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L’ambassade saoudienne jugée pour le calvaire de Jainab « esclave moderne »

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Élodie Soulié | 15 Juil. 2015, 19h24 | MAJ : 15 Juil. 2015, 19h24

 
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                                                     Paris XVIe, mercredi dernier. Après son évasion et sa prise en charge par SOS Esclaves, Jainab, 42 ans, a dû être hospitalisée pour une grave dépression, Aujourd’hui elle se reconstruit, travaille auprès de couples âgés, et attend des papiers définitifs. (LP/E.S.)

Pas un jour de repos, seulement des tâches et des exigences, nuit et jour à servir et se taire. Pendant près de 3 ans Jainab, expatriée des Philippines pour venir travailler au domicile parisien d’un salarié de l’ambassade d’Arabie saoudite (VIIIe), a mené une vie d’esclave plutôt que celle d’une « employée de service » qu’indiquait son contrat.

  

Entre février 2010 et ce matin de novembre 2012 où elle a trouvé le courage de fuir, avec sa jeune cousine recrutée quelques semaines plus tôt, Jainab n’a connu que l’envers de cette cage dorée où vit toujours une famille de huit personnes, dans le XVe arrondissement. Autant de bouches à nourrir et de caprices à satisfaire. Privée de passeport et de visa sitôt son arrivée, de toute façon Jainab n’avait pas le choix.

Ce jeudi, c’est au tribunal des prud’hommes de Paris que Jainab s’apprête à revivre 32 mois qui l’ont presque brisée, mais qu’elle espère « enfin envoyer derrière (elle) », murmure-t-elle, la voix soudain plus rauque et les yeux embués. La jeune femme peut espérer que le droit du travail reconnaisse les abus et falsifications dont Me Anick Fougeroux, présidente de l’association SOS Esclaves qui la soutient, accuse l’ambassade d’Arabie saoudite en tant que coemployeur. C’est la seule arme juridique de l’avocate, dont la plainte au pénal pour « traite d’êtres humains et vol » s’est brisée sur l’immunité diplomatique du « patron » de Jainab.

Résultat, le dossier se retrouve ce jeudi après-midi au menu des « activités diverses » du conseil de prud’hommes, où Me Fougeroux espère « faire condamner solidairement l’ambassade. Car c’est par elle que le contrat de travail de Jainab a été déguisé en contrat d’ambassade, et même falsifié en indiquant un soi-disant statut de cadre ! », fulmine l’avocate. Elle dénonce « une supercherie vis-à-vis des autorités françaises », et chiffre le montant du préjudice à 460 000 €. « C’est considérable, admet-elle, mais c’est le calcul pour 32 mois de travail 24 heures sur 24… Aucune convention collective ne prévoit ça ! » Contactée, l’avocate de l’ambassade n’a pas souhaité évoquer le sujet avant l’audience.

Jainab voudrait croire en une réparation pour refermer cette longue parenthèse durant laquelle elle a dormi à même le sol, au pied du lit d’une fillette autiste, dont elle devait gérer les crises nocturnes. « Il y avait six enfants, et tout ce monde-là mangeait des choses différentes à des moments différents, réclamait toujours quelque chose, raconte-t-elle. Plusieurs fois j’ai réclamé qu’on me renvoie chez moi, mais toujours on me disait d’attendre, que ce serait bientôt… » L’employée corvéable à merci devait aussi attendre son argent, entre 250 et 300 € par mois ni déclarés, ni régulièrement payés.

Le jour où elle a menacé « d’aller à la police », les relations ont franchi un palier menaçant. « Ils me criaient dessus, ne me payaient plus, et ils avaient mes papiers… Ils m’ont fait taire ». Alors un matin de novembre, après avoir jeté un message désespéré de SOS du balcon de la résidence que le gardien n’a pas compris, elle a fui les poches vides, espérant croiser une bonne étoile. Ce fut SOS Esclaves, dont le soutien matériel et humain lui a permis de reconstruire « une vie bancale ».

LE PARISIEN

Commentaires

  • Hé oui, l’Arabie saoudite n’a jamais aboli l’esclavage et surtout pas l’esclavage sexuel. Mais quel pays fait repentance ? Devinez ?

  • Faux !! les seuls esclavagistes ne furent que les salauds d,européens qui construisirent de colossales fortunes sur le dos de pauvres Africains , le reste de la planète n,est peuplé que de braves gens , ainsi le martèle chaque jour la bien pensance et le politiquement correct , vérité absolue à laquelle je crois fortement . . .!!
    salutations.

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