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03/05/2008

Une mère de famille condamnée pour antisémitisme

Une mère de famille de 40 ans, reconnue coupable d'avoir proféré des propos racistes et antisémites et d'avoir agressé une autre mère de famille devant une école de Fréjus (Var), a été condamnée vendredi à huit mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Draguignan.

Le tribunal a également prononcé deux années de mise à l'épreuve accompagnées de mesures strictes comme interdiction de parler à la victime et à sa famille, obligation de changer de trottoir et de rester à distance ou encore interdiction de se déplacer à l'étranger.

La mère de famille a également été condamnée à 1.500 euros de dommages et intérêts et à verser 1 euro symbolique à la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), partie civile.


Le 7 janvier 2008, Annie Ripoll avait insulté Mélissa Humbert en lui répétant: «tu n'es pas juive pour rien, tu es une mauvaise langue». Le ton était monté et des coups avaient été portés entraînant une incapacité totale de travail (ITT) de dix jours pour Mme Humbert.

Selon la victime et les nombreux témoignages fournis, dont des attestations rédigées par des policiers municipaux de Fréjus, les insultes duraient depuis près de trois ans. A tel point que Mme Humbert se faisait accompagner par des parents jusqu'à l'école et que parfois les policiers municipaux la raccompagnaient à son domicile.

Son avocat Me Jean-Christophe Piaux a mis l'accent sur ces «trois années de souffrance et de harcèlement moral quotidien».

Rappelant la hausse ces dernières années des agressions racistes et antisémites, notamment la propagande sur internet, l'avocat de la Licra, Me Gérard Bentata, a stigmatisé l'attitude de la prévenue «qui vomit du juif au quotidien», «une madame Le Pen en jupon».

En défense, Me Isabelle Calderari a plaidé la relaxe. Sa cliente a rejeté en bloc les éléments du dossier et s'est dit victime d'un coup monté, assurant à la barre «ne rien avoir du tout contre les juifs».

Des affirmations auxquelles la procureure Sophie Guichon n'a pas adhéré en dénonçant «l'apogée de la haine vis à vis de la victime et de la religion». Elle a requis trois mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve et 1.000 euros d'amende.
Le Parisien 03 mai 2008