sont si minces que d'autres instituts donnent des résultats inverses. La clé du scrutin réside dans l'abstention. D'où la tentative de Sarkozy, mardi à Toulon, de mobiliser sur le thème de l'immigration et les fréquentes visites en province de François Fillon. « Je souhaite que notre électorat se déplace, bougez-vous ! » exhorte Devedjian.

(Le Parisien - 14 mars 08)