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  • Une BD pour sauver la Mémoire chez les jeunes

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    Photos non datées d'Edek Galinski
    (Cliquez sur la photo pour la voir en entier)

    Une bande dessinée historique sur la passion d'une Juive et d'un Polonais et leur tragique évasion d'Auschwitz paraît en Pologne, première d'une série documentée en polonais et anglais sur le camp allemand de la mort. Son but: éveiller l'intérêt des jeunes pour l'Holocauste.

    "Il nous semble que l'histoire des camps n'est pas suffisamment transmise aux jeunes générations et, qui plus est, rarement de façon intéressante pour un jeune", a déclaré Beata Klos, co-éditrice d'"Un amour dans l'ombre de la mort".

    Ce premier numéro raconte le drame d'Edward (Edek) Galinski, un Polonais non juif déporté dans un des premier transports pour Auschwitz en 1940, et de Mala Zimetbaum, une Juive polonaise prise en 1942 dans une rafle en Belgique.

    La connaissance de nombreuses langues a sauvé Mala des chambres à gaz et elle utilise son statut privilégié pour aider les autres.

    Edek organise leur fuite le 24 juin 1944 avec la complicité d'un SS, Allemand de Pologne, Edward Lubusch. Ils sont repris le 6 juillet, exécutés publiquement dans le camp en août. Elle a 26 ans, lui 21.

    Mala trouvera le moyen de se trancher les veines et d'assainer (sic) une gifle ensanglantée à son bourreau. L'héroïsme d'Edek fera se découvrir les détenus présents à sa pendaison, provoquant l'ire des geôliers.

    L'historien d'Auschwitz Adam Cyra a vérifié les moindres détails de la vie du camp pour la BD avec l'ancien prisonnier Kazimierz Smolen.

    Le dessin au trait rapide, peu soigné, n'épargne pas le lecteur: piles de corps nus décharnés, sadisme des gardiens. Le livre est déconseillé aux moins de 16 ans. Les beaux yeux sombres de Mala adoucissent l'image et évoquent l'humanité qu'ont su faire triompher dans leurs coeurs et leurs actes les trois héros: la Juive, le Polonais, l'Allemand.

    "Il faut voir avec quelle noblesse se sont comportées ces trois personnes!", s'exclame M. Cyra. "Je suis heureux que tant que je vis des gens abordent le thème du camp et veuillent dire à son sujet la vérité. Les éditeurs font bien de s'adresser à des témoins vivants", se félicite M. Smolen sur un site internet.

    "Toute l'histoire est basée sur des faits absolument réels (...) beaucoup de récits d'anciens prisonniers. C'est uniquement pour cela qu'on a accepté de le distribuer", a expliqué le directeur du Musée d'Auschwitz, Piotr Cywinski.

    "70% de nos visiteurs sont des jeunes. Il est difficile de les attirer avec des gros livres d'histoire", dit-il.

    "De tels livres gagneront certainement beaucoup plus de jeunes qu'un ouvrage classique et, s'ils sont bien faits, ils ont une immense valeur morale et éducative", a dit le grand rabbin de Pologne Michael Schudrich, en découvrant la BD.

    "Le message principal est que l'Holocauste avait pour but de tuer chaque Juif mais aussi que le régime nazi voulait écraser toute opposition, anéantir des peuples. Les Juifs étaient les premiers sur la liste du génocide mais les Polonais venaient après: Juifs, Roms puis Polonais", a-t-il ajouté.

    "Beaucoup de gens ne savent pas qu'à peu près le même nombre de Juifs polonais que de Polonais non juifs ont été assassinés, ce sont les pourcentages qui diffèrent: 90% des Juifs de Pologne d'un côté, 10% de la population polonaise de l'autre", précise le grand rabbin.

    Outre des travaux de M. Cyra, Edek et Mala ont fait l'objet de films et de livres dont "Annus Mundi" de Wieslaw Kielar, camarade d'Edek, ou "Mala, une femme juive héroïque dans le camp d'Auschwitz-Birkenau" de Gérard Huber. Ce premier de la série "Episodes d'Auschwitz" paraît en 2.000 exemplaires en polonais, autant en anglais. Le prochain parlera du résistant polonais Witold Pilecki qui s'est fait volontairement interner à Auschwitz et a informé les alliés des atrocités. Les éditeurs ont créé un site: www.episodesfromauschwitz.pl.

    AFP. 24 juillet 2009
  • Barack Obama ranime la tension raciale après l'arrestation d'un ami noir...

    Barack défend son ami noir.jpg
    Barack Hussein Obama le 23 juillet 2009 à Chicago
    Qui est RACISTE?

    Barack Obama a ranimé la tension raciale qu'il s'emploie habituellement à contenir en qualifiant de "stupide" l'attitude de la police qui a arrêté la semaine dernière un ami et éminent universitaire noir.

     

    Sur les télévisions ou dans les blogs, partout était posée jeudi la même question: le premier président noir des Etats-Unis est-il allé trop loin mercredi soir quand il s'en est pris, devant des millions de téléspectateurs, à la police de la petite ville de Cambridge (Massachusetts, nord-est), pour l'arrestation de Henry Louis Gates Jr. alors que, de son aveu même, M. Obama ne disposait pas de tous les éléments du dossier ?

    M. Gates, spécialiste des questions africaines et afro-américaines à la prestigieuse université Harvard et ami de longue date de M. Obama, a été arrêté la semaine dernière après avoir enfoncé la porte de son domicile parce qu'il ne retrouvait pas ses clés à son retour de voyage. La police avait été alertée par une voisine croyant à un cambriolage.

    Les faits varient sensiblement selon qu'ils sont rapportés par M. Gates ou par celui qui l'a arrêté, le sergent James Crowley. M. Gates dit avoir été victime d'un comportement raciste. M. Gates a été conduit au poste parce qu'il s'est comporté grossièrement, assure le policier.

    "Je ne connais pas tous les faits", a reconnu M. Obama lors d'une conférence de presse mercredi. Mais "la police s'est conduite de manière stupide en arrêtant quelqu'un alors que la preuve était faite qu'il était chez lui", a-t-il dit.

    Une telle arrestation illustre l'importance que continue à revêtir le facteur racial aux Etats-Unis, malgré les progrès accomplis, dont il est la preuve vivante, a dit M. Obama qui, au cours de sa campagne et depuis son investiture, a observé une certaine réserve sur la question.

    Pour le sergent Crowley, qui se décrit comme un partisan de M. Obama, celui-ci est "à côté de la plaque".

    Le policier ne savait pas, quand il est arrivé au domicile de M. Gates, s'il avait affaire au propriétaire ou à un criminel, puis, quand M. Gates a justifié de très mauvais gré de son identité, si un cambrioleur ne se trouvait pas à l'intérieur, a-t-il rapporté.

    M. Gates a été arrêté pour trouble à l'ordre public, charges abandonnées cette semaine. Il juge l'incident exemplaire de la manière dont la police traite les Noirs et a réclamé des excuses. "Il n'y aura pas d'excuses de ma part, je n'ai rien fait de mal", a répondu le sergent Crowley, jugeant "ridicule" l'accusation de racisme.

    Sur l'internet, on se demandait si l'on était en présence d'une manifestation de racisme ou qui était le raciste dans l'affaire.

    Le policier a reçu le soutien de nombreux collègues, inquiets de l'atteinte portée par M. Obama à leur image.

    Dans un entretien accordé à la chaîne ABC, M. Obama s'est dit "surpris de la controverse". Il a vu dans ses déclarations un "commentaire assez direct sur le fait qu'on n'a probablement pas à menotter un gars, un homme d'âge mûr qui se sert d'une canne et qui en plus est chez lui". Au moment où le pays est en proie à la guerre et à la crise, "il est absurde d'arrêter un type à son propre domicile quand il ne provoque pas de trouble grave", a-t-il dit selon des propos publiés sur le site de la chaîne.

    Le gouverneur du Massachusetts, Deval Patrick, a pris la défense de l'universitaire et évoqué sa propre expérience des interpellations policières. "C'est le cauchemar de tous les Noirs et la réalité que vivent de nombreux Noirs", a-t-il dit.

    AFP. 24.07.09