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  • Iran: démonstration de force contre toute attaque d'Israël ou des Etats-Unis

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    Missile en position de tir quelque part dans le désert iranien (09 juillet 2008)
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    Les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime islamique de Téhéran, ont tiré mercredi un missile capable d'atteindre Israël, provoquant l'inquiétude internationale au moment où Américains et Israéliens n'écartent pas l'option militaire dans la crise du nucléaire iranien.

    Selon la chaîne de télévision iranienne en arabe Al-Alam, neuf missiles ont été lancés dans le cadre de manoeuvres, notamment un "Shahab 3"  équipé d'une charge conventionnelle, d'un poids d'une tonne et d'une portée de 2.000 km", soit deux fois la distance séparant la frontière ouest de l'Iran d'Israël.

    La chaîne iranienne en anglais Press-TV a diffusé des images du lancement du Shahab 3 dans une zone désertique non identifiée d'Iran.

    Selon l'agence Fars, le missile emportait une "tête à fragmentation" permettant d'effectuer "une sorte de bombardement des bases militaires, des lieux de regroupement des soldats et des navires ennemis".

    Le Shahab 3 avait été testé pour la première fois en novembre 2006 mais ces nouveaux tirs interviennent dans une période de tension croissante avec l'Occident alors que Téhéran refuse de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium soupçonné de servir des ambitions militaires.

    Du sommet du G8 au Japon, les Etats-Unis ont demandé la fin du programme balistique de Téhéran.

    "La production de missiles balistiques par l'Iran constitue une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU et est totalement incompatible avec les obligations de l'Iran" envers la communauté internationale, a déclaré un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.

    "Les Iraniens devraient arrêter immédiatement le développement de missiles balistiques, qui peuvent être utilisés comme vecteur militaire pour une éventuelle arme nucléaire", a-t-il ajouté.

    Israël, assurant ne rechercher "ni le conflit ni les hostilités avec l'Iran", a exprimé ses inquiétudes. "Personne au sein de la communauté internationale ne devrait rester indifférent aux programmes nucléaire et balistique iraniens", a déclaré le porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert, Mark Regev.

    La France a accueilli "avec préoccupation" l'annonce du tir du missile iranien, estimant que ces essais ne "peuvent que renforcer les inquiétudes de la communauté internationale". Le gouvernement allemand a pour sa part appelé Téhéran à renoncer à "toute tentative d'intimidation". Berlin a regretté un "geste de mauvaise volonté" de l'Iran alors que les grandes puissances examinent la réponse iranienne à une offre de coopération en échange de la suspension de ses activités nucléaires les plus sensibles.

    "Nos missiles sont prêts à être lancés n'importe où, n'importe quand, vite et avec précision", a déclaré mercredi le commandant des forces aériennes des Gardiens Hossein Salami, cité par Al-Alam.

    Des navires britanniques et américains avaient de leur côté achevé mardi cinq jours de manoeuvres dans le Golfe visant à protéger des installations pétrolières, selon la 5e flotte américaine basée à Bahreïn.

    Le chef d'état-major de l'armée iranienne avait averti samedi que son pays fermerait le détroit d'Ormuz, à l'entrée du Golfe, par où transite environ 40% du pétrole mondial, si ses intérêts étaient en jeu.

    Mardi, l'Iran avait menacé de "mettre le feu" à Tel-Aviv et à la flotte américaine dans le Golfe en cas d'attaque contre ses installations nucléaires.

    Washington a minimisé ces menaces et répété mardi vouloir régler le conflit par la voie diplomatique. Mais les Etats-Unis, comme Israël, n'ont pas exclu un recours à la force pour empêcher l'Iran d'acquérir la bombe atomique. AFP.09.07.08

  • L'affaire Grégory relancée

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    Jean-Marie et Christine Villemin

    L'espoir de savoir un jour qui a tué le petit Grégory Villemin en 1984 renaît. Selon nos informations, le parquet général de Dijon (Côte-dOr) a pris des réquisitions ce matin en faveur de la réouverture de ce dossier qui avait été clôturé en avril 2001. Officiellement saisie, c'est désormais à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon de se prononcer.

    Cette décision fait suite à une demande formulée à l'été 2007 par Jean-Marie et Christine Villemin, parents du garçon de 4 ans retrouvé noyé pieds et poings liés dans la Vologne le 16 octobre 1984.

    Les époux Villemin motivaient leur requête sur les progrès des techniques en matière de recherches d'ADN. Un expert national a alors été désigné pour savoir s'il était envisageable de retrouver des traces génétiques sur les scellés constitués au début de cette affaire criminelle. Le scientifique a répondu que de telles investigations étaient faisables.

    Conforté par cet avis, le parquet général de Dijon a donc estimé que cette possibilité offerte par la science constituait un nouvel élément utile à la manifestation de la vérité. Officiellement saisie, c'est désormais à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon de se prononcer. Elle peut décider de rouvrir ou non ce dossier qui reste l'un des plus grandes énigmes criminelles de l'histoire.

    "C'est elle, c'est la mère, forcément", disait à l'époque Marguerite Duras.

  • La centrale nucléaire du Tricastin: les autorités s'efforcent de minimiser le danger

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    Centrale nucléaire du Triscastin à Saint Paul-les-Trois-Châteaux (Vaucluse)

    Quelque 360 kg d'uranium se sont déversés dans l'environnement du site nucléaire du Tricastin, sur la commune de Bollène (Vaucluse), dans la nuit du 7 au 8 juillet. L'accident est survenu dans une installation de la société Socatri, filiale d'Areva, qui assure la décontamination de matériels et la récupération de l'uranium traité par l'usine d'enrichissement d'Eurodif, installée sur le même site. Les circonstances du déversement accidentel de 30 m3 de solution contenant 12 grammes d'uranium par litre restent encore à élucider.


    Pourquoi observe-t-on, au voisinage de certaines installations nucléaires, davantage de leucémies infantiles que dans le reste de la population ? En dépit de plus d'une centaine d'enquêtes épidémiologiques menées dans une dizaine de pays, les experts n'ont toujours pas de réponse à cette question. Le débat a été relancé en décembre 2007 par une étude allemande qui montrait que, parmi les enfants de moins de cinq ans ayant grandi dans un rayon de cinq kilomètres autour d'une des seize centrales nucléaires germaniques, les cancers du sang étaient 2,2 fois plus fréquents qu'au niveau national.

    Les préfets du Vaucluse et de la Drôme ont interdit, jusqu'à nouvel ordre, la consommation d'eau potable issue de captages privés sur trois communes, mais aussi la baignade et la pêche dans les cours et plans d'eau avoisinants. L'irrigation agricole est stoppée. Les effluents radioactifs se sont en effet infiltrés pour partie dans le sol à l'intérieur même de l'établissement.

     Mais une quantité mal évaluée a rejoint par le réseau des eaux pluviales les rivières de la Gaffière, puis du Lauzon qui se déverse dans le Rhône. La société Socatri, qui a immédiatement effectué des mesures, "a constaté un dépassement de la valeur préconisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les eaux destinées à la consommation humaine d'un facteur 1000 pendant une courte période correspondant au passage du pic de pollution", indique l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Chargé de l'expertise en cas d'accident, cet organisme estime cependant que les "conséquences radiologiques pour les populations devraient être négligeables".

    100 FOIS LE REJET ANNUEL

    "Dans la mesure où les gens ne consomment pas l'eau de la nappe phréatique, les risques de contamination sont inexistants"
    , estime Thierry Charles, directeur de la sûreté des usines à l'IRSN. Un plan de surveillance sur 12 points de prélèvement d'eau va être mis en place pour vérifier l'évolution des teneurs dans les semaines et les mois à venir. Ces analyses permettront de déterminer à quelle échéance les mesures de restrictions pourront être levées. Elles pourraient l'être à plus faible délai dans les cours d'eau, qui assurent une dilution plus rapide, "lorsque nous serons assurés que l'uranium ne s'est pas fixé sur les sédiments", précise Charles-Antoine Louet, chef de division de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à Lyon.

    Si les autorités se veulent rassurantes, les associations de défense de l'environnement s'inquiètent de l'ampleur de la pollution. Sortir du nucléaire évoque le risque de cancer lié aux contaminations de ce type. Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), note que "la radioactivité contenue dans ce rejet a été plus de 100 fois supérieure à la limite annuelle fixée pour cet établissement". Il ne veut pas encore se prononcer sur l'impact environnemental et sanitaire de l'accident, "attendant plus de données pour l'évaluer". Il y a quelques jours, la Criirad s'était inquiétée de l'entreposage sous un tumulus de terre de 770 tonnes de déchets radioactifs d'origine militaire au Tricastin. "Cela fait beaucoup pour un site qui est la deuxième plate-forme nucléaire française, après La Hague", note-t-il.

    (Le Monde 09 juillet 2008)

    Rassurant?

    Dernier épisode en date, la société Socatri, qui gère la centrale, précise ce midi que la fuite est finalement moins importante qu’annoncé. Au lieu des 360 kg d’uranium, soit 30 mètres cubes, il ne s’agit plus que 75 kg, soit 6,25m3.
    Plus précisément, la préfecture explique qu’il s’agit en fait de 18m3 contenant 12 g d’uranium par litre, soit 224 kg d’uranium naturel. Car 150kg d’uranium sont finalement restés sur le site...
    Tous les relevés effectués, que ce soit dans la nappe phréatique, dans les cours d’eau ou même dans des prélèvements privés, n’ont révélé aucun élément anormal, selon Socatri.

    Des inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire sont attendus sur place demain, pour en avoir le cœur net. Le ministère de l’Ecologie juge, pour l’heure, que “les risques pour l’homme sont négligeables avec les mesures de précaution prises”.

    Quoi qu’il en soit, la Criirad a annoncé son intention de porter plainte dans les prochaines semaines. Outre cette fuite, la Criirad dénonce notamment à travers cette plainte “la répétition des fuites (au Tricastin) au niveau des canalisations de rejet (avril et août 2007), des cuves de rétention (octobre 2007) et de la station de traitement de rejet (novembre 2007)”.

    (France Info 09 juillet 2008)