04/11/2009
"Les nouveaux Grands Maîtres de la Littérature" : Suite...
Le prix Médicis 2009 du roman a été attribué mercredi au Canadien d'origine haïtienne Dany Laferrière, écrivain de l'exil et de l'espace nord-américain, pour "L'énigme du retour" (Grasset).
Dany Laferrière a été récompensé au 1er tour par 4 voix contre une à Alain Blottière pour le "Le tombeau de Tommy" (Gallimard) et une à Justine Lévy pour "Mauvaise fille" (Stock), a annoncé le jury.
Le Médicis du roman étranger a été décerné à l'Américain Dave Eggers pour "Le grand quoi" (Gallimard) au 1er tour et à l'unanimité. Le Médicis Essai a récompensé Alain Ferry pour "Mémoire d'un fou d'Emma" (Seuil), également au 1er tour.
Né en 1953 à Port-au-Prince, Dany Laferrière vit entre Montréal et Miami. "C'est un prix qui va bien à ce livre d'une forme un peu particulière, sans grand épanchement", a-t-il souligné après avoir été distingué pour ce roman dans lequel il mêle ses propres poèmes.
D'abord journaliste en Haïti, Laferrière a quitté l'île en 1974 pour s'installer au Québec après l'assassinat d'un ami journaliste par les hommes de main du dictateur Jean-Claude Duvalier. Son premier roman, "Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer", paru en 1985, a été traduit dans plusieurs langues et adapté au cinéma.
A la fois romancier, poète, scénariste et cinéaste, Dany Laferrière a publié depuis une vingtaine de livres, dont "Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ?", prix RFO 2002, et "Vers le sud" (2006), également adapté au cinéma.
Dans "L'énigme du retour", l'auteur retourne en Haïti à la suite de la mort de son père, exilé lui-même dans les années 1960 par le dictateur Papa Doc, le père de Jean-Claude Duvalier. Une fiction dont le titre fait référence au livre de l'écrivain britannique V.S. Naipaul, "L'énigme de l'arrivée". "Les seules subventions que nous avons eues sous les deux Duvalier, c'était quand le dictateur ne nous mettait pas en prison", a souligné Dany Laferrière à propos des écrivains haïtiens.
Pour Charles Dantzig, son éditeur chez Grasset, Laferrière est "un écrivain de forme et de recherche, mais qui n'est pas là pour exhiber ses muscles littéraires, il a une grande élégance de forme".
Le secrétaire d'Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet s'est réjouit de l'attribution du Médicis à Laferrière le qualifiant de "virtuose de la langue française" qui prouve que "la littérature française est une littérature-monde qui a une portée universelle ".
Lauréat du Médicis étranger, Dave Eggers, 39 ans, a écrit "Le grand quoi" à partir du récit d'un enfant soudanais contraint de fuir les milices armées de Khartoum parmi des milliers de gamins. Après dix ans dans des camps de réfugiés, Valentino finit par obtenir un visa pour les Etats-Unis où il découvre d'autres formes de racisme et de violence.
"Le livre est bâti sur de constants allers-retours entre la violence à New-York et la tragédie au Soudan. C'est à la fois un témoignage d'une grande authenticité et un grand roman", résumait la romancière Christine Jordis.
La saison des prix se poursuivra lundi avec l'attribution du Femina.
P/O Gaëlle Mann - AFP Le 4/11/2009
22:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
Euro Disney recrute blanc
Interrogée par l'AFP, la direction d'Eurodisney a confirmé la visite d'un huissier, expliquant qu'il est venu "prendre connaissance du fichier du personnel et du site internet du recrutement" afin de déterminer "s'ils comportent des informations ou des classifications ethno-raciales".
"L'huissier a pu constater que nous n'avons aucun document comportant de telle catégorie ou information" et "l'ensemble des éléments demandés a été communiqué, nous n'avons rien à cacher", a poursuivi la direction
La justice avait ordonné le 28 octobre une saisie d'huissier, pour permettre à SOS Racisme de prouver ses accusations, tout en "émettant les plus expresses réserves sur la pertinence du raisonnement factuel et juridique" de l'association, selon le texte de son ordonnance.
Selon un rapport de SOS Racisme sur des pratiques discriminatoires d'entreprises, l'association a découvert, à la suite de témoignages de salariés d'Adecco-Restauration, prestataire d'Euro Disney, que "dans le bilan social 2007, les salariés sont classés suivant des catégories suivantes: "Afrique hors Maghreb", "Afrique Maghreb", "Autres antilles", "Europe (Ouest) dont français".
Selon SOS Racisme, "pour Disney, l'essentiel de la clientèle est européenne, en conséquence les salariés +cast members+ doivent être majoritairement européens".
L'association de lutte contre le racisme s'alarme aussi du fait que lors de la création d'un CV sur le site de l'entreprise, il est demandé de remplir une case "pays" qui, outre la France, peut être la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion, la Polynésie française, la Guyane et la Nouvelle Calédonie, des départements et territoires français d'outre-mer.
Dans un rapport rendu public mercredi, l'association appelle à renforcer la lutte contre le délit de fichage à caractère ethno-racial et dénonce le manque de collaboration des autorités, ainsi que la notion de statistiques ethniques.
Le rapport rappelle que le fichage ethno-racial est depuis 1978 illégal en France et passible de 5 ans de prison et d'amendes allant de 300.000 euros à 1,5 million d'euros.
Le délégué interministériel à l'Outre-mer Patrick Karam a affirmé mercredi qu'il fallait faire reculer le sentiment d'impunité face au délit de fichage ethnique après la remise de ce rapport.
"Il faut faire reculer le sentiment d'impunité car tant que les entreprises auront le sentiment qu'elles ne risquent rien, certaines continueront", a déclaré Patrick Karam, délégué à l'égalité des chances pour les Français d'Outre-mer.
Dans son rapport qu'il lui a remis, SOS Racisme recense une quinzaine de dossiers où l'association a constaté la constitution de fichiers à caractère ethnique, racial ou géographique.
"L'arsenal judiciaire est complet et suffisant, ce qui manque c'est la volonté", a poursuivi M. Karam qui doit remettre des préconisations à Nicolas Sarkozy. "Il faut une intervention au sommet de l'Etat, il faut mieux faire connaître cette loi sur le fichage ethnique, tout doit commencer par les procureurs, les policiers et les juges", a-t-il dit.
P/O Gaëlle Mann - AFP Le 4/11/2009
22:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
EPR : Un futur Tchernobyl ?
Les autorités de sûreté nucléaire britannique, française et finlandaise ont demandé aux exploitants et à Areva «d'améliorer la conception initiale de l'EPR» du point de vue de la sécurité.
L'EPR, le réacteur de troisième génération, actuellement en construction en France et en Finlande, est sous surveillance. Voici le message, fort, qu'ont voulu faire passer ce lundi les trois autorités de sûreté nucléaire, française, britannique et finlandaise.
Dans un communiqué commun, ces instances réclament une amélioration de la conception initiale du réacteur, notamment du point de vue de la sécurité. Sont concernés par cette demande aussi bien le fabricant du réacteur, le français Areva, que les différents exploitants de cette centrale nucléaire du futur, à commencer par EDF. Tandis que le premier a sous sa responsabilité le chantier finlandais d'OL3, le second conduit le projet de Flamanville, dans la Manche.
Les inquiétudes des autorités de sûreté portent sur le système de sécurité utilisé pour piloter le réacteur en cas d'incident ; ainsi que sur son indépendance vis-à-vis du mécanisme de contrôle en fonctionnement normal.
Face aux inquiétudes soulevées par les autorités de sûreté, Areva a aussitôt réagi. «Cette démarche de dialogue permanent entre les exploitants, les constructeurs et les autorités de sûreté fait partie intégrante du processus de certification et de construction des nouveaux réacteurs», souligne le groupe français, leader mondial du nucléaire. Et d'ajouter que «la sûreté du réacteur EPR n'est pas mise en cause et que le groupe travaille actuellement avec les autorités de chaque pays afin d'apporter des adaptations qui répondent aux exigences locales». Pour le groupe français, les choses sont bien claires : la pérennité de l'EPR n'est en aucun cas menacée, ni même la conception initiale de la centrale.
Interrogé également, EDF s'est engagé à ce que toutes les réponses soient apportées à l'Autorité de sûreté française avant la fin de l'année. L'électricien tricolore a également précisé que ces demandes ne remettraient pas en cause le calendrier prévisionnel de l'EPR de Flamanville, qui doit être opérationnel à l'horizon de 2012.
Défi industriel
Mardi, les Verts et le Parti socialiste ont demandé une commission d'enquête parlementaire sur la sûreté nucléaire. La secrétaire nationale du PS à l'énergie, Aurélie Filippetti a également réclamé un «débat national» sur ce sujet. Parmi les opposants déclarés au programme EPR, le réseau Sortir du nucléaire, qui fédère plusieurs associations, a demandé, ce lundi, l'arrêt définitif du chantier EPR en cours à Flamanville. Ainsi que l'annulation du projet de deuxième EPR, à Penly, en Seine-Maritime. «Ce ne serait d'ailleurs pas un précédent : plusieurs réacteurs en construction ou même déjà achevés ont été abandonnés dans différents pays», souligne l'association.
À travers l'EPR, c'est la relance du nucléaire qui figure en toile de fond. Et, avec elle, tout simplement le plus gros défi industriel qui attend EDF au cours des prochaines années. Car les enjeux financiers sont énormes, avec plusieurs pays cibles pour accueillir des chantiers hors normes.
En France comme en Finlande, où les prototypes de l'EPR sont actuellement en cours de construction, EDF et Areva ont été contraints de revoir les coûts à la hausse. Pour le chantier finlandais en particulier, Areva a été contraint de passer des provisions à de nombreuses reprises. Alors qu'en 2005 le coût initial du projet de réacteur de troisième génération était estimé à 3,3 milliards d'euros, il dépasserait désormais les 5 milliards d'euros.
Ce ne sont pas les inquiétudes des autorités de sûreté qui risquent de faire diminuer la facture. Mais pour ces instances, l'argent importe peu, seule compte la sécurité.
P/O Gaëlle Mann - Le Figaro AFP 4/11/2009
22:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
E.U. : Le Maine rejette le mariage entre homosexuels
En rejetant par référendum le mariage homosexuel mardi soir, les électeurs de l'Etat du Maine (nord-est) ont confirmé une nette tendance aux Etats-Unis: les élus locaux sont beaucoup plus prompts que l'opinion populaire à accepter l'union de personnes du même sexe.
Le Maine, réputé libéral sur les questions de société, était un des rares Etats américains à offrir aux gays et lesbiennes la possibilité de s'unir civilement.
Mais, mardi soir, les électeurs ont rejeté à 53% contre 47% la loi adoptée en mai dernier qui prévoyait l'établissement de cette union.
Avec ce vote, la liste s'allonge des Etats où le vote populaire défait ce que les juges ou les élus tentent d'établir.
Le "non" des électeurs au mariage homosexuel a récemment prévalu dans 31 Etats, en comptant le Maine.
Il y a un an en Californie, les électeurs avaient renversé une décision de la cour suprême de l'Etat en faveur de l'union homosexuelle, pour, au contraire, ne reconnaître que le seul mariage entre personnes de sexes opposés comme conforme avec la Constitution de cet Etat de l'ouest américain.
Jusqu'ici, aucun référendum organisé sur la question aux Etats-Unis n'a vu le "oui" l'emporter, et seuls cinq Etats ont reconnu le mariage homosexuel, la plupart du temps par décision de justice.
Ces Etats sont le Connecticut, le Massachusetts, le Vermont et le New Hampshire (tous du nord-est) et l'Iowa, dans le centre du pays.
Plusieurs Etats dont celui de New York, du New Jersey et la capitale fédérale Washington préparent actuellement des législations similaires.
"L'institution du mariage a été sauvegardée!" a jubilé Frank Schubert, le directeur de campagne de l'organisation mobilisée contre le mariage gay, Stand For Marriage, à l'annonce des résultats du Maine.
"Victoire!", s'est exclamée sur son site internet la National Organisation for Marriage, qui a participé financièrement aux campagnes contre la légalisation du mariage gay.
A l'opposé, les partisans de l'union homosexuelle ont encaissé leur échec avec "une profonde déception", comme The National Gay and Lesbian Task Force. Joe Solmonese de Human Rights Campaign de son côté a fait part à l'AFP de sa "grande et amère déception".
"C'est un combat de longue haleine", a par ailleurs averti Jesse Connolly, un des dirigeants de la campagne dans le Maine en faveur du mariage gay.
"2009 a prouvé qu'il était trop tôt pour soumettre le mariage gay au verdict des urnes, du moins dans beaucoup d'endroits du pays. Le Maine devient le 31e Etat (américain) consécutif à perdre un vote sur le mariage homosexuel. Cela veut-il dire que les esprits ne changent pas assez vite?", s'est-il interrogé.
A l'autre bout du pays, les électeurs de l'Etat de Washington (nord-ouest) ont approuvé à une très courte majorité (51%) l'extension de certains droits aux couples homosexuels, permettant par exemple à un couple de prendre des jours de congé lorsque l'un des partenaires est malade.
L'initiative avait prudemment été baptisée "Tout sauf le mariage" et a été saluée comme une victoire par les partisans des droits homosexuels.
"Pour les gays, les lesbiennes et leur famille, cette étape majeure nous rapproche d'un traitement équitable devant la loi", a affirmé Anne Levinson, présidente de l'association Washington Families Standing Together, citée par le Seattle Times.
P/O Gaëlle mann - Le Parisien 4/11/2009
22:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Obama : les Noirs sont déçus
Le président américain Barack Obama a reçu pour le premier anniversaire de sa victoire mercredi le message peu amène d'une fraction de l'électorat, confirmant que l'euphorie de 2008 était révolue et l'alertant du risque bien plus grand couru aux élections à mi-mandat de 2010.
Au lendemain de scrutins locaux qui ont vu les amis démocrates de M. Obama essuyer deux défaites marquantes, les républicains voulaient croire à un retournement de fortune après des années d'échecs, et à un rejet des politiques présidentielle et démocrate.
Mais la Maison Blanche et les démocrates ont refusé de voir dans ces élections, les premières significatives depuis la victoire de 2008, un référendum sur M. Obama et un mauvais présage.
Dans ces consultations tenues en des temps économiques difficiles, des candidats démocrates qui avaient reçu le soutien personnel de M. Obama ont été battus par les républicains dans la course aux postes de gouverneurs de Virginie (est) et du New Jersey (nord-est).
En Virginie, un Etat où M. Obama avait été le premier démocrate à prévaloir à la présidentielle depuis 1964, le républicain Bob McDonnell a battu le démocrate Creigh Deeds avec près de 60% des voix.
Les candidats démocrates ont cependant pris un siègevacant à la Chambre des représentants dans un bastion républicain de l'Etat de New York (nord-est) et en ont conservé un autre en Californie (ouest).
En Virginie et dans le New Jersey, les électeurs se sont prononcés en fonction "de questions très locales sans rapport avec le président", a dit son porte-parole Robert Gibbs.
A New York en revanche, les républicains ont "sérieusement cherché à donner une dimension nationale à l'élection, et ils ont perdu", a-t-il dit.
Les observateurs ont souligné le caractère historiquement aléatoire de ces élections partielles, répugnant à y voir un référendum sur M. Obama. Des sondages ont confirmé que ceux qui ont voté mardi continuaient à le soutenir ou que cela n'influençait pas leur vote.
Mais cela n'empêche pas de rechercher des indications en vue des élections de 2010, quand les Américains rééliront tous les membres de la Chambre des représentants et une partie de leurs sénateurs et de leurs gouverneurs, par exemple sur la faculté de M. Obama à profiter encore de l'élan de 2008.
Dans le New Jersey, M. Obama l'avait emporté sur le républicain John McCain avec plus de 15 points d'avance à la présidentielle.
Mais, selon les sondages, une grande partie de l'électorat qui a fait la victoire de M. Obama, les jeunes, les Noirs, ceux qui votent pour la première fois, ne s'est pas déplacé mardi.
En revanche, les indépendants, corps électoral déterminant, inquiet de l'aggravation des déficits publics et des projets de réforme de la santé, ont cette fois fois préféré les conservateurs.
Cette mise en garde soulève aussi la question de l'attitude qu'auront certains parlementaires démocrates, inquiets de leur réélection, quand il s'agira de se prononcer prochainement sur certains grands projets de M. Obama.
Le porte-parole du président a assuré que celui-ci n'avait pas pour autant l'intention de recalibrer son action: "Je crois que les électeurs s'inquiètent de l'état de l'économie, je ne crois pas que le président avait besoin d'une élection ou d'un sondage à la sortie des urnes pour arriver à cette conclusion".
Ces élections permettent aux républicains de se présenter comme ceux qui ont le vent en poupe, d'espérer rallier les indépendants et de remplir les caisses de campagne.
"Le message est clair: les électeurs en ont assez" du programme de M. Obama, a dit un de leurs dirigeants, Michael Steele.
22:06 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note












