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  • Heureusement que Fillon ne gouverne pas!

    Annoncé mardi soir par le secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant, le remaniement voit l'arrivée de huit ministres. Voici la liste du nouveau gouvernement.

      - Jean-Louis Borloo, ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat

    - Michèle Alliot-Marie, ministre d'Etat garde des sceaux, ministre de la justice et des libertés

    - Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales

    - Xavier Darcos, ministre du Travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité

    - Eric Woerth, ministre du Budget, des comptes publics, de la fonction publique et de la réforme de l'Etat

    - Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, porte-parole du Gouvernement

    - Bruno Le Maire ministre de l'Alimentation, de l'agriculture et de la pêche

    - Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la communication ;

    - Michel Mercier, ministre de l'Espace rural et de l'aménagement du territoire

    - Henri de Raincourt, ministre auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement

    - Christian Estrosi, ministre auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi, chargé de l'industrie

    - Valérie Letard, secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie et du développement durable

    - Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Justice et des libertés

    - Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services et de la consommation, auprès de la ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi

    - Rama Yade, secrétaire d'Etat chargée des sports, auprès de la ministre de la santé et des sports

    - Hubert Falco, secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, auprès du ministre de la défense

    - Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la famille et de la solidarité, auprès du ministre du ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité

    - Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes

    - Nora Berra, secrétaire d'Etat chargée des aînés, auprès du ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité

    - Benoist Apparu, secrétaire d'Etat, chargé du logement et de l'urbanisme, auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie et du développement durable

    - Marie-Luce Penchard, secrétaire d'Etat chargée de l'outre-mer, auprès du ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales

    - Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale auprès du Premier ministre

    Par ailleurs, sont confirmés dans leurs fonctions:

    - Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes

    - Christine Lagarde, ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi

    - Patrick Devedjian, ministre auprès du Premier ministre, chargé de la mise en oeuvre du plan de relance

    - Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche

    - Hervé Morin, ministre de la Défense

    - Roselyne Bachelot, ministre de la santé et des sports

    - Eric Besson, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du développement solidaire

    - Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Economie, de l'Industerie et de l'emploi, chargé de l'emploi

    - Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat auprès du premier ministre, chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique

    - Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, ministre de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, chargé des Transports

    - Fadela Amara, secrétaire d'Etat auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville, chargée de la Politique de la Ville

    - Alain Marleix, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales, chargé de l'Intérieur et des Collectivités territoriales

    - Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi, chargée du Commerce extérieur

    - Alain Joyandet, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes, chargé de la Coopération et de la Francophonie

    - Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie auprès du ministre d'Etat, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer

    - Martin Hirsch, Haut-Commissaire auprès du Premier ministre aux Solidarités actives contre la pauvreté, à la Jeunesse et à la Vie associative

    Le Figaro - 23 juin 2009

  • Remaniement: les incrustés et les tocards

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    Frédéric Mitterrand, le neveu, "homosexuel assumé"...

    Nicolas Sarközy a procédé mardi à un remaniement en profondeur du gouvernement de François Fillon, marqué par un changement aux ministères clés de la Justice, de l'Intérieur, du Travail et de l'Education et l'arrivée surprise de Frédéric Mitterrand à la Culture.

    Au lendemain de son discours historique devant le Congrès, le chef de l'Etat a finalement choisi de redistribuer les principaux portefeuilles de l'équipe Fillon, alors que son entourage laissait entendre ces derniers jours qu'il ne procéderait qu'à un simple "réajustement" pour remplacer les nouveaux députés européens Michel Barnier et Rachida Dati.

    Programmée pour mercredi, l'annonce de ce gouvernement Fillon V, avec l'entrée de huit ministres ou secrétaires d'Etat et le départ de huit autres, a été faite mardi pendant les journaux télévisés de 20H00 sur le perron de l'Elysée par le secrétaire général de la présidence Claude Guéant.

    Ministre de l'Intérieur depuis mai 2007, Michèle Alliot-Marie est nommée Garde des Sceaux et prend du galon en recevant le titre de ministre d'Etat, jusque-là le seul apanage de son collègue Jean-Louis Borloo. Il reste numéro 2 du gouvernement et son ministère de l'Ecologie est élargi à la Mer, aux Technologies vertes et aux négociations sur le climat.

    Ministre du Travail depuis cinq mois, Brice Hortefeux, un fidèle de Nicolas Sarkozy, prend le fauteuil de Mme Alliot-Marie à l'Intérieur. C'est un autre poids-lourd du gouvernement, Xavier Darcos, qui lui succède rue de Grenelle.

    Pour compléter ce jeu de chaises musicales, le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel, considéré comme l'un des ministres préférés de M. Sarkozy, est promu à l'Education et reste porte-parole du gouvernement.

    L'entrée la plus spectaculaire, celle de Frédéric Mitterrand, a été confirmée par M. Guéant. Le nouveau promu avait lui-même annoncé sa nomination plus tôt dans la journée depuis Rome, où il avait déjà été nommé à la direction de la Villa Médicis par le chef de l'Etat.

    La gauche a minimisé l'arrivée auprès de Nicolas Sarkozy du neveu de l'ancien président socialiste François Mitterrand, qu'elle a qualifiée de "coup". Féroce, la numéro un du PS Martine Aubry a même assuré que M. Mitterrand n'avait "jamais été socialiste".

    Longtemps donné comme entrant, Claude Allègre (ex-PS) ne fait pas partie finalement du gouvernement.

    Promu également, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, devient ministre à part entière à la place de Michel Barnier à l'Agriculture. Il est remplacé par Pierre Lellouche, représentant spécial de la France pour le Pakistan et l'Afghanistan, qui entre pour la première fois dans un gouvernement.

    En tête de la liste des victimes de ce remaniement figurent la ministre de la Culture Christine Albanel, qui paie les ratés de la loi sur le téléchargement illégal sur internet, et celle du Logement Christine Boutin, représentante de la frange catholique sociale de la majorité.

    Autre disparition, celle du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Yves Jégo, à la veille du déplacement du chef de l'Etat aux Antilles. Très critiqué pendant la grève générale qui a paralysé les Antilles de janvier à mars, il est remplacé par la guadeloupéenne Marie-Luce Penchard, fille de la chiraquienne et ex-ministre Lucette Michaux-Chevry.

    Roger Karoutchi, chargé des relations avec le Parlement, est lui aussi débarqué, victime des récents "couacs" sur plusieurs projets de loi (Hadopi...). Il est remplacé par le président du groupe UMP au Sénat Henri de Raincourt, qui hérite du titre de ministre.

    Parmi les autres entrants, l'ancien trésorier du MoDem de François Bayrou, Michel Mercier (Espace rural et aménagement du territoire), le très sarkozyste député-maire de Nice Christian Estrosi (Industrie), et Nora Berra, un médecin issue de l'immigration fraîchement élue au Parlement de Strasbourg (Aînés).

    Malgré la dégradation de ses relations avec le président, Rama Yade reste au gouvernement mais aux Sports. Son très emblématique secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme a été supprimé.

    AFP. 23 juin 2009

  • Airbus: des signaux faibles, les boîtes noires pas encore localisées

    Les boîtes noires de l'Airbus d'Air France qui s'est abîmé dans l'Atlantique, n'ont pas encore été localisées, même si les équipes de recherches ont perçu des signaux faibles pouvant en émaner, ont annoncé mardi le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) chargé de l'enquête et les autorités françaises.

    "A ce jour, les enregistreurs de vol n'ont pas été localisés", a affirmé un porte-parole du BEA, en réponse à des informations de presse. Le BEA "communiquera aussitôt qu'il aura confirmation d'une information précise", a-t-il précisé.

    "Nous n'avons, pour l'instant, repéré aucun signal émanant de balises qui ait été validé", a également déclaré le directeur du BEA, Paul-Louis Arslanian, sur la radio RTL.

    "Il y a eu effectivement, et ce n'est pas la première fois, des signaux captés. Ca ne veut pas dire que ces signaux sont ceux des balises, ça demande une vérification, et comme à chaque fois, la vérification a commencé, a-t-il ajouté.

    Le ministre de la Défense Hervé Morin a indiqué à l'AFP que "des signaux acoustiques avaient été perçus le 20 juin par le sous-marin Emeraude", envoyé par l'armée française pour participer aux recherches.

    "Nous ne sommes pas en mesure de confirmer que ces signaux proviennent des boîtes noires de l'avion", a-t-il cependant ajouté lui aussi.

    Le BEA publiera "dans le courant de la semaine prochaine un premier rapport d'étapes", a rappelé son directeur.

    Le site internet du quotidien Le Monde avait affirmé mardi matin que les boîtes noires de l'Airbus Rio-Paris avaient été "repérées": fausse nouvelle. "Des bâtiments de la Marine française ont capté un "signal très faible émis par les balises de ces boîtes", affirmait le site d'information".

    Philippe Guillemet, commandant du navire scientifique français "Pourquoi pas" qui participe également aux recherches, a démenti formellement l'information et souligné qu'"on est toujours en phase de recherches", sur la radio Europe 1.

    L'avion Airbus A330 d'Air France assurant la liaison entre Rio de Janeiro et Paris a disparu au large des côtes brésiliennes dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009. Les précieux enregistreurs de vol émettent en principe un signal pendant un mois.

    La recherche des deux boîtes noires mobilise le sous-marin nucléaire français Emeraude, deux remorqueurs de haute mer tirant des sonars au fond de l'eau, ainsi que le navire d'exploration sous-marine "Pourquoi pas" équipé du sous-marin Nautile et d'un robot.

    Les débris de l'avion retrouvés ces dernières semaines se situent dans une zone où la profondeur est évaluée entre 3.000 et 5.000 mètres, et dont le relief sous-marin complique les recherches.

    AFP. 23 juin 2009

  • Occident, médias et terroristes sont derrière les troubles et les émeutes

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    Kouchner est visé

    Téhéran accuse les "agents étrangers", les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, les médias occidentaux et les "terroristes" d'être les vrais responsables des troubles qui secouent l'Iran depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad.

    Dernière "victime" en date de cette offensive, le correspondant permanent de la BBC britannique, Jon Leyne, a reçu l'ordre dimanche de quitter le pays sous 24 heures.

    Mercredi, le ministère des Affaires étrangères avait accusé des médias occidentaux non identifiés d'être les "porte-parole" des "émeutiers" et averti que ces "ennemis" seraient mis "échec et mat".

    La diplomatie iranienne se mettait ainsi au diapason du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, du président Mahmoud Ahmadinejad et du chef adjoint de la police Ahmad-Reza Radan, qui avaient mis en cause la presse internationale dans les manifestations.

    Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hassan Ghashghavi est allé dimanche jusqu'à qualifier la Voix de l'Amérique, la radio financée par le Congrès américain, et la BBC britannique de "poste de commandement des émeutes".

    L'Iran a aussi très mal pris les critiques croissantes des pays occidentaux sur le déroulement du scrutin et la répression des manifestations.

    Le président Mahmoud Ahmadinejad a "recommandé" dimanche à Washington et Londres de "corriger leur position d'ingérence".

    Téhéran avait fait part de son déplaisir en convoquant en milieu de semaine les ambassadeurs de France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, ainsi que de Suisse qui représente les intérêts américains.

    Vendredi, l'ayatollah Ali Khamenei a assuré que "les diplomates de plusieurs pays occidentaux qui nous parlaient jusqu'ici avec un langage diplomatique ont montré leur vrai visage, en premier lieu le gouvernement britannique". La foule assistant à son prêche lui a répondu par "A bas la Grande-Bretagne".

    Pour enfoncer le clou, le ministre des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a convié dimanche matin le corps diplomatique pour lui exposer, sous l'oeil de la télévision iranienne, que "la Grande-Bretagne a comploté contre l'élection présidentielle depuis plus de deux ans".

    Le ministre a expliqué par exemple que "des éléments liés aux renseignements britanniques étaient arrivés en masse avant l'élection présidentielle", selon la traduction en anglais fournie par la chaîne de télévision Press-TV.

    Il a appuyé ce propos en affirmant que, pour s'adapter à cet afflux de voyageurs, la compagnie aérienne assurant la ligne Londres-Téhéran avait dû avoir recours à un avion plus gros "de type 747".

    La France n'a pas été oubliée, M. Mottaki qualifiant d'"irresponsable" des propos de son homologue Bernard Kouchner, et demandant à cet effet des excuses de Paris. Le ministre avait évoqué une "expression de révolte démocratique" pour parler des manifestations de l'opposition.

    Les autorités ont aussi ranimé le spectre du terrorisme depuis quelques jours en diffusant sur les télévisions publiques des reportages sur les Moudjahidine du peuple (OMPI), la principale force d'opposition, en exil.

    Le guide suprême avait averti vendredi que des agents pourraient "se cacher dans les rangs du peuple pour commettre un acte terroriste".

    Les autorités ont fait état le lendemain d'un attentat suicide survenu au mausolée de l'imam Khomeiny, à Téhéran, dont l'auteur serait mort en faisant trois blessés.

    Dimanche, le ministère des Renseignements a annoncé l'arrestation d'un "certain nombre d'hypocrites (nom donné par l'Iran aux membres de l'OMPI) entraînés au camp d'Achraf en Irak et entrés en Iran pour y mener des actions terroristes".

    La télévision a ensuite montré des aveux publics de personnes au visage flouté qui assuraient avoir été entraînés et commandés avec le soutien de la Grande-Bretagne.

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    Policiers anti-émeutes à Téhéran le 23 juin 2009
  • L'Iran: l'élection présidentielle ne sera pas annulée

    Le pouvoir iranien a exclu mardi l'annulation de la présidentielle contestée du 12 juin et annoncé que le nouveau président et son gouvernement allaient être investis entre le 26 juillet et 19 août.

     
    Depuis dix jours, cette annulation était exigée, à travers des manifestations qui ont fait au moins 17 morts, une centaine de blessés et des centaines d'arrestations, par l'opposition menée par Mir Hossein Moussavi, arrivé deuxième au premier tour de la présidentielle.

    "Lors de la récente élection présidentielle, nous n'avons constaté aucune fraude ou infraction majeure. Par conséquent, il n'y pas de possibilité d'une annulation" du scrutin, a déclaré le porte-parole du Conseil des Gardiens de la constitution, Abbas Ali Kadkhodaie, cité par la télévision en langue anglaise Press TV.

    L'organe, chargé de superviser toutes les élections en Iran, a en outre affirmé qu'"aucune des plaintes des candidats n'avait été acceptée par le Conseil", selon le quotidien gouvernemental Iran.

    Dès vendredi, le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a le dernier mot dans les grandes affaires du pays, avait fixé la ligne en affirmant que le président Mahmoud Ahmadinejad avait remporté le scrutin avec 24,5 millions de votes et que l'écart de 11 millions de voix le séparant de Mir Hossein Moussavi excluait toute fraude.
    AFP 23 juin 2009
  • Elles portent la burqa parce qu'elles "le valent bien"!

    Le gouvernement n'exclut pas de légiférer sur le port de ce voile, dont les adeptes en France sont souvent jeunes et proches du mouvement salafiste qui prône un islam rigoriste.

    Si certaines femmes souffrent de ce voile qui les ensevelit de la tête au pied, «la majorité a volontairement adopté cette tenue», tranche Bernard Godard, spécialiste de l'islam (1). «Beaucoup ont la nationalité française. Et l'on compte pas mal de converties dans leurs rangs», ajoute cet ancien du Bureau des cultes au ministère de l'Intérieur. «Elles deviennent salafistes comme on entre dans une secte», poursuit-il.

    Les salafistes, tenant d'un islam radical, restent minoritaires en France. Ils seraient entre 30 000 et 50 000. Mais ils progressent régulièrement, dopés par leur opposition à l'Occident. Un fondamentalisme qui, comme le tabligh, attire justement des jeunes en mal d'absolu, dont des femmes. Comme dans les sectes, leurs membres passent des heures à peaufiner les règles, à revoir les sourates, mais aussi les milliers de hadiths, ces paroles rapportées du Prophète qu'ils entendent respecter à la lettre. Or ces hadiths sont aussi riches que contradictoires.

    Majoritaire en France, l'islam malékite ne prescrit pas de voile intégral. Ce grand voile n'appartient ni aux obligations religieuses classiques ni aux traditions du Maghreb. Pourtant, seul le recteur de la Grande Mosquée de Paris, qui dépend de l'Algérie, s'est clairement prononcé contre ce niqab. Les autres mouvements paraissent gênés, analyse-t-on à la Direction centrale du renseignement intérieur, car ils composent avec une frange fondamentaliste en leur sein.

    Surenchère religieuse

    À mesure que le salafisme se propage, le profil de ces femmes se diversifie. Beaucoup font de leur surenchère religieuse un élément de distinction dans leur famille, dans leur milieu. Telle Sofia, étudiante en physique-chimie à Paris-VII, titulaire d'un bac mention bien, qui apparaissait toujours entièrement voilée dans l'amphithéâtre de sa faculté, suscitant le malaise des professeurs. Après avoir décroché une très bonne note de soutenance, elle a obtenu un stage dans la prestigieuse maison Chanel, rêvant de travailler dans la cosmétique.

    Tout aussi sophistiquée, la chevelure blonde parfaitement brushée, «Delphine-Aïcha», mère de quatre enfants, aime provoquer : «Vous pensiez que j'avais les cheveux gras ? J'ai une copine coiffeuse qui vient à domicile !» Née catholique dans la classe moyenne de la région parisienne, elle fait partie des nombreuses converties qui cher­chaient «un sens à la vie». «Bien sûr, j'ai d'abord rencontré un musulman. Mais c'est moi qui ai évolué vers plus d'islam, par foi», raconte-t-elle. Du foulard, au hidjab, puis au niqab. Per­dant au passage l'appui de ses pa­rents «qui n'acceptent pas ma te­nue», elle chérit d'autant plus «la solidarité» de ses nouvelles «sœurs».

    Karima, elle, a grandi aux Courtilles, une cité de Saint-Denis. Après une adolescence banale, jean moulant, boucles d'oreille et flirts, elle rate son BEP, commence des ménages, sent sa vie se faner dans la cité, l'horizon se rétrécir. Amoureuse d'un voisin retourné vers l'islam, elle accepte de le suivre dans son fondamentalisme. Du foulard à la tenue intégrale, en quelques années. À cette époque, elle ne sort plus qu'avec lui, uniquement pour promener les enfants. Qui ne fréquentent pas l'école maternelle publique, jugée koufar (mécréante), mais une crèche salafiste semi-clandestine. À la maison, les poupées des petits ont le vi­sage brûlé, car on ne doit rien représenter… Deux ans plus tard, partie vivre en Algérie, Karima ne cache pas sa souffrance car son mari va prendre une deuxième épouse.

    (1) Auteur de Musulmans de France, éditions Robert Laffont, 2007

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    Nadine Morano fustige le port du voile intégral "au nom de la dignité de la femme" sans toutefois se prononcer clairement pour une loi l'interdisant...

    Le Figaro - 19 juin 2009

  • Azam, une jeune Iranienne de 21 ans

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    Azam et son mari
    "Ahmadinejad est un homme du peuple, je me reconnais en lui"
    (Cliquez sur la photo pour la voir en totalité)

    TEMOIGNAGE - Deux jeunesIraniens nous racontent leur quotidien à Téhéran depuis l'annonce des résultats du scrutin présidentiel. Azam a 21 ans. Elle est étudiante en théologie et soutient le président.

    «Vivement que notre pays retrouve un semblant d'ordre. J'espère que l'intervention du guide suprême, à la grande prière du vendredi, va pousser les manifestants à accepter les résultats du vote. Ses paroles sont sacrées. Il faut les respecter. Dans mon quartier, au Sud de Téhéran, ils ont brûlé des abris de bus, des motos. Ça perturbe notre quotidien. Nous essayons cependant de conserver un semblant de normalité. Les opposants appellent à une grève générale, mais mon mari garde sa petite épicerie ouverte. La semaine dernière, à l'université, on était en pleine période d'examen. Sur 25 étudiants, nous n'étions que 7 à répondre à l'appel. D'habitude, je me déplace en bus - c'est moins cher -, mais par sécurité, je prends désormais des taxis. Mardi, je n'ai malheureusement pas eu le temps d'aller au grand rassemblement organisé par Mahmoud Ahmadinejad, sur la place Vali-Asr. Ma belle-mère y était. Il y avait foule.

    Ça me fait du mal quand j'entends les supporteurs de Moussavi le critiquer. Dans ma famille, nous avons tous voté pour Ahmadinejad. C'est un homme pieux, un homme du peuple. Il n'est pas corrompu, comme Rafsandjani. Je me reconnais dans ses paroles. Comme lui, nous venons de la campagne. Grâce aux efforts de son gouvernement, notre village d'origine, près d'Ispahan, dispose enfin de l'accès au gaz.

    Lorsque je me suis mariée, il y a un an et demi, j'ai bénéficié d'un prêt à taux zéro dispensé aux jeunes couples, d'un montant d'environ 2 000 euros. Mon mari - un cousin lointain - a eu droit à une somme équivalente. Ça nous a permis de financer une partie de la fête, d'acheter quelques meubles, un frigo, un aspirateur et une machine à coudre.

    «C'est notre droit divin d'avoir accès au nucléaire »

    Pendant la campagne, j'ai regardé les débats télévisés entre les différents candidats. Nous n'avons pas le satellite. L'actualité, nous la suivons sur la télévision d'État. Quand Ahmadinejad intervient, j'essaye de l'écouter, surtout quand il parle du nucléaire. C'est notre droit divin d'avoir accès à cette technologie. Je pense qu'il a raison de se méfier de l'Amérique. D'Obama, je ne sais pas grand-chose, mais je me souviens d'une émission, où on le montrait avec son nouveau chien. N'a-t-il pas mieux à faire, en tant que président, que de jouer avec son animal domestique ? Les gens qui sont trop influencés par la culture américaine sont superficiels.

    Sous la présidence de Khatami (1997-2005), les jeunes ont commencé à fréquenter les nouveaux cafés branchés de la capitale. C'est une perte de temps. En 2005, Ahmadinejad a essayé de mieux faire respecter notre morale islamique. Mais les filles de mon âge aiment continuer à provoquer avec leur maquillage et leurs manteaux courts. Elles aiment se mêler aux garçons de leur âge. Moi, je ne me sens pas à l'aise avec ces gens-là. À la fac, où j'étudie la théologie, je fais partie de l'équipe féminine de football. Quand je sors dans la rue, mon tchador me protège. Le soir, nous restons à la maison avec mon mari. Et nous prions pour que le calme revienne au plus vite.

    Le Figaro - 19 juin 2009