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30/03/2008

Plan de rigueur à l'horizon...

Alors que les voyants - hormis le chômage - passent au rouge, le gouvernement est obligé de revoir sa feuille de route économique. Sa recette : accélérer les réformes. Mais pour la gauche, un plan de rigueur est inéluctable.

C'est dit! « Le budget 2008 a été construit sur des hypothèses qui ne sont plus d'actualité », a reconnu hier, devant les députés, Eric Woerth, le ministre du Budget, citant notamment le prix du baril de pétrole. Et de préciser que le gouvernement allait revoir « aux alentours du 15 avril » ses prévisions de croissance de 2008 mais aussi « réadapter les différents équilibres ». Dix mois et demi après l'élection de Nicolas Sarkozy, voilà le gouvernement contraint de revoir sa feuille de route économique.

Pour l'instant, François Fillon, le Premier ministre, écarte toute idée de « plan de rigueur ». «Les recettes fiscales se tiennent », insiste de son côté Eric Woerth. Et de marteler : « Nous n'avons pas l'intention d'augmenter les impôts. » Il n'empêche, le gouvernement est aujourd'hui coincé entre une crise financière internationale qui s'aggrave et un déficit public en plein dérapage. Pas de plan de rigueur donc.. mais jusqu'à quand ?

L'économie ralentit. Hormis le chômage qui continue grosso modo de baisser (- 0,7 % en février pour la catégorie 1), la situation économique se fragilise dans notre pays. Dans un entretien hier à « l'Express », François Fillon évalue désormais la croissance de notre économie entre 1,7%et2% pour2008. Bien en deçà donc de la fourchette de 2 % à 2,5 % prévue initialement. Partie cet été des Etats-Unis, la crise des subprimes, ces crédits immobiliers à taux variables accordés à des ménages modestes, est en train de toucher par ricochet la France. La flambée du prix du pétrole (107,78 $ le baril hier àNew York) et des produits alimentaires a, elle, pour effet d'augmenter les prix. Ce qui pèse aussi sur l'activité, car face à la valse des étiquettes et à un pouvoir d'achat qui stagne, les ménages n'ont pas d'autre choix que de se serrer la ceinture.

Le déficit public dérape. Pour l'année 2007, il devrait atteindre 2,7 % du produit intérieur brut, au lieu de 2,4% promis par Nicolas Sarközy. Un mauvais chiffre là encore après trois années de baisse consécutives. « Bonnet d'âne » au niveau européen en matière de réduction des déficits, la France, qui se rapproche du plafond de 3 % du PIB autorisé par le traité de Maastricht, risque dès avril une mise en garde de la part de la Commission européenne. Ce mauvais score compromet aussi la promesse faite à Bruxelles d'équilibrer nos finances publiques en 2012. François Fillon l'a confirmé d'ailleurs à sa façon en indiquant hier dans « l'Express » que le gouvernement devrait « nécessairement » réviser son objectif de déficit pour 2008, qui était jusqu'alors de 2,3 %.

La planche de salut des réformes structurelles. Réforme des retraites, de la santé, c'est par ce biais que le gouvernement entend desserrer l'étau et retrouver un peu d'air. Sauf que, depuis la défaite de l'UMP aux municipales, le climat politique s'est subitement durci. La nouvelle réforme des retraites démarre mal. Celle de l'hôpital s'annonce à hauts risques. Hier, François Hollande, le premier secrétaire du PS, a de nouveau jugé qu'un « plan de rigueur est inéluctable ». Et d'enfoncer le clou : « Vous n'avez aucune marge de manoeuvre tant que vous ne serez pas revenus sur le paquet fiscal (NDLR : de 15 milliards d'euros voté cet été) ».