C’est une petite boîte métallique ronde qui s’est révélé un indice capital. Les meurtriers présumés de Raymond Deminier, un septuagénaire battu à mort dans sa ferme isolée de Tersannes (Haute-Vienne) le 23 juin, ont été en partie trahis par une boîte de Cachou abandonnée sur les lieux de leur crime.
La découverte de cet indice a permis, entre autres, aux gendarmes de la section de recherches (SR) de Limoges de remonter jusqu’aux deux jeunes suspects incarcérés hier.
Elevant quelques moutons, Raymond Deminier, 72 ans, vivait seul dans cette ferme installée à l’écart du bourg. Ce n’est que le 26 juin qu’un employé du propriétaire de la bâtisse avait découvert sa dépouille. La pièce principale était en désordre et son corps portait de nombreuses traces de coups au visage. Sur place, les gendarmes procèdent à un examen minutieux de la scène de crime. « En découvrant une boîte de Cachou, un enquêteur s’est souvenu qu’il avait déjà trouvé trois jours auparavant une boîte similaire dans une voiture volée et calcinée. Comme c’était assez incongru, il a fait le rapprochement », relate une source proche du dossier. A partir de cette piste et en procédant à une vaste enquête de voisinage, les gendarmes ont finalement réussi à retracer le fil de cette funeste nuit du 22 au 23 juin.
Ce soir-là, les deux suspects, deux gitans sédentarisés âgés de 20 et 26 ans, commencent par voler un véhicule. « Ils se sont ensuite rendus dans cette ferme isolée où ils pensaient trouver de l’argent, détaille un enquêteur.
Avec un pied-de-biche, ils ont torturé la victime avant de l’achever en lui assénant plusieurs coups sur le crâne. » Guère perturbés, les deux jeunes délinquants se rendent ensuite dans le village voisin du Dorat (Haute-Vienne) où ils fracturent une bijouterie. Là, ils abandonnent leur véhicule celui avec la boîte de Cachou à bord avant d’en voler un second qui sera, lui aussi, retrouvé brûlé à La Souterraine (Creuse). L’enquête mène alors les gendarmes vers le camp de gitans sédentarisés de La Souterraine où ils effectuent un coup de filet mercredi.
Les deux suspects font partie des personnes interpellées. Dans un lac voisin, ils découvrent également l’arme du crime.
Face aux enquêteurs, l’un des suspects a avoué. Tous deux étaient déjà connus pour des faits de vols avec violence. « Ils ne sont pas vraiment traumatisés », souffle un enquêteur. Hier, ils ont été mis en examen pour vol avec violence ayant entraîné la mort.
Par ailleurs, cette affaire évoque l’assassinat, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, de Maurice Fournier, un retraité de 80 ans mortellement frappé dans sa ferme de Neuvy-Saint-Sépulchre (Indre). « Il n’y a aucun élément matériel qui permet de relier les deux dossiers mais nous travaillons évidemment avec nos collègues de la SR de Bourges, prévient le lieutenant-colonel Jean-Michel Lacan, le patron de la SR de Limoges. Le profil des victimes, le mode opératoire et le préjudice sont semblables. Qui plus est, les lieux ne sont distants que de 85 km. Nous allons donc examiner cette piste. »
Le parisien - 25 juillet 2009







