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  • "Ca risque de remettre de l'huile sur le feu!"

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    Villiers-le-Bel, lundi matin 10 heures. La ville est calme. Seuls quelques cars de CRS attestent de la présence des forces de l'ordre. Ici et là, dans un bus, sur des compteurs électriques, les prénoms de Lakamy et Moushin, les deux jeunes tués dans une collision avec une voiture de police alors qu'ils circulaient à mini-moto, viennent rappeler le drame qui a mis le feu aux poudres il y a trois mois.
    La plupart des habitants ignorent encore tout de l'impressionnante opération de police menée à l'aube dans plusieurs quartiers de la ville. Ceux qui viennent de l'apprendre à la radio regardent cette démonstration de force avec un certain scepticisme, le sentiment que le retour en nombre de de la police risque de rallumer la mèche plus qu'autre chose. Ainsi cet homme, d'une cinquantaine d'année, venu aux nouvelles au bar PMU: «Ici tout était rentré dans le calme, ce n'était pas la peine de revenir attiser le feu. Ils feraient mieux d'aller voir ailleurs, là où c'est vraiment le bordel.»

    Plus loin, Medhi, 20 ans, sort de cours, l'oreille vissé à son portable. Il essaie d'avoir des nouvelles de ses copains, dont deux «se sont fait soulevés» (ont été embarqué par la police) le matin dans l'opération menée à la Cerisaie. «Venir à 1.000, c'est jouer avec nos nerfs. La répression chez nous, c'est explosif. Faut qu'ils arrêtent de faire les malins, parce que ça peut repartir vite, ici ou à Sarcelles. Même après 35 interpellations, y aura toujours des gens ici pour foutre le bordel.»


    Un autre jeune voit l'opération d'un mauvais œil. «1.000 policiers, c'est du cinéma. Ça risque de remettre de l'huile sur le feu». Comme beaucoup, il ne croit toujours pas à la thèse de l'accident, et voudrait que «justice soit rendue». Seul un couple âgé semble satisfait: «Ils ont raison d'intervenir parce que ces jeunes là, c'est pas des petits fusils, c'est de l'artillerie lourde qu'ils ont.»

    (Libération 18.02.08)

  • A Villiers-le-Bel, le frère de Lakamy arrêté...

    Les enquêteurs ont été mis d’abord sur la piste des deux frères C., suspectés d’avoir tiré au plomb sur des CRS et d’avoir «organisé ces attaques par armes à feu». Puis d’autres émeutiers ont été identifiés. Sous la direction de deux juges de Pontoise, les enquêteurs ont «ciblé 37 objectifs» et monté l’opération qui a permis d’arrêter 33 garçons de 20 à 31 ans à Villiers-le-Bel, Sarcelles et Arnouville-lès-Gonesse.

    Dont le frère de Lakamy, un des deux ados victimes de l’accident avec la mini-moto. Selon la procureure de Pontoise, il pourrait être impliqué dans l’incendie et le vol du véhicule du commissaire Illy, roué de coups après la collision mortelle. «C’est œil pour œil, dent pour dent, mais avec des moyens légaux. Qu’on ne vienne pas nous reprocher une réponse policière et judiciaire, pensée et construite», lance un patron de police.

     Mais QUI leur reprocherait une "réponse policière et judiciaire pensée et construite"? C'est justement ce que leur demandent les Français!  Ces coups médiatiques ne servent que le pouvoir chancelant de Sarközy!

    Deux autres personnes, déjà en prison, ont aussi été placées en garde à vue. «Compte tenu du nombre d’interpellations, des moyens de communication actuels, les méthodes d’intervention étaient à la hauteur des faits criminels extrêmement importants de Villiers-le-Bel», a justifié Marie-Thérèse de Givry, la procureure de Pontoise, qui a déploré les «fuites» aux médias : «Notre crainte était que la présence de la presse n’alerte les objectifs précis qui avaient été déterminés.»

    La direction centrale de la PJ, prévenue d’«indiscrétions» à propos de l’opération, redoutait que «les suspects l’apprennent et organisent des guets-apens». La ministre de l’Intérieur a elle-même «regretté profondément la médiatisation de cette opération qui pouvait nuire à sa réalisation». Son cabinet a attribué les «fuites» aux syndicats de police, lesquels ont renvoyé la balle sur le ministère de l’Intérieur ou l’Elysée...

    (Libération 18.02.08)

     

  • Mille policiers pour 33 interpelleations...

    33 personnes interpellées sur 38 ciblées. Trente-trois personnes, soupçonnées d'avoir participé aux violences contre les forces de l'ordre fin novembre 2007 à Villiers-le-Bel, ont été interpellées lundi 18 février lors d'une opération de grande ampleur qui a mobilisé près d'un millier de policiers dans cette ville du Val-d'Oise.

    Trente-trois personnes sur les 38 «ciblées» par les enquêteurs, ont été interpellées à Villiers, Sarcelles, Gonesse et en Seine-Saint-Denis, selon un bilan de la police, peu après 08H00.

    «Je n'ai jamais vu une opération de police de cette envergure», a commenté la procureure de Pontoise Marie-Thérèse de Givry devant la presse. «Je ne pense pas qu'il y aura trop de traumatisme dans la cité», celle de «derrière les murs de Monseigneur» à Villiers, cible principale des policiers.

    «J'espère, a-t-elle ajouté, que les habitants comprendront que nous sommes là pour rétablir l'ordre et la paix».

    Environ 1.000 policiers du RAID, de l'Office central de lutte contre le crime organisé, de la police judiciaire de Versailles et d'Ile-de-France, notamment, ont participé à cette opération, suivie par de nombreux médias.

    Royal et Bayrou dénoncent une opération à grand spectacle. L'ancienne candidate PS à la présidentielle Ségolène Royal s'est insurgée contre cette «opération policière médiatisée» avant les municipales, tandis que François Bayrou, président du MoDem, a appelé à «ne pas mélanger la justice et la mise en scène».

    Le déroulé de l'opération. A 6H00, des membres des CRS, du RAID et de la PJ ont pénétré dans une dizaine d'immeubles à Villiers, par petits groupes de trente.

    Quatre à cinq d'entre eux attendaient au pied de chaque immeuble, tandis que leurs collègues, dont certains portaient un bélier pour ouvrir les portes en cas de résistance, montaient dans les étages.

    Ce déploiement massif s'est déroulé silencieusement. A la sortie des immeubles, ceux qui partaient à leur travail étaient éberlués de tomber nez à nez avec des policiers.

    Un véhicule de la brigade de recherche et d'intervention (BRI, «anti-gang») de la PJ parisienne a servi de PC. Unique en son genre et surnommé «Robocop», il résiste aux balles et au feu.

    Le rappel des faits Du 25 au 27 novembre 2007, Villiers avait connu des affrontements entre jeunes et forces de l'ordre après la mort de deux adolescents lors d'une collision entre leur mini moto et une voiture de police.

    Ces violences avaient fait 119 blessés parmi les policiers. Plusieurs dizaines d'entre eux avaient été blessés par du plomb et de la grenaille tirés notamment avec des fusils de chasse.

    Début décembre, la police avait distribué des tracts appelant d'éventuels témoins de «coups de feu tirés contre des policiers» à témoigner anonymement et contre une rémunération.

    Selon des sources proches de l'enquête, au moins trois témoignages anonymes ont permis aux enquêteurs de cibler dans un premier temps deux frères, domiciliés à Villiers. Ils ont été surveillés, mais, selon ces mêmes sources, ces deux suspects, qui feraient partie des objectifs de l'opération de lundi matin, ont été très discrets.

    A deux reprises, les enquêteurs ont programmé cette opération, mais ont préféré surseoir «en attente d'éléments nouveaux et déterminants».

    «Mettez les moyens que vous voulez, ça ne peut pas rester impuni», avait lancé aux policiers, fin novembre, le président Nicolas Sarközy.

    Mais la montagne a accouché d'une souris!

  • Education nationale: "c'est criminel..."

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    Sarközy et Darcos le 31 janvier 2008

    Un lycéen sur deux ignorerait ce qu'est la Shoah. C'est en tous cas ce qu'a affirmé sur RTL le ministre de l'Education Xavier Darcos. Un sujet d'«inquiétude» qui justifie, selon lui, «l'intuition» présidentielle de confier aux élèves de CM2 la mémoire des enfants juifs déportés.

    «Ce qui m'inquiète moi, c'est que, aujourd'hui, au lycée, un élève sur deux ne sait pas ce qu'est la Shoah. Il est pour moi criminel que des adolescents ignorent ce qu'est la Shoah», a déclaré Xavier Darcos, en réponse aux inquiétudes d'enseignants et psychologues sur le traumatisme possible de la prise en charge par des 10-11 ans de la mémoire d'enfants morts.

    «Dès la rentrée prochaine nous allons proposer une démarche pédagogique pour répondre à l'intuition du Président de la République», a assuré le ministre, annonçant qu'il allait réunir «mercredi matin des responsables du monde de la Mémoire et des éducateurs» pour y travailler.

    Il a assuré avoir vouloir «associer» Simone Veil à cette préparation» : «Je prendrai son conseil sur la manière de faire évoluer les choses (...) nous allons faire que ce qui est proposé soit recevable, pédagogique et pas traumatisant».

    Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et ancienne déportée, avait jugé "inimaginable, insoutenable et injuste" la proposition de Nicolas Sarközy.



    "Pour l'instant les choses se présentent de manière un peu confuse et maladroite", a tout de même reconnu M. Darcos.

    (Le Parisien - 19.02.08)

  • Rama Yade: obsédée par la couleur de sa peau...

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    Au marché de Colombes

    Le candidat de la gauche aux municipales de Colombes (92), Philippe Sarre (PS), a dénoncé mardi des propos tenus par Rama Yade, numéro 3 de la liste UMP.

    Lors de cette réunion à Colombes samedi,  Rama Yade raconte sa version de sa visite improvisée en septembre dernier à des squatteurs qui avaient monté un campement en plein air à Aubervilliers, expulsés après que le maire eut obtenu de la justice qu'ils soient délogés. Cette démarche lui avait valu un rappel à l'ordre du Premier ministre François Fillon.

    «Je suis allée voir et j'ai découvert que le maire qui avait fait ça, c'était un maire communiste», explique la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme.


    «Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche qui s'en prend à moi, qui ne suis que numéro 3 de la liste, je le rappelle, qui s'en prend à moi parce que je suis noire», ajoute Mme Yade.

    Dénonçant des propos d'une «rare violence», Philippe Sarre «trouve désolant que l'UMP en soit rendue à ce niveau et qu'un membre du gouvernement de la République n'ait pas d'autres arguments à faire valoir en direction des Colombiens».

    «Il m'a par ailleurs été rapporté par des personnes présentes à cette réunion que Mme Yade s'était plainte du fait que la gauche à Colombes mettait en cause la validité de ses diplômes parce qu'elle était noire et que la gauche n'aimait pas que les noirs réussissent», ajoute encore M. Sarre, dans un communiqué.

    (Source Le Parisien 19.02.08)