05/11/2009

Rama Yade ou l'échec de la diversité

Encore un tacle. La secrétaire d'Etat aux Sports pensait peut-être le feu éteint, mais les cendres couvent. Après le recadrage de l'Elysée, hier, lors d'un rendez-vous informel avec la presse, , qui avait déjà braqué le viseur mardi, tire une nouvelle salve.

«On ne peut pas être au et en opposition avec la ligne du gouvernement», estime François Fillon dans une interview au Monde à paraitre cet après-midi, déjà en ligne sur lemonde.fr.

 

La semonce est claire: la turbulente Rama Yade, qui se voit, elle, femme libre, doit rentrer dans le rang. En sachant qu'aujourd'hui plus qu'hier, ses jours sont comptés au gouvernement.

Lasse des remontrances, sans doute, Rama Yade n'est pas venue au conseil des ministres hier mercredi. Son agenda officiel indique pourtant ce 4 novembre une audition devant la commission des affaires culturelles du Sénat, à 11h 30, un horaire «conseil des ministres compatible». Elle a bien tenté d'arguer qu'elle n'avait «jamais autant vu Nicolas Sarkozy que ces derniers jours», celui-ci fait répondre qu'il ne l'a pas eue au téléphone depuis longtemps. Et constate sur un ton quasi-définitif «sa difficulté à s’insérer dans une équipe quelle qu’elle soit». Sa difficulté à être la secrétaire d'Etat de Roselyne Bachelot, donc mais aussi celle à travailler avec Bernard Kouchner en tant que secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme.

Certes, ses prises de parole, à contretemps d'une solidarité de droite parfois irritante, lui permettent d'être, dans les baromêtres de popularité, la personnalité politique préférée des Français. Ils croient en Rama Yade, comme Nicolas Sarkozy croyait en elle. C'est pour lui, dit-elle, que cette administratrice au Sénat s'est engagée à l'UMP. Le 14 janvier 2007, lors de son congrès d'investiture, le candidat à l'élection présidentielle lui demande de s'exprimer à la tribune. Elle s'en prend au parti socialiste, qu'elle accuse de cécité, et aux «prétendues» élites de gauche «sans projet, sans idée, sans vision». Elle, que bien des habitants de Colombes, lors de la campagne des municipales, croyaient engagée à gauche, comme son mari Joseph Zimet.

Depuis, le chef de l'Etat dit accumuler les déceptions avec son ancien poulain. Les lettres qu'elle lui envoie n'y changeront sans doute rien, comme une boîte de chocolats -le pêché mignon du chef de l'Etat- postée au lendemain d'une autre rebuffade n'avait pas arrangé les choses avec son mentor, quand elle avait refusé de prendre la tête de la liste UMP en Ile-de-France. Cette image d'indomptable qu'elle a polie à coups de réparties médiatiques, Rama Yade va finir par la payer du prix de la disgrâce. Ou pas.

P/O Gaëlle Mann - Le parisien / AFP Le 5/11/2009

 

 
 

Quand l'ONU évacue en Afghanistan

KABOUL - Plusieurs centaines de membres du personnel des Nations unies vont être provisoirement évacuées d'Afghanistan par mesure de sécurité, annonce l'organisation.

 

 

 Les Nations unies vont déplacer ou faire évacuer d'Afghanistan 600 de leurs employés internationaux pour raisons de sécurité, a déclaré le porte-parole de l'Onu dans le pays.

Cette décision, qui porte un coup sévère aux efforts de stabilisation déployés par les puissances occidentales, est la conséquence de l'attentat revendiqué par les taliban qui a coûté la vie la semaine dernière à cinq employés de l'Onu dans une maison d'hôtes de Kaboul.

Selon Aleem Siddique, porte-parole des Nations unies en Afghanistan, 600 personnes sur les 1.100 expatriés du personnel de l'Onu sur place seront déplacées vers des sites plus sûrs ou quitteront purement et simplement le pays.

Ils retrouveront leurs postes dans trois ou quatre semaines lorsque les mesures de sécurité auront été revues, a-t-il précisé.

"Il s'agit d'une consolidation des effectifs. Nous avons pour le moment 93 maisons d'hôtes à Kaboul et ces maisons d'hôtes vont être consolidées pour nous permettre de mieux assurer la sécurité dans un nombre plus réduit de lieux", a ajouté le porte-parole.

"Nous faisons notre possible pour minimiser les conséquences sur notre travail", a quant à lui déclaré Kai Eide, représentant spécial du secrétaire général à Kaboul, lors d'une conférence de presse.

"Nous faisons simplement ce que nous avons à faire après les événements tragiques de la semaine dernière, cela pour le bien de notre personnel dans un moment difficile, tout en assurant la poursuite de nos opérations en Afghanistan", a-t-il ajouté.

Dans un communiqué transmis à Reuters par courriel, les Nations unies disent ne pas souhaiter donner plus de détails sur l'opération.

Une source proche de l'Onu en Afghanistan avait auparavant annoncé l'évacuation de 900 employés internationaux sur 1.400.

L'institution va procéder à une évaluation du nombre de personnes nécessaires pour mener à bien ses programmes sur place, avait-on expliqué de même source.

"Nous chercherons à faire revenir les gens dès que la situation de la sécurité le permettra et qu'un lieu sûr aura été trouvé, avait dit cette source à Reuters.

P/O Gaëlle Mann - REUTERS le 5/11/2009

Flambée du racisme aux E.U.

Il y a un an, l'élection d'un premier Noir à la Maison Blanche avait amené certains à saluer l'avènement d'une société "post-raciale" aux Etats-Unis. Mais le déluge de haine raciste que continue à essuyer Barack Obama montre que le pays est encore loin d'un tel idéal, où les différences entre Noirs et Blancs seraient gommées.

 
photo : Chris Hondros , AFP

Une fois passée l'euphorie du 4 novembre 2008, les réformes du 44e président, particulièrement celle de l'assurance maladie, ont suscité une vague de vindicte dans les profondeurs de l'Amérique blanche.

Dans l'Arizona (sud-ouest), un pasteur dit prier pour la mort d'Obama; au Congrès, un représentant républicain lance "vous mentez!" en plein discours présidentiel.

L'intéressé veut croire que ces attaques ne sont pas motivées par le racisme. Mais dès le soir de son élection, trois Blancs mettaient le feu à une église noire en construction dans le Massachusetts (nord-est) et les crimes racistes n'ont fait qu'augmenter depuis, observe Mark Potok, de l'organisation de défense des droits civiques Southern Poverty Law Center.

"Tout cela est assez effrayant", estime ce spécialiste des mouvements extrémistes. "La colère monte, il y a beaucoup d'armes en circulation et une idéologie haineuse. Tout cela mijote dans une sorte de chaudron de sorcière qui pourrait bien déboucher sur du terrorisme intérieur", s'inquiète-t-il.

Pour M. Potok, la réaction des milieux racistes reflète "un véritable désespoir". "Le fait est que ces gens ont perdu", explique-t-il. "Ils ne pourront plus faire revenir l'histoire en arrière. Notre pays va devenir une authentique démocratie multiraciale et ils n'y peuvent rien".

En 2008, seule une minorité de Blancs ont voté pour Obama, qui n'a dû sa victoire qu'à la mobilisation inédite des minorités noire et hispanique. Il a depuis insufflé "un sentiment d'espoir, d'intégration et dans certains cas, de réconciliation", observe Marc Morial, président de la National Urban League, une autre organisation pour les droits civiques.

Selon un sondage CBS, 59% des Noirs jugent désormais positives les relations interraciales, contre 29% l'an dernier.

Quand Barack Obama est né d'un père kényan et d'une mère blanche en 1961, les mariages interraciaux étaient encore interdits dans nombre d'Etats du Sud. La loi interdit aujourd'hui la discrimination raciale, mais un juge de paix vient de défrayer la chronique en Louisiane (sud) en refusant de marier un couple mixte.

L'entrée de Barack Obama à la Maison Blanche est venue couronner une évolution foudroyante, qui a vu les Noirs rejoindre progressivement les rangs des milliardaires, des astronautes, des policiers, des gouverneurs et des présentateurs de télévision.

Mais d'énormes disparités continuent à séparer Blancs et Noirs, dont beaucoup restent confinés dans des ghettos urbains en proie au chômage, à la drogue et à la violence.

Près d'une famille noire sur 4 vit sous le seuil de pauvreté, contre une famille blanche sur 6. Le taux de mortalité infantile est deux fois plus élevé chez les Noirs, le taux d'homicide six fois plus. Au cours de leur vie, un tiers des Noirs feront un séjour en prison, contre 6% des Blancs...

"Notre pays n'a jamais été bâti sur l'intégration des Noirs", souligne Robert Rooks du NAACP, l'association de Martin Luther King. "Certains Noirs s'en sortent incroyablement bien, mais la majorité de la communauté se sent totalement marginalisée".

A terme, les efforts lancés par l'administration Obama pour généraliser la couverture maladie et l'éducation devraient réduire les disparités.

"Mais un an plus tard, les vraies difficultés profondes sont les mêmes, car c'est un changement qui prend du temps", observe M. Morial.

P/O Gaëlle Mann - AFP Le 5/11/2009

 

Un nouveau tournant pour la Palestine ? Mahmoud Abbas ne se représentera pas

Le président Mahmoud Abbas a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat à la tête de l'Autorité palestinienne lors des élections générales prévues le 24 janvier.

Photographe : Abbas Momani AFP :: Le président palestinien Mahmoud Abbas lors d'une réunion du Fatah, le 5 novembre 2009 à Ramallah.
Photographe : Abbas Momani AFP :: Le président palestinien Mahmoud Abbas lors d'une réunion du Fatah, le 5 novembre 2009 à Ramallah.
photo : Abbas Momani , AFP

"J'ai dit au comité exécutif de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et au Comité central du Fatah que je ne souhaite pas me présenter à la prochaine élection (présidentielle)", a affirmé M. Abbas lors d'une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie.

"Ce n'est pas une manoeuvre. J'espère que tout le monde comprendra cette décision et je vais m'efforcer de la faire comprendre", a-t-il ajouté.

La décision du président Abbas, âgé de 73 ans, survient alors que le processus de paix au Proche-Orient est complètement bloqué, les Etats-Unis ayant échoué à convaincre les Israéliens de geler complètement la colonisation dans les territoires palestiniens.

L'Autorité palestinienne réclame un arrêt total de la colonisation israélienne, y compris à Jérusalem-Est (annexée par Israël en juin 1967) avant une reprise des négociations de paix.

Le contentieux de la colonisation constitue la principale pierre d'achoppement à la reprise des négociations israélo-palestiniennes, bloquées depuis près d'un an.
P/O Gaëlle Mann - AFP 5/11/2009

Une handicapée offerte en pâture sur le net par ses parents

 

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Anne avec ses parents

Elle s’appelle Anne, elle a 32 ans. Ses parents la surnomment affectueusement « Doudou ». Lourdement handicapée, cette jeune femme est infirme moteur cérébrale. Elle ne parle pas, ne pas, n’arrive pas à s’alimenter seule. « Elle est comme un bébé d’un mois », précise sa mère. Anne passe son temps couchée, dans sa chambre, dans la maison familiale de Tallard (Hautes-Alpes), près de

    
Dans quelques jours, les internautes du monde entier auront accès à l’intimité de son quotidien. Chantal et Didier Lamic, ses parents, ont en effet décidé de placer sur son lit une webcam. Ils attendent la livraison de l’appareil pour le mettre en service. Fin août, Didier Lamic avait déjà créé un site Internet pour parler de sa fille : Doudouworld.com, traduit en 22 langues.

 

«J’ai décidé d’aller plus loin pour sortir des sites traditionnels consacrés aux handicapés. Nous allons donc installer cette caméra pour que tout le monde puisse voir Anne. Il s’agit de lui redonner un statut de personne à part entière. Ce n’est pas de l’exhibitionnisme », assure Didier, le père, ancien directeur adjoint d’un médical de moyen séjour. Et le sexagénaire, papa de trois autres enfants, d’insister : « Anne a le droit d’être vue, même si cela peut gêner.
Nous voulons lui rendre sa dignité, banaliser le handicap. C’est un moyen de réflexion qui permettra, je l’espère, d’ouvrir un débat sur ces enfants de l’ombre et du silence, que l’on ne voit jamais, qui souvent restent cachés parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire autrement. » Le couple Lamic souhaite ainsi « modifier le regard des gens sur les handicapés ». Au risque de choquer ? « Oui, répond Didier, même si notre initiative crée la polémique... »

Pour les parents d’Anne, il ne s’agira en aucun cas d’un « Loft Story » du handicap. « Nous souhaitons simplement faire découvrir le monde d’Anne. Un monde très réduit puisqu’elle ne bouge pas beaucoup. C’est difficile pour elle de sortir de la maison. Puisqu’elle ne peut pas aller vers les autres, ce sont les autres qui viendront maintenant vers elle à travers cette webcam. Je demande seulement qu’ils la respectent », confie Chantal, la maman, mère au foyer, qui n’a jamais voulu que sa fille quitte la maison pour un établissement spécialisé. « On veut aussi déculpabiliser les autres parents d’enfants de handicapés, montrer qu’ils ne sont pas seuls », continue son mari.

« Nous sommes persuadés qu’elle n’y est pas opposée »

Tous deux estiment qu’ils ne vont pas porter atteinte à la dignité de leur enfant : « Elle ne peut pas donner son avis, mais nous sommes intimement persuadés qu’elle n’y est pas opposée. Et puis, il n’est pas question de la montrer pendant ses soins, sa toilette. Nous avons toujours tout fait pour le bonheur d’Anne. Et nous continuons », précise Chantal. Didier se laisse toutefois une porte de sortie : « Si nous constatons des dérives, nous enlèverons la webcam.»


P/O Gaëlle Mann -Le Parisien/AFP 5/11/2009

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