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L'enseignante suspendue en appelle au ministre de l'Education

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Catherine Pederzoli

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Entrée d’Auschwitz-Birkenau  

Pour la première fois depuis plus de trois décennies, Catherine Pederzoli, 58 ans, ne fera pas sa rentrée ce matin. Cette professeur d’histoire dans un lycée à Nancy (Meurthe-et-Moselle) a été suspendue quatre mois de ses fonctions par le rectorat pour avoir manqué, dit l’Education nationale, à ses obligations « de neutralité et de laïcité » dans son enseignement sur la Shoah et lors de voyages scolaires dans des anciens camps de concentration.

« Je suis punie, mes élèves sont punis, c’est une double peine. Je n’ai commis aucune faute grave. Il y a là un abus de pouvoir. Pour moi, la laïcité est la plus belle chose de la République », martèle-t-elle. L’enseignante de confession juive, « fille d’immigrés italo-espagnols », en appelle à Luc Chatel, ministre de l’Education.
« Je lui demande de retirer l’arrêté de suspension », lance-t-elle. La mise à l’écart a été décidée par le recteur de l’académie de Nancy-Metz, sur la base d’un rapport rédigé en juillet dernier par l’inspection générale de l’Education nationale. Celui-ci concluait une enquête demandée par le rectorat à la suite, écrit l’administration, d’un « certain nombre de dysfonctionnements » au lycée public Henri-Loritz à Nancy. Un établissement où Catherine Pederzoli est en conflit avec la direction et où son cas divise la communauté enseignante, les élèves mais aussi leurs parents, dont certains remettent en cause sa pédagogie. Dans le document, les inspecteurs reprochent à la prof « l’instrumentalisation des élèves » par des « lavages des cerveaux ». Ils estiment également qu’elle consacre trop de temps à l’organisation des voyages sur l’histoire des juifs en Europe centrale, comprenant des visites à des camps comme celui d’Auschwitz-Birkenau en Pologne.

« De l’énergie, il en faut pour amener des élèves sur les lieux de la Shoah. Ce n’est pas aussi simple que d’aller en voyage scolaire à Florence ou Londres. C’est du travail cousu main, il faut par exemple des interprètes », insiste l’enseignante, qui est « à trois ans de la retraite ». Les inspecteurs notent enfin que, lors de leur entretien avec la professeur, cette dernière a prononcé 14 fois le mot « Shoah », « tandis que le terme à la fois plus neutre et juridiquement fondé de génocide n’a été mentionné que 2 fois, comme en passant ». « Cela me désole d’apprendre que des inspecteurs puissent faire une comptabilité du mot Shoah », s’élève-t-elle. Sans s’exprimer sur le fond de l’affaire, qu’il ne maîtrise pas, Hubert Tison, secrétaire général de l’Association des professeurs d’histoire-géographie, apporte, sur ce point-là, son soutien à l’enseignante. « Le terme Shoah est plus approprié que le mot génocide, trop vague, pour évoquer l’extermination des juifs », précise-t-il.

Sous couvert d’anonymat, un professeur d’histoire regrette de son côté une approche de la Shoah « trop exaltée de l’enseignante, trop exclusivement basée sur l’émotion ». L’intéressée se défend. « Je ne suis pas dans l’émotion, je suis dans les faits. Je n’ai d’ailleurs jamais dit à mes élèves :Je suis juive.
»

Le Parisien - 02/09/10

 

Commentaires

  • «Je n’ai d’ailleurs jamais dit à mes élèves :Je suis juive.» : effectivement cette en-saignante n’avait nul besoin d’expliciter cette précision !

  • Cette brave professeur d'histoiress a oublié Mamilla.
    Nous ,bons Français, nous pouvons nous cotiser pour lui offrir un voyage .... dans cet endroit tristement célèbre, pendant son congé forcé.
    Elle aura encore de tristes histoires a raconter avant de prendre sa retraite, y a pas d'âge pour acquérir de nouvelles connaissances.

  • l,histoire de France pour elle ne devait étre que juste la période 39/45, cela fait peu pour tous ceux qui ont fait ce pays!!!
    une tempéte dans un verre d,eau, elle sera rapidement pardonné !!salutations.

  • @ parvus: pensez-vous que des élèves peuvent refuser de participer à ces voyages, qui peuvent aussi les traumatiser, les rendre dépressifs, leur donner une vision du monde totalement désespérante? Certains adolescents sont hyper-sensibles et peuvent avoir au retour des pulsions suicidaires. Il y a là un danger qui n'est pas évoqué.

  • Quand on connaît un peu l'éducation nationale, il est IMPOSSIBLE de croire que cette dame soit sanctionnée sous prétexte de passion excessive pour ce sujet.
    C'est donc qu'il y a autre chose... Mais quoi?

  • @ Gaelle : je co-signe des 2 mains. Quelle ambiance morbide doit régner dans ce genre de (très long) voyage, quel bain infect pour faire macérer des adolescents qui sont naturellement tenus tout du long de présenter le"masque" de circonstance ... mais certes, on n'en fait jamais assez. Ce type de pélerinage à destination de jeunes esprits ne peut sortir que d'un esprit retors et pervers à caractère nettement obsessionnel.

  • @ Décée: c'est très perturbant pour des ados, qui ne sont en rien "coupables". Il y a culpabilisation sous-jacente, qu'on le veuille ou non, dans les jeunes esprits encore peu capables de sens critique, de prise de recul. Ou bien il y a ceux qui s'en f....t, ou bien ceux qui en reviennent trop marqués dans leur vie personnelle, qui peuvent tomber dans une dépression des plus morbides... penser au suicide...
    Personnellement, j'aurais refusé pour ma fille, qui est très sensible.
    Ce genre de voyages vers des lieux tragiques decraient être interdits aux adolescents.
    On ne leur fait pas visiter des morgues?

    En résumé, c'est malsain. Luc Chatel a tort le premier.

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