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VIDEO Trois harkis campent devant l'Assemblée nationale dans l'ignorance des médias et des députés

http://www.dailymotion.com/video/xb7p7v_harkis-devant-lassemblee-nationale_news

Depuis sept mois, Zohra, Hamid et Abdalla, trois enfants de harkis, campent devant l'Assemblée nationale sans que personne n'en parle ou presque. Ils ont certes choisi d'investir le flanc est du bâtiment, à l'opposé de l'entrée presse du Palais Bourbon. Mais tout de même : en 200 jours, trois journalistes seulement sont venus leur tendre un micro -Radio Courtoisie, Radio Notre-Dame et France Culture.

Au départ, le but de ces quadras nés ici ou en Algérie, de parents qui avaient choisi la France, était de faire parler de la cause harkie : enchaînement aux grilles, banderoles… et médiatisation attendue. Au bout d'une heure, l'affaire était pliée, direction le commissariat en garde à vue.

A la sortie, ils ont repris le siège, dormant sur un banc, sous une tente ou dans leur break immatriculé dans l'Hérault, qu'ils ont garé face au restaurant « Le Bourbon », QG des députés. C'était en mai.

Or les députés, justement, ont plutôt tendance à les ignorer -à part une poignée, dont l'ex-gréviste de la faim Jean Lassalle (indépendant, Pyrennées-Atlantiques), qui les aurait, disent-ils, encouragés.

Banderoles virulentes et ignorance des députés

Leurs banderoles ne passent pourtant pas inaperçues : « De Gaulle, traître », « La France est raciste ». Certaines sont carrément diffamatoires, mais ça leur est égal. Plus on les ignore, plus ils haussent le ton. Leur but, c'est de réveiller les élus sur le sort des harkis ; leur colère se porte plus particulièrement contre la droite, à laquelle ils ont été fidèles depuis leur première carte d'électeur.

Zohra, fille d'un militaire de carrière qui avait fait l'Indochine, est née à Alger et arrivée en France peu après. Retournée une seule fois en Algérie en 1988, elle dit « La France de mon enfance » quand elle en parle. Elle a toujours voté à droite. Elle s'estime trahie par l'UMP, à commencer par Nicolas Sarkozy, qui s'était engagé en mars 2007, en promettant à une délégation reçue durant la campagne présidentielle :

« Je veux rendre hommage aux soldats que vous fûtes. Des soldats qui ont combattu dans l'armée française contre la rébellion indépendantiste de 1954 à 1962. La Nation a un devoir moral envers vous. (…) Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre de harkis. »

 

Un recours contre Nicolas Sarkozy devant la justice administrative

Depuis, silence radio du côté de l'exécutif dans ce dossier, dénoncent Zohra, Hamid et Abdalla, qui ont même tenté de déposer un recours devant la justice administrative contre le chef de l'Etat au motif qu'il aura failli à son engagement. (Voir la vidéo)

En attendant d'être reçus à l'Elysée, ils harranguent donc les députés, sans croire toutefois à leur pouvoir. Ils ont d'abord crié des slogans contre « Cette France qui a honte de son histoire ». Puis commencé, mi-novembre, à distribuer des tracts.

Avec un résultat plutôt maigre. Mercredi dernier, Dominique Perben longeait ainsi toujours les barrières flanquées de leurs banderoles, les yeux ailleurs. Suivi peu après d'une poignée d'attachés parlementaires, rictus ironique et sourcis levés bien haut.

Plainte contre Jean-Michel Fourgous

Zohra, Hamid et Abdalla semblent presque ragaillardis par le mépris qu'ils ressentent. On les sent parfois tendus, même si une voisine du quartier, doudoune chic et cheveux nattés, vient les encourager. Le 27 octobre, ils ont eu une altercation avec un député UMP des Yvelines, Jean-Michel Fourgous.

Les versions divergent drastiquement : les trois harkis affirment, et écrivent toutes banderoles dehors, que l'élu les as traités de « Sales harkis ». Voici les propos qu'ils attribuent à Fourgous et contre lesquels ils ont porté plainte récemment :

« Il nous a traités de “Sales harkis”, nous a dit : “Retournez chez vous en Algérie avec vos banderoles, vous faites honte à la France ! ” Il nous a dit : “Vous nous faites chier, je vais vous casser la gueule ! ” »

 

Vendredi soir, Rue89 interviewait l'élu par téléphone, lui apprenant au passage l'existence de cette plainte :

« Franchement, j'en suis à mon troisième mandat, vous croyez vraiment que je vais m'amuser à insulter des harkis devant l'Assemblée nationale de bon matin ? Ce n'est pas sérieux ! Eux, en revanche, sont extrêmement agressifs, insultants. Ils nous disent d'ailleurs qu'ils n'ont aucun respect pour les députés. Tout ce qu'ils font, c'est instrumentaliser la cause harkie. »

 

Militants de la troisième génération ?

Tous trois militent depuis l'adolescence pour la cause harkie, même si Abdalla est né en France, en 1966. A l'époque, ses parents vivaient parqués dans le camp du Larzac, au milieu d'autres familles exilées. Il déplore encore que la France aie « désarmé » les siens et parle des combattants pro-indépendance du FLN comme de barbares sanguinaires.

Zohra et Hamid, eux, ont eu ensemble quatre enfants qui ont aujourd'hui moins de 30 ans. Eux ne militent pas et ne sont « pas encore » venus rendre visite à leurs parents sur la petite place triangulaire qui jouxte l'Assemblée.

Difficile de mobiliser la troisième génération autour d'une cause dont on parle peu ? Zohra veut croire que non. En attendant d'être entendus, ils se réchauffent dans leur voiture où ils potassent les dossiers qu'ils ont amassés sur l'histoire des leurs. Au-dessus de l'autoradio, trône aussi l'annuaire des députés, qu'ils mémorisent afin de reconnaître ceux qui détournent les yeux.

Rue89 - 23 novembre 2009

Commentaires

  • C'est une des pires dégueulasseries qui souillent notre Histoire, par la faute, la grande faute de Charles le mauvais.
    Ces Hommes ont cru en la France, ils avaient raison, Charles n'était pas la France, des officiers Français écoeurés par la trahison de Colombin-les trois -machins, firent entrer tous ceux qu'ils purent sauver dans notre Pays, leur Pays.
    Les autres, après avoir été lâchement désarmés sans méfiance, furent abandonnés et moururent (si l'on peut dire) en quelques jours dans d'horribles conditions, un seul exemple , nécessaire hélas, certains furent ébouillantés, puis écorchés, leur famille obligées d'en consommer la chair; et plein d'autres abominations à vomir de dégoût et de colère.
    L'état prend ces choses par dessus la jambe, semble-t-il, ces Harkis sont plus Dignes d'être Français, et ils le sont, que d'autres pouvant agir, mais s'en garde bien. La fuite en avant, comme souvent.

  • Je me demande qui a encore du respect pour les députés. Il rêve tout éveillé le pauvre Jean Michel, et tous les autres avec lui. Une bonne partie de la population de souche n'a que mépris pour ces sales individus qui ne sont que les cellules cancéreuses qui rongent le pays.

  • Voilà un VRAI crime contre l’humanité ! Une immense honte pour la France, qui d’ailleurs aujourd'hui paie lourdement cette faute, ce crime, par sa propre destruction.
    Je pense que le FN devrait organiser une manifestation de soutien aux Harkis (s'ils le souhaitent).

  • @ abad
    D'accord avec vous : il s'agit d'un vrai crime contre l'humanité ; De Gaulle était une ordure et comme toutes les ordures dans notre pays , il est monté sur un piedestal.
    Pour les descendants des harkis , hélas ...
    Par respect pour leurs pères sacrifiés , morts dans d'atroces souffrances , je préfère ne pas développer.

  • Les Harkis ont entendu et cru comme tous les Français le triste gargouillement du Menteur à Alger :" Je vous ai compris".

    L'echo de l'histoire (minuscule) a rebondi depuis, et l'on a entendu de nouveau le vrai gargouillis :" Je vous ai pris pour des Cons"

    Il suffisait de mettre celà en équation sans inconnue, puisque le personnage pervers avait fait ses preuves depuis belle lurette.

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