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Document - Minute par minute, le récit détaillé de l'arrestation de DSK

Les circonstances de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn se précisent : jeudi, le procureur de Manhattan a rendu public le procès-verbal des conversations entre la police et l'ex-patron du FMI, le week-end de son arrestation.

 
Le document de onze pages est à la fois éclairant et anecdotique. On y apprend que DSK, accusé de crimes sexuels par une femme de chambre d’un hôtel à New York, a invoqué l’immunité diplomatique lors de son arrestation à l’aéroport JFK. On y apprend également que DSK a dit qu'il n'avait pas faim, le 14 mai à 23h20, quelques heures après son arrestation. Le lendemain à 9 heures, il a demandé des oeufs, puis un sandwich douze heures après, vers 21h20.

Selon la retranscription de ces dialogues, alors qu'il est en partance pour Paris, DSK téléphone à l'hôtel Sofitel et demande à la personne responsable des objets trouvés : «Bonjour comment allez vous ? J'ai laissé mon téléphone portable dans la suite 2806». «Je vais voir, comment puis-je vous rappeler si vous l'avez laissé ici ?» «Je vais vous donner un autre numéro», répond l'ancien ministre français.

«Que se passe-t-il ?»

Ensuite, l'employé lui dit avoir trouvé le téléphone. «J'ai besoin de savoir où vous êtes pour le faire rapporter», dit-il. «A JFK», répond Dominique Strauss-Kahn. «OK, je peux prendre un taxi et être là dans 40 minutes.» «OK, terminal Air France, porte 4, vol 23», répond DSK.

Au moment où il est interpellé, Dominique Strauss-Kahn est sur la passerelle d'embarquement, où le rejoignent le sergent Raymond DiLena et le détective Diwan Maharaj. «Que se passe-t-il ?», demande l'ex-directeur général du FMI. «La police de New York souhaite vous interroger au sujet d'un incident qui s'est produit en ville dans un hôtel», répond le sergent DiLena. A ce moment là, DSK ne répond pas.

«J'ai l’immunité diplomatique»

Le récit se poursuit au commissariat de l'aéroport, où Dominique Strauss-Kahn est prié de vider ses poches, de tout poser sur la table. Il refuse de l'eau, demande à utiliser les toilettes, et indique qu'il a «un passeport diplomatique».

A environ 17 heures (21 heures à Paris), celui qui était encore le patron du FMI demande aux deux agents qui l'ont interpellé si les menottes qu’on lui a passées «sont nécessaires». «Oui, elles le sont», lui répond un agent. Ce à quoi Dominique Strauss-Kahn rétorque : «J’ai l’immunité diplomatique.» Et de préciser que les documents le prouvant se trouvent «dans un second passeport». «Puis-je parler avec un représentant du Consulat de France? Que se passe-t-il ?», interroge ensuite DSK.

«Ces menottes sont serrées»

Sur la route qui le mène vers le commissariat spécialisé dans les crimes à caractère sexuel à Harlem, Dominique Strauss-Kahn dit qu'il doit téléphoner pour avertir qu'il ne sera pas présent à une réunion le lendemain. Le patron du FMI était attendu en Europe pour s'entretenir notamment avec la chancelière allemande et discuter de l'aide à la Grèce. Il ajoute : «Ces menottes sont serrées».

Un peu plus tard, l'un d'entre eux dit à DSK : «Dans ce pays, vous avez le droit à un avocat si vous le voulez, j’ignore si vous avez un quelconque statut diplomatique.» Le Français lui répond : «Non, non, non, je n’essaie pas d’utiliser cela, je veux juste savoir si j’ai besoin d’un avocat.» Réponse du policier : «A vous de décider.» Plus tard, le détective Steven Lane lui demande s'il veut parler. «Mon avocat m'a dit de ne pas parler. J'étais prêt à le faire», rétorque DSK.
 
 
Source Le Parisien - 17/06/11

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