Peter Liese
Arte, la chaine franco-allemande, a diffusé le 29 septembre 2011 à 11h25 un débat sur le thème des trafics d’organes. Ce débat, présenté par Anne-Claude Elkaïm, recevait le Docteur Elisabeth Lepresle et le Dr Peter Liese, député européen allemand, membre du CDU (Démocrate-Chrétien).
L’émission faisait suite à deux reportages sur le trafic d’organes en Inde et une analyse de la situation en Europe.
Au moment de conclure, la présentatrice demande aux deux intervenants s’ils ont connaissance du nombre de Français et d’Allemands ayant eu recours à des greffes d’organes à l’étranger. Le docteur Elisabeth Lepresle répond en affirmant qu’à sa connaissance il y en a eu 4 ou 5 en 2010. Quant au député allemand, il répond, sans hésiter, qu’il n’y a eu qu’un seul cas en Allemagne : « un pauvre paysan moldave qui a fourni un organe à un riche Israélien».
Première interrogation : pourquoi citer un Israélien quand la question porte sur les Allemands ayant bénéficié d’une transplantation à l’étranger ? Seconde interrogation : pourquoi préciser « un riche Israélien » ? Les réponses sont malheureusement si simples, encore et toujours, ces vieux clichés antisémites. Le mythe du Juif riche et l’accusation de trafic d’organes datent du moyen âge, et sont régulièrement repris par les antisémites. Certains étaient même allés jusqu’à prétendre que l’engagement humanitaire israélien en Haïti, après le tremblement de terre de janvier 2010, servait à couvrir un trafic d’organes !
Ce dérapage est particulièrement grave venant de la part d’un député allemand Chrétien Démocrate, élu au Parlement Européen et membre de la Conférence Nationale des Catholiques Allemands. Circonstance aggravante, un certain Hermann Liese était haut responsable du Service de Propagande Nazi dirigé par Goebbels, notamment en charge de la branche édition. Lorsque l’on porte le nom d’un propagandiste nazi, il convient de faire attention à ce que l’on dit !
Suite à une recherche sur ce nom, il se trouve que le patronyme Liese est peu répandu en Allemagne, à peine quelques centaines de personnes sur 81 millions d’Allemands le portent. S’il advenait que Peter Liese a des liens familiaux directs avec cet Hermann Liese, ce que nous qualifions maintenant de dérapage serait en fait un signe que la dénazification est inachevée. M. Liese et les dirigeants de son parti politique devraient alors en tirer les conséquences.
Remy Marceau – JSSNews - 02/10/11






