Et si nous assistions à la fin d'une dangereuse et pitoyable utopie: celle de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme?
L'Homme in abstracto n'existe pas. Ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui existent, des créatures de chair et de sang. Sur celles-ci, au nom des Droits de l'Homme et de la Démocratie, on n'hésite pas à déverser des bombes et des missiles hyper-sophistiqués, dernier cri de la technique militaro-industrielle.
Est-ce la Déclaration des Droits de l'Homme ou bien celle des Droits du Cadavre?
En dépit cette vibrante Déclaration, qui hésite à serrer la main sanglante d'un terroriste? Personne... Sarközy ne fait
pas exception!
Et l'on voit Rama Yade "sortir des ses gonds", mais ne pas prendre la porte comme son honneur l'y obligerait!
Que de crimes commis en Irak, en Afghanistan, en Palestine, et partout dans le monde au nom de cette Déclaration qui ressemble à un sépulcre blanchi...
Une ministre au bord de la démission, des dissensions au sein de la majorité et une opposition déchaînée, l'arrivée du leader libyen à Paris le jour anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme provoque un profond malaise...
Une ministre qui sort de ses gonds, un concert de protestations venues de la gauche, mais aussi d'une bonne partie de la majorité, des contrats, en particulier trois milliards pour Airbus, et un accord de coopération pour le nucléaire civil : tel est le bilan de la première journée de la visite à Paris du colonel Mu'ammar al-Kadhafi. Et dire qu'il ne repart que samedi... Avant même que le leader libyen ne se pose à Orly hier en début d'après-midi, la polémique avait redoublé d'intensité après l'interview accordée à notre journal par la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade.
Des propos qui ont valu à la benjamine du gouvernement (31 ans) une convocation dès potron-minet à l'Elysée.
Rama Yade tancée, mais toujours ministre. Nicolas Sarközy a même pris soin, plus tard dans la journée, de réaffirmer publiquement son soutien à l'une de ces figures qu'il a érigées en symbole de la France du XXIème siècle. Et qu'il avait d'ailleurs été tout fier de présenter à Kadhafi lors de sa visite à Tripoli en juillet dernier ! Voir débarquer à Paris, le jour du 59ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, un leader qui a longtemps parrainé le terrorisme international et retenu en otages des infirmières bulgares, a quelque chose de choquant. De là à penser que cette visite en grande pompe, valant réhabilitation internationale pour Kadhafi, est le prix payé par l'Elysée en échange de la libération des Bulgares, il n'y a qu'un pas... que beaucoup franchissent. Comme si, aux yeux de Nicolas Sarközy la signature de contrats propres à doper les commandes des grands groupes, et donc l'emploi, valait décidément quelques entorses aux « valeurs » de la pseudo-France.
Dans les années 1970, déjà, Pompidou et Giscard vendaient à Kadhafi des Mirage. Aujourd'hui, Sarkozy - selon les mots d'un de ses conseillers - accorde à un Kadhafi qui a (officiellement) renoncé au nucléaire et au terrorisme le bénéfice de la « rédemption ».
(Source: Le Parisien - 11.12.07)