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25/05/2008

Poème pour ma mère

Boulevard Mérentié

 

Il avait des maisons calmes et des passants légers

C'est là que j'appris à aimer ma mère

Plus que tout au monde

 

Les dimanches étaient pareils à des arbres fruitiers

Les semaines semailles mêmes de ma vie

 

Elle m'apprenait

La course si mobile des nuages

Le soleil des lents après-midi d'été

 

Sans mots ni phrases

Le bonheur d'aimer

Pour toute l'éternité

 

Gaëlle Mann

 

 

01:29 Publié dans Blog | Tags : poésie | Lien permanent | Commentaires (36)

17/03/2008

LE DORMEUR DU VAL

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Arthur Rimbaud à 10 ans: lequel est-ce?
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Arthur Rimbaud à 17 ans (1854-1891)

Le Dormeur du val


C'est un trou de verdure, où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine.
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud, novembre 1870

 



 

 

 

02/12/2006

DELFICA

       Ultima cumaei venit jam carminis aetas.

 

La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance,

Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,

Sous l'olivier, le myrte, ou les saules tremblants,

Cette chanson d'amour qui toujours recommence?...

 

Reconnais-tu le Temple au péristyle immense,

Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents,

Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents,

Où du dragon vaincu dort l'antique semence?...

 

Ils reviendront, ces Dieux que tu pleures toujours !

Le temps va ramener l'ordre des anciens jours;

La terre a tressailli d'un souffle prophétique...

 

Cependant la sibylle au visage latin

Est endormie encore sous l'arc de Constantin

- Et rien n'a dérangé le sévère portique.

 

 Gérard de Nerval  ( 1808 - 1855 )

 

 

 

10:56 Publié dans Poésie | Tags : Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)