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Le "JCall" des juifs européens

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Vincent Peillon, Cohn-Bendit et Elie Barnavi  (Cliquez sur la photo)

Des personnalités se réunissent ce lundi soir au Parlement européen de Bruxelles pour lancer un manifeste critiquant la politique d'Israël au Proche-Orient. Une initiative qui ne fait pas l'unanimité.

Une certaine diaspora juive européenne a décidé de se faire entendre. Lassées de voir le statu quo perdurer au Proche-Orient et l'image d'Israël se dégrader à mesure que s'étendent les colonies, plusieurs organisations juives de l'UE ont rédigé un « Appel à la raison » pour faire part de leur désaccord avec la politique menée par le gouvernement israélien. Ouvert à signature le 20 avril, ce manifeste, baptisé «JCall» a déjà été signé par plus de 3600 personnes, parmi lesquelles les eurodéputés Daniel Cohn-Bendit et Vincent Peillon, Eli Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France, ou encore le philosophe Bernard Henri-Lévy. Il sera officiellement lancé ce lundi soir au Parlement européen de Bruxelles.

«Même si nous sommes tous engagés pour l'existence et les droits d'Israël, nous tenons à faire part de notre inquiétude vis-à-vis de la politique d'Israël, qui nous semble être une erreur, explique David Chemla, président de l'Association La Paix maintenant France, à l'initiative, avec d'autres organisations suisses, belges, françaises et italiennes, du manifeste. Nous appelons notamment à l'arrêt des colonisations en Cisjordanie et à Jérusalem-est».

Si ces juifs de la diaspora ont ressenti le besoin d'élever la voix, c'est parce qu'ils jugent que leur position modérée n'est pas véhiculée par les institutions représentatives juives, comme le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). « Nous ne remettons pas en cause leur légitimité, mais nous n'acceptons pas leur position suiviste vis-à-vis du gouvernement israélien », explique Nicolas Zomersztajn, rédacteur en chef de la revue Regards publiée par le Centre communautaire laïc juif de Belgique, investi dans la rédaction de JCall. Pour les signataires du manifeste, «la situation actuelle prouve qu'Israéliens et Palestiniens ne peuvent s'en sortir seuls. L'Europe a des responsabilités historiques au Proche-Orient et doit à ce titre se montrer plus volontariste, par exemple en faisant pression pour un gel des colonisations».

 

Contre-attaque

 

Des arguments qui ont suscité un tollé chez une autre partie de la communauté juive. Au premier rang des offensés, le président du Crif Richard Prasquier s'est exprimé dans une tribune au Figaro publiée le 29 avril. « Il y a dans la pétition une liberté de ton à l'endroit d'Israël qui s'apparente à une forme de prétention. Les Israéliens ont-ils besoin de la diaspora juive pour savoir quelle est la «bonne» décision ? (...) Les Israéliens devraient-ils, eux et eux seuls, rechercher à l'étranger des corrections aux décisions d'un gouvernement élu sur des fondements démocratiques irréprochables ?», dénonce-t-il.

Une contre-pétition, intitulée «Raison garder», a été mise en ligne dans le sillage de l' «Appel à la raison». Dénonçant «l'offensive politicienne » qui sous-tend le manifeste, elle avait collecté 4500 signatures ce lundi. Ses rédacteurs estiment notamment que «l'idée d'une paix imposée à Israël sous la pression, voire l'intervention de puissances, est un déni de la démocratie et du droit international, aux relents néo-colonialistes.»

 

Créer le débat

 

Ces vives réactions n'ont pas surpris David Chemla. «Notre manifeste a au moins créé une discussion, comme nous le souhaitions», affirme-t-il. Car «JCall» vise avant tout à étendre le débat au-delà des sphères traditionnellement concernées, tant au sein de la société civile que des politiques. «Ce n'est pas parce qu'on est de l'autre côté de la Méditerranée qu'on n'a pas le droit de participer au débat. Si nous ne pouvons pas voter car nous ne sommes pas Israéliens, en tant que juifs, nous sommes attachés à Israël».

L'avenir du mouvement au-delà de la réunion de lundi soir reste néanmoins flou. «Nous n'en sommes qu'au tout début. Il y aura certainement la création d'une structure pour coordonner tous les acteurs européens, mais pour l'instant nous n'avons pas d'échéance», précise David Chemla.

Le Figaro - 03/05/10

Commentaires

  • qu'ils y aillent tous...la liste sera longue !

  • Que tous ces juifs ne transportent pas leurs querelles chez nous ! Qu’ils aillent vivre chez eux, c’est à dire en Israël, où ils seront très bien accueillis par leurs frères.

  • Cher abad, avez-vous remarqué dans ce JCall qu'ils ne prennent même plus la peine de cacher leur véritable appartenance? Ce n'est pas seulement une religion, comme ils essayaient de le faire croire il y a encore quelques années... C'est tout un peuple qui vit en Europe...

  • Oh vous avez vu ? on dirait que conbadit a le derrière de carla sous le menton...

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