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Martigues : la Bastide de Maurras, l'héritage encombrant

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La bastide et son domaine, situés au 22 Chemin de Paradis,à Ferrières, sont une propriété communale depuis 1997. La mairie a investi 203 447 € ces douze dernières années dans des travaux de rénovation.

Photo DR

 

 
 
Publié le samedi 01 septembre 2012 à 17H10
 

Le penseur d'extrême-droite, dont le 60e anniversaire de sa disparition est célébré aujourd'hui, avait souhaité céder la propriété familiale au domaine public. La mairie martégale se serait bien passée du cadeau dont elle ne fait rien...

 
Le lys et la faucille (avec le marteau) ne font pas bon ménage. Cette alliance contre-nature et inédite a pourtant été scellée à Martigues... Il ne s'agit certes pas d'un mariage politique mais d'un accord patrimonial. Une mairie communiste qui hérite d'une bastide ayant appartenu à un royaliste, ultra-nationaliste et farouchement anti-révolutionnaire, l'histoire n'est vraiment pas banale ! Cette bastide, c'est la Maison du Chemin de Paradis dont l'ancien propriétaire n'était autre que Charles Maurras, le célèbre fondateur de l'Action française et dont le soixantième anniversaire de sa disparition est célébré aujourd'hui à Martigues.

Une centaine d'admirateurs du très controversé intellectuel martégal se retrouvent cet après-midi dans les jardins de cette grande maison bourgeoise qui se cache derrière le stade Turcan. C'est dans ce même jardin que quinze ans plus tôt, en septembre 1997, s'était déroulée une cérémonie officielle. Feu Jacques Maurras, le neveu et fils adoptif du sulfureux penseur d'extrême droite, remettait les clés du domaine au maire Paul Lombard pour 1 franc symbolique. "Mon mari n'avait fait qu'appliquer les dernières volontés de son père, raconte Nicole, l'épouse de Jacques Maurras, qui est décédé en 2004. Charles Maurras avait lui-même entrepris les démarches, au sortir de la guerre, pour que le domaine familial soit cédé à la Ville de Martigues mais à l'époque, le conseil municipal avait refusé".

Il faut dire que le contexte n'était pas du tout favorable à une telle offre ! Le 28 janvier 1945, Charles Maurras, qui fut un soutien inconditionnel du régime de Vichy, venait d'être condamné pour intelligence avec l'ennemi à la réclusion criminelle à perpétuité ; l'écrivain perdait par la même occasion son fauteuil à l'Académie française...

"Le monument de mon patriotisme municipal"

Il aura donc fallu attendre près d'un demi-siècle pour que le "voeu sacré" et testamentaire de l'ancien propriétaire des lieux, mort en 1952, soit exaucé. Ce souhait, Charles Maurras avait eu l'occasion de le coucher sur le papier, comme dans cette lettre datée du 20 janvier 1945 : "Je précise encore une fois ma volonté : qu'elle soit sacrée, comme d'un mort. Si je désire l'achèvement de cet ensemble, ce n'est pas pour le voir, ni pour en jouir, mais pour qu'il soit, pour qu'il existe et reste le monument de mon patriotisme municipal".

"Charles Maurras était un amoureux de Martigues, il a glorifié la ville et c'est au nom de la sauvegarde du patrimoine, architectural et littéraire, qu'il a souhaité en faire don à la collectivité. A la collectivité, j'insiste", souligne Nicole Maurras. Mon mari avait repris ces arguments qui ont finalement convaincu l'ancien maire de Martigues". Elle préside l'association des Amis de la Maison du Chemin de Paradis et c'est à ce titre que cette Aixoise participe à un comité de gestion, supervisé par le maire.

Mais pour la municipalité, avoir hérité de cette bastide n'en reste pas moins encombrant. Elle n'en fait pas du tout la promotion. Au contraire, c'est comme si elle la cachait. A l'entrée du domaine, aucune plaque officielle rappelant le nom du donateur n'est accrochée. Et il ne s'agit pas d'un oubli. Sur le site internet de la Ville, le nom de l'ancien propriétaire des lieux est d'ailleurs soigneusement occulté, comme lors des Journées du Patrimoine, où c'est, officiellement, la "Maison du Chemin du Paradis" et non la Bastide de Charles Maurras qui est ouverte au public... Le reste de l'année, le domaine est accessible mais uniquement sur rendez-vous, par petits groupes, et exclusivement le mardi. C'est donc à titre exceptionnel, qu'elle ouvre ses portes aujourd'hui à une centaine de royalistes, admirateurs du fondateur de l'Action française.

 

La Provence

Commentaires

  • sulfureux d,extréme-droite ! du grand n,importe quoi !
    C.M était royaliste et contre-révolutionnaire , méme si cela n,est plus d,actualité en ce jour , son oeuvre littéraire est toujours à découvrir!
    avoir fait don de cette demeure à cette municipalité , est comme donner de la confiture aux cochons!
    dommage que dans la famille royaliste personne n,ait pu la reprendre pour en faire un lieu de souvenir en regard du vieux maitre!
    salutations.

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