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La vie criminelle de Bruno Cholet

Un petit homme «particulièrement violent», qui se dit lui-même «caractériel» : ainsi est apparu Bruno Cholet au fil de ses crimes et séjours en prison.

C'est peut-être la seule constante de son impressionnant parcours criminel : Bruno Cholet, chaque fois qu'il s'est trouvé confondu par les forces de l'ordre, a choisi de s'enfermer dans le silence. Toujours, l'homme a dédaigné de se défendre, comme indifférent à la perspective de retourner en prison. Parfois, il a même semblé s'en réjouir lorsque par exemple, devant une cour d'assises, il s'est vanté un jour : «J'ai quand même 32 ans et plus de 17 ans de prison.» Dans son dossier pénal, l'administration pénitentiaire a pris soin de préciser récemment que l'homme affiche «un caractère particulièrement violent et psychologiquement instable».

Né en avril 1957 à Épernay (Marne), Bruno Cholet a pour la première fois été condamné à une peine de prison ferme alors qu'il avait quinze ans à peine, pour un vol à main armée. Trois ans plus tard, en 1976, il «tombe» pour l'enlèvement et le viol d'une femme de 22 ans à Senlis (Oise) ainsi que pour un vol, qui lui valent six ans de prison.

Libéré en 1981, l'homme passe deux ans sans faire parler de lui puis replonge, fin 1983, pour le rapt et le viol d'une fillette de 12 ans. Le 7 décembre en fin de journée, Cholet, sans emploi et domicilié à Franconville (Val-d'Oise), a en effet enlevé la petite Virginie dans une rue de Senlis alors qu'elle rentrait chez elle après son cours de tennis. Sous la menace d'un revolver, il l'a forcée à monter dans sa voiture puis l'a conduite dans une forêt voisine pour abuser d'elle. Au moment de la ramener à son domicile, il a été repéré par le père qui l'a pris en chasse mais est parvenu à s'échapper avant de déposer sa proie devant l'hôpital d'Eaubonne. Deux jours plus tard, c'est finalement par hasard qu'il a été interpellé.

Résolument muet devant les policiers, Cholet finit par reconnaître les faits, de même qu'il admet avoir violé en 1983 une auto-stoppeuse de 21 ans qu'il a abandonnée, nue et ligotée, en forêt de Rambouillet. Lors de son procès devant la cour d'assises de Versailles, l'homme évoque, pour expliquer sa trajectoire malfaisante, une «enfance tumultueuse» et se définit comme «caractériel».

  Condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle, Bruno est sorti de prison en 1999 mais il a depuis lors été condamné pour divers délits. En 2000, il a ainsi comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir déclenché une fausse alerte à la bombe alors qu'il venait de manquer le train qui devait l'emmener chez ses parents, dans le Gers. Manque de chance : le ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, se trouvait à bord de la rame arrêtée si bien que la police antiterroriste a mis un soin tout particulier à trouver le plaisantin. En 2006, il a été condamné à trois ans de prison à Versailles pour un braquage commis l'année précédente.

Le 24 août dernier, enfin, Bruno Cholet a été condamné à huit mois de prison dont six avec sursis pour exercice illégal du métier de taxi. Récemment, ce petit homme rondouillard dont le regard noir perce au travers de lunettes rectangulaires travaillait en effet comme chauffeur dans le quartier de la gare du Nord. Depuis septembre, il habitait près de là, chez une amie tunisienne, Houda, docteur en sciences politiques (?) qui l'avait pris sous son aile. Vendredi dernier, l'homme a brusquement quitté le studio après s'être disputé avec elle, puis il a coupé son téléphone mobile. Muré, une nouvelle fois, dans le silence, il est ensuite parti en chasse.

(Le Figaro 28 avril 2008)

     

Commentaires

  • Cette amie qui l'hébergeait, c'est tout à fait le genre à la fois très intelligente pour les études, et en même temps naïve angélique et fière de l'être, qui aide des gens comme lui car :"Les pauvres, s'ils ont fait tout ça, c'est qu'ils ont eu une enfance malheureuse". Car ça m'étonnerait quand même qu'elle ait ignoré son passé. Si ça se trouve c'était sa visiteuse de prison avant qu'il sorte ? A côté de ça, des SDF très corrects ne trouveront personne pour les héberger. C'est révoltant.

  • @plumine: vous avez raison, cette femme qui l'avait pris sous son aile, c'est ce genre qui "comprend tout", excuse sans cesse... Mais des braves SDF, qui n'ont jamais fait de mal à une mouche, sont seuls dans la rue, dans le froid... C'est ça, l'injustice du monde, et la sottise compassionnelle de certaines intellectuelles...
    Merci pour votre commentaire intéressant.

  • en 1981, viol d'une fillette de 12 ans . Un individu capable de commettre un tel acte est un criminel en puissance. Ce qui prouve encore une fois que ce que l'on appelle "justice" est largement en dessous de tout .
    Quand à cette Franco-tunisienne, qui comprend tout et l'avait pris sous son aile ...bin voyons

  • Merci Gaëlle, de nous livrer ce remarquable article du figaro, qui veut certainement faire la pige à «l’immonde ». On apprend tout sur cet individu, sauf qui il est ! On ne peut pas suivre toutes ses exactions ni ses condamnations, si ce n’est que, sans se livrer à de fastidieux calculs, on constate aisément qu’il n’a jamais purgé toutes ses peines. Enfin, grâce au figaro, on sait que lui et sa compagne sont de grands intellectuels, docteurs ès machin-chose, et lecteurs de Marcel Aymé : lui, c’est une sorte de passe-muraille, car bien que ‘muré’, il est allé faire une partie de chasse.

  • Il semble bien qu'en France, entre criminels sadiques récidivistes et victimes, le choix soit fait depuis longtemps.
    Et toujours impossible de savoir à quoi il ressemble.
    Je trouve un Bruno Cholet ici:
    http://search.yahoo.com/search;_ylt=A0geu6tcMxdI82gAyR5XNyoA?p=bruno+cholet+photo&fr=yfp-t-501&ei=UTF-8&fp_ip=FR
    mais il est de couleur et semble être un sportif homonyme.
    Peut-être les journaux suédosi seront-ils plus ouverts.

  • Cher voyageur, il est sur le blog depuis quelques minutes! Photo du "Parisien", la seule trouvée!

  • Bravo chère Gaëlle ! Je desespérais qu'elle apparût un jour.

  • Cher voyageur, l'arrestation de ce Bruno Cholet commence à poser plus de questions que de réponses. Il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette affaire... me semble-t-il. Il faut absolument une réponse ADN pour être sûr qu'il est bien le meurtrier de Sussanna Zetterberg. Ce n'est pas lui le coupable pour la première Suédoise agressée et violée. Il reste encore bien des points obscurs. - Oui, enfin sa photo ce matin dans le Parisien! - Si des personnes le reconnaisssent et savent quelque chose à son sujet, elles doivent parler.

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