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03/11/2017

Pourquoi il y aura un second procès Merah

 

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DÉCRYPTAGE - La justice a condamné jeudi soir Abdelkader Merah et Fettah Malki à 20 et 14 ans de prison. Une décision contestée par le parquet général qui a décidé de faire appel. Selon lui, la cour n'est pas allée assez loin.

Personne ne semble satisfait du verdict rendu jeudi soir par la cour d'assises spéciale de Paris à l'issue du procès Merah. Moins de 24 heures après la décision des juges de condamner Abdelkader Merah à 20 ans de prison et Fettah Malki à 14 ans, le parquet général a décidé de faire appel de leur condamnation. Pour rappel, l'avocate générale Naïma Rudloff avait requis lundi à l'encontre du frère de Mohamed Merah la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté et 20 ans pour le second accusé.

» LIRE AUSSI - Le dossier du procès d'Abdelkader Merah

 

Le parquet général a fait connaître sa décision dans un communiqué envoyé vendredi matin, estimant que les cinq magistrats professionnels qui composaient le jury n'avaient «pas tiré toutes les conséquences juridiques des faits qui lui étaient soumis». Le ministère public regrette notamment qu'ils aient acquitté Abdelkader Merah pour «complicité d'assassinats». Ce dernier a, en revanche, était condamné pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. L'appel porte également sur la peine infligée à Fettah Malki. Le ministère public a tout intérêt à le faire: s'il ne faisait pas appel, les peines infligées aux condamnés ne pourraient être alourdies lors d'un second procès.

Manque de preuves

Le verdict rendu par les juges apparait comme un compromis. En étant condamné à 20 ans de prison, Abdelkader Merah a été condamné à la peine maximum pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Par cette condamnation, la cour a voulu sanctionner le militant radical qui était en lien avec son frère au moment des faits et qui a participé au vol du scooter, utilisé par Mohamed Merah lors de ses crimes. Une décision qui va dans le sens de l'avocate générale et des parties civiles. Sauf qu'ils n'ont pas totalement suivi les réquisitions du parquet: les magistrats ont en effet estimé que les preuves manquaient pour reconnaitre Abdelkader Merah coupable de complicité d'assassinats. De quoi, cette fois-ci, donner partiellement raison à la défense, qui en avait fait un des axes majeurs de son argumentaire. Elle avait même plaidé l'acquittement.

Le second accusé, Fettah Malki, a également été reconnu coupable d'association de malfaiteurs terroriste pour avoir fourni un gilet pare-balles et une arme à Mohamed Merah. Il a été condamné à 14 ans alors qu'il en risquait 20. Dans son cas, les juges ont écouté les arguments de l'avocate générale, sans pour autant suivre à la lettre ses réquisitions. Ils ont en effet considéré que Fettah Malki ne pouvait ignorer la radicalisation de Mohamed Merah et ses motivations terroristes. Un coup dur pour ses avocats qui ont inlassablement tenté de démontrer que leur client n'avait rien à avoir avec le terrorisme.

«Le mal absolu»

C'est donc sans surprise que Fettah Malki a annoncé sa volonté de faire appel. «Après, nous verrons bien, à la réflexion, si cet appel doit être maintenu mais, pour l'instant, il a décidé de faire appel», a expliqué l'un de ses avocats Me Etelin. Fettah Malki s'est présenté comme un délinquant qui jouait le rôle de «commerçant» du quartier, insensible aux questions de religion. «On avait pensé qu'on pourrait faire comprendre à la cour qu'elle pourrait retenir une association de malfaiteurs, mais simplement de droit commun, parce que les relations entre Mohamed Merah et Fettah Malki sont des relations de délinquants de quartier». L'avocat estime qu'avec cette décision, «tous ceux qui ont eu des rapports avec les djihadistes pourront être condamnés».

Tout comme ses confrères de la défense, Me Dupond-Moretti, avocat d'Abdelkader Merah, a jugé sur France Inter que la peine infligée à son client était «lourde» et qu'elle était «intrinsèquement discutable». Il met notamment en cause l'association de malfaiteurs, la qualifiant d'«infraction fourre-tout»: «On y a mis son appartenance à une mouvance islamiste, et c'est à peu près tout ce que l'on peut y mettre». Finalement, «la question est: est-ce qu'un type qui incarne le mal absolu par les temps qui courent peut se voir condamné au bénéfice du doute?», demande-t-il, n'excluant pas de faire appel du jugement. «Il faut que je voie avec Abdelkader Merah, qu'on en discute (…) Je pense qu'on s'oriente vers un deuxième procès», a-t-il précisé.

Tous ont 10 jours pour faire appel à partir du moment où le jugement a été prononcé. Les parties civiles, qui représentent les victimes, ne peuvent pas faire appel.

22:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Le verdict de clémence a été motivé par la volonté de sauvegarder la paix dans les "quartiers". Les grands discours fanfarons des autorités sur l'éradication du terrorisme sont du pipeau !

Écrit par : dirk | 03/11/2017

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A partir du moment où, en révélant aux agences de presse qu'il était identifié et qu'il allait être arrêté chez lui, la police a fait volontairement en sorte de tuer Mohamed Merah pour qu'il n'y ait pas d'interrogatoire ni d'enquête, il n'y a pas de preuves de sa culpabilité.

Cette fuite, qui a permis de justifier de le tuer, a été ordonnée par la hiérarchie puisqu'il n'y a eu aucune sanction contre ceux qui ont communiqué à la presse cette information secrète.

Rien ne prouve que les assassinats de l'École juive aient été commis par la même personne que les autres attentats, ni que Merah n'est pas un délinquant connu des services de police auquel on a fait porter le chapeau pour couvrir les vrais auteurs.

Écrit par : PL | 04/11/2017

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de recul en recul jusqu,au bord du ravin , on finira par tomber dedans .
salutations.

Écrit par : parvus | 04/11/2017

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