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  • Mort de Marc: les Diafoirus font appel

    Les deux médecins condamnés à Douai à trois ans de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger, après la mort en 2006 du petit Marc sous les coups de son beau-père, ont fait appel vendredi.
     Les deux généralistes, qui avaient examiné l'enfant décédé le 25 janvier 2006 au domicile familial d'Auby (Nord), et rédigé des certificats médicaux d'automutilation alors qu'il était régulièrement battu par son beau-père, avaient été condamnés - outre les trois ans de prison avec sursis - à respectivement 60.000 et 75.000 euros d'amende.

    "L'appel pour les deux médecins a été interjeté vendredi après-midi", a déclaré leur avocat, Me Vincent Potié. Le premier des deux médecins à avoir reçu Marc en consultation, le 30 décembre 2005, avait exclu dans un certificat tout geste malveillant de la part de la mère ou de son compagnon, après avoir examiné partiellement l'enfant couvert d'hématomes.

    Le 17 janvier 2006, quelques jours avant la mort de Marc, un autre médecin exerçant dans la même maison médicale avait rédigé "un certificat de liaison à un confrère de l'hôpital de jour" en adressant l'enfant "pour troubles de la sociabilité avec automutilation".
    Selon un rapport du médecin légiste, l'enfant avait à cette date, hormis des traces de bleus, des côtes et le bassin fracturés ainsi qu'une broncho-pneumonie.
    Le Point.fr - 14.11.08

  • CHARD

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  • L'italie submergée par l'immigration africaine

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    Ile de Lampedusa, point de débarquement des clandestins...

    Alors que le gouvernement italien va régulariser 170 000 sans-papiers à la fin du mois, 40 000 immigrés sont entrés clandestinement dans le pays depuis janvier 2008

    L'année 2008 marquera un record d'arrivées d'immigrés en Italie : 40 000 sont entrés clandestinement dans le pays (contre 14 000 en 2007) depuis janvier. Plus de 23 000 ont débarqué sur les côtes, provenant pour la plupart d'Afrique du Nord. Quelque 39 000 ont été régularisés.

    C'est de Libye que provenaient les derniers arrivants : jeudi à l'aube, les vedettes de la garde des Finances (police fiscale) ont secouru au large de l'île de Lampedusa (entre Libye et Sicile) une embarcation à bord de laquelle se trouvaient 274 personnes, dont 45 femmes et 11 mineurs. Quelques dizaines d'autres immigrés s'étaient embarqués sur des unités plus petites. La plupart ont déclaré arriver de Somalie ou du Nigeria, deux pays dévastés par la guerre civile, ce qui leur permet de prétendre au "statut d'immigrés politiques" et au permis de séjour délivré pour cause exceptionnelle. Cet afflux constitue un casse-tête pour les autorités italiennes. Le gouvernement s'apprête à régulariser fin novembre 170 000 autres sans-papiers, dont 95 000 gardes-malades et «tatas» recrutés pour s'occuper des personnes âgées ou des enfants en bas âge.

    Le pays compte 650 000 clandestins qui s'ajoutent aux 4 millions d'immigrés - soit 6,7 % de la population (contre une moyenne européenne de 6 %) -, recensés par l'organisation humanitaire catholique Caritas. C'est deux fois plus qu'à la fin des années 1990. Ces immigrés contribuent pour 9 % au revenu national. Plus de 80 % ont moins de 45 ans. La majeure partie habite les régions du Nord, Lombardie et Vénétie en tête.

     

    Les doutes de la Ligue du Nord

     

    Contrairement à une idée reçue, le gouvernement de Silvio Berlusconi n'a pris aucune mesure drastique pour freiner l'afflux des clandestins. Refoulements aux frontières et expulsions restent limités à quelques centaines de cas. La Ligue du Nord, l'allié populiste et xénophobe de Silvio Berlusconi, demande bien à suspendre pour deux ans les quotas d'immigration afin de résorber la situation actuelle.

    Mais ni sa suggestion de créer un permis à points ni ce moratoire n'ont reçu aucun début d'application. Pour suppléer aux centres de rétention (CRT) désormais surchargés, des contrats ont été passés avec des hôtels et des associations religieuses en vue de créer 49 structures alternatives qui hébergeront 9 000 nouveaux arrivants.

    Jeudi, en appelant à s'affranchir des «lieux communs», le chef de l'État, Giorgio Napolitano, a rendu hommage à «l'afflux de nouvelles énergies provenant du monde entier qui ont donné fraîcheur et force à la nation italienne». Le Vatican s'est aussitôt solidarisé de ces propos en les trouvant «justes», tandis que le ministre aux Affaires sociales, Maurizio Sacconi, réaffirmait la volonté du gouvernement de limiter le droit d'entrée sur le territoire aux seuls immigrés ayant un bagage professionnel, aux infirmières et aux gens de maison.

    Le Figaro - 14.11.08

  • Tués et brûlés par un récidiviste!

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    Mathieu Campana, 85 ans  - villa incendiée par le meurtrier

    Le tueur "présumé" d'un couple d'octogénaires, retrouvés morts après l'incendie de leur pavillon de Viry-Châtillon (Essonne), a été mis en examen, vendredi après-midi, pour meurtres en état de récidive légale. Sauf coup de théâtre, un juge des libertés et de la détention devrait décider dans la soirée de son placement en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet.

    Arrêté mercredi, cet homme de 41 ans avait été condamné en 1990 par la cour d'assises de la Gironde à quinze ans de réclusion criminelle pour un meurtre à coups de couteau. Il était sorti de prison en 1997 en bénéficiant des réductions de peine prévues par la loi.

    Le 4 novembre,  appelés pour l'incendie d'un pavillon à Viry-Châtillon, les secours ont découvert Mathieu Campana, 85 ans et son épouse Renée, 80 ans, d'origine corse, dans leur chambre au premier étage du pavillon. 
    Ligotés et bâillonnés, ils avaient été très violemment frappés avec un couteau, qui n'a pas été retrouvé. Les corps étaient en partie calcinés.

    Lors de sa garde à vue, le suspect a reconnu le double meurtre, qu'il aurait perpétré sous l'emprise de l'alcool, après une dispute avec son ex-femme. Il a expliqué que le couple lui devait de l'argent pour des travaux de maçonnerie qu'il aurait effectués à leur domicile. Une quarantaine de minutes après les faits, il avait effectué un retrait de quelques centaines d'euros avec une carte bancaire volée au couple, et avait été identifié grâce à la vidéosurveillance de la banque.

    Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. 

    Leparisien.fr avec AFP - 14.11.08

    ndb: Que vient faire là l'origine "corse" des malheureux assassinés par une crapule récidiviste? C'est l'origine du meurtrier qu'on aimerait connaître

     

     

  • Divine surprise!

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    Toujours chic...

    Divine surprise matinale pour l'économie hexagonale nationale: la France échappe à la récession au troisième trimestre avec une croissance de +0,14% par rapport au deuxième trimestre, a annoncé vendredi la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
     
    Première personne à l'annoncer mais aussi à s'en féliciter, la ministre n'a pas caché non plus sa surprise : "Le chiffre est étonnant puisque chacun s'attendait à un chiffre négatif et se préparait à débattre sur la récession, puisque la récession c'est techniquement deux trimestres successifs négatifs", a ainsi commenté Christine Lagarde sur l'antenne de RTL.

    Si la France échappe à la récession en 2008, il faudra voir quelles conséquences aura pour elle la crise financière en 2009, a toutefois prévenu François Fillon vendredi. "On va voir pour 2009. Nous ne savons pas encore quelle sera l'ampleur de la crise internationale en 2009, nous ne savons pas encore quelles seront ses conséquences sur l'économie française", a-t-il dit à l'occasion de sa visite organisée sur le thème de la crise économique à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne.

    "La France n'est techniquement pas en récession"
     
    L'Insee, qui doit publier les premiers chiffres de la croissance française un peu plus tard dans la matinée, tablait dans ses dernières prévisions sur une diminution du PIB de 0,1%, après une baisse de 0,3% déjà enregistrée au trimestre précédent. "La France, contrairement à l'Allemagne qui fait -0,5 et à la Grande-Bretagne qui fait -0,5, fait +0,14%", a indiqué Christine Lagarde. "C'est une bonne nouvelle, ça signifie que la France n'est pas techniquement en récession", a-t-elle expliqué, estimant que "la politique du gouvernement est en train de produire ses effets".

    Tous les pays de la zone euro ne peuvent pas se réjouir de la sorte. Globalement, celle-ci est entrée en récession pour la première fois depuis sa création en 1999, avec un recul de 0,2% de son Produit intérieur brut au troisième trimestre par rapport au précédent, a indiqué vendredi l'Office statistique européen Eurostat. 

    Outre l'Allemagne, l'Italie, troisième économie de la zone euro, voit son PIB se contracter de 0,5% au troisième trimestre. L'Espagne, comme la France, échappe pour l'instant au même sort. Les Pays-Bas enregistrent pour leur part une croissance nulle (0,0%) pour le deuxième trimestre consécutif.

    Le moteur de la consommation

    Plus concrètement, ce sont la consommation des ménages et l'investissement des entreprises qui semblent être "les deux moteurs qui, au troisième trimestre, ont tiré la France au-delà de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne", s'est félicitée Mme Lagarde. Selon elle, la consommation "a tenu un peu mieux" qu'au deuxième trimestre et l'investissement des entreprises a été "bien meilleur", progressant de 0,3% au troisième trimestre contre -1,0% au trimestre précédent. Quant au troisième pilier de la croissance, le commerce extérieur, il a eu un effet neutre sur la croissance car "les importations et les exportations se sont à peu près équilibrées", a précisé la ministre.

    Le gouvernement prévoit toujours une croissance "autour de 1%" en 2008. Pour l'an prochain, il a récemment abaissé ses prévisions, entre 0,2% et 0,5%, et n'exclut pas de les revoir encore. La Commission européenne prévoit quant à elle une croissance française de 0,9% cette année et une croissance nulle l'an prochain. Le Fonds monétaire international (FMI) a quant à lui averti que la France devrait subir une récession en 2009, avec un recul du PIB de 0,5%, tout comme l'ensemble de la zone euro.

    LCI.14.11.08 

  • Saakachvili met en garde son ami Sarközy...

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    La hauteur des talons semble avoir augmenté!

    Le président géorgien Mikheïl Saakachvili, en visite jeudi en France, a appelé son homologue français Nicolas Sarkozy, président de l'UE, à ne pas céder à la "realpolitik", à la veille d'un sommet Russie-UE qui pourrait marquer une normalisation des relations avec Moscou.

    Les deux dirigeants, qui s'étaient rencontrés à Tbilissi en plein conflit russo-géorgien en août, puis en septembre, se sont entretenus dans l'après-midi à la présidence française.

    Le président géorgien voulait s'assurer que les Européens ne renoncent pas au principe de l'intégrité territoriale de son pays, alors que la Russie a reconnu l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, deux régions séparatistes où elle a déployé des milliers d'hommes.

    "Il y a des éléments de realpolitik très présents dans le monde aujourd'hui, parce que c'est la crise mondiale, les gens pensent à leurs propres problèmes", a déclaré M. Saakachvili sur la radio France Inter.

    "Mais il faut toujours garder des principes", a-t-il ajouté. "La Russie veut que l'Europe accepte le fait accompli. C'est pour ça que c'était très important pour moi de venir et voir Nicolas Sarkozy qui m'a rassuré", a-t-il confié à la chaîne de télévision Canal plus.

     

    Selon lui, le président français est prêt à insister sur cette question lors de ses entretiens avec Dmitri Medvedev vendredi à Nice, lors d'un sommet euro-russe.

    M. Sarkozy avait négocié, au nom de l'UE, un accord de cessez-le-feu le 12 août entre Moscou et Tbilissi, puis un plan de paix, le 8 septembre.

    Le fait que M. Sarkozy "ait tenu à recevoir M. Saakachvili à la veille du sommet avec la Russie (à Nice, dans le sud-est, ndlr) montre que la France et l'Europe restent solidaires de la Géorgie et engagées à ses côtés", a-t-on déclaré à la présidence française.

    A cet égard, Paris entend oeuvrer pour "le rapprochement de l'UE et de la Géorgie" afin d'établir d'ici "quelques années" un "partenariat privilégié" entre Tbilissi et l'UE, selon la même source.

    Le président français a également réitéré auprès de son homologue géorgien "la position très ferme en faveur de l'intégrité territoriale de la Géorgie".

    Des divergences opposent néanmoins Tbilissi et Paris sur le respect par Moscou des accords conclus et qui portent sur le retrait de forces russes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.

    Alors que la Géorgie parle de "violation flagrante" des engagements passés, la France considère qu'ils sont globalement respectés et Nicolas Sarkozy s'est prononcé la semaine dernière pour la reprise des négociations européennes sur un partenariat renforcé avec Moscou.

    La date de la reprise de ces pourparlers doit être décidée lors du sommet.

    Leur suspension avait été la seule mesure prise par l'UE pour marquer sa désapprobation face à la riposte militaire russe en Géorgie, après l'offensive de Tbilissi pour reprendre le contrôle de l'Ossétie du Sud.

    La France a néanmoins promis de "ne pas revenir au "business as usual" avec la Russie" et de la pousser à "s'engager de façon constructive" dans les discussions lancées le 15 novembre à Genève sur le Caucase.

    Mais vu le contexte économique mondial, il semble peu probable que M. Sarkozy presse Moscou de poursuivre le retrait de ses troupes de Géorgie lors du sommet de Nice.

    En effet, l'UE entend pousser l'administration Bush à s'engager à prendre des mesures pour la refonte du système financier international lors du G20 à Washington, ce week-end, et les Russes pourraient être un allié de poids.

    Le président russe Dmitri Medvedev a estimé jeudi que la Russie et l'Union européenne allaient pouvoir "parler d'une seule voix" au sommet de Washington.

    AFP. 14.11.08

  • Vanneste: les gays saisissent la CEDH

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    Les associations homosexuelles qui s'étaient portées parties civiles contre le député Christian Vanneste pour dénoncer les propos pour lesquels il a été blanchi mercredi par la Cour de cassation vont saisir la Cour européenne des droits de l'Homme.

    Le député avait été poursuivi pour avoir déclaré que l’homosexualité «était inférieure moralement à l’hétérosexualité», et avait ajouté: «Si on la poussait à l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité. 

    SOS-Homophobie, Act-Up Paris et le Syndicat national des entreprises gays (Sneg) "m'ont mandatée pour saisir la CEDH contre cet arrêt de la Cour de cassation", a confirmé l'avocate Caroline Mécary, contactée par le Figaro.fr. Cette saisit pourrait se faire «dans les quinze jours» a-t-elle précisé. «La CEDH a la possibilité de contecarrer la jurisprudence de la Cour de cassation, puisque les décisions de la CDEH prévalent sur la juridiction française» explique-t-elle. 

    Elle se dit confiante : «je pense que la Cour européenne peut avoir une analyse complètement inverse de celle de la Cour de cassation. Car pour elle, "au niveau européen, les juges sont plus sensibles que les juges français aux discriminations, en particulier celle de l’homophobie". "La Halde, (Haute autorité de lutte contre les discriminations, ndlr), résulte d’ailleurs d’une transposition d’une directive européenne", rappelle-t-elle. 

    L’avocate fustige une décision de la Cour de cassation rendue "rapidement", "alors que les deux précédentes juridictions , qui avait considéré qu’il s’agissait de propos injurieux, le TGI de Lille et la Cour d ’appel de Douai, l’avait rendu après 6 heures de débats et après avoir écouté de nombreux témoins", soulignent-elle. 

    Cette décision «va largement au delà des discriminations homosexuelles», ajoute l’avocate. «C’est un blanc-seing donné à un Jean-Marie Le Pen qui voudrait affirmer que les Juifs sont inférieurs moralement aux catholiques».  «La Cour n’a sans doute pas mesuré à quel point sa décision concernait la société tout entière et pas que les homosexuels", poursuit-elle. "Elle touche tous ceux qui présentent une différence qui leur a valu d’être stigmatisés comme les femmes, les juifs, les noirs, les handicapés". 

    Carolyne Mecary avait précédemment obtenu de la CEDH la condamnation de la France pour discrimination à l’encontre d’une homosexuelle, qui s’était vu refusé le droit à adopter en tant que célibataire.

    Le Figaro - 13.11.08

  • Entretien du président Medvedev avec le Figaro: main tendue à Obama

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    Entretien à Gorki

    ENTRETIEN EXCLUSIF - Le chef de l'État russe est prêt à abandonner sa décision de déployer des armes nucléaires à Kaliningrad si le nouveau président américain renonce à implanter en Pologne un bouclier antimissile.

    LE FIGARO. - M. le Président, vous accordez au Figaro votre première interview à la presse étrangère depuis l'élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis. Vous avez menacé de déployer des missiles à Kaliningrad. N'était-ce pas placer vos relations avec le nouveau président américain sur un mode conflictuel ?
    Dmitri MEDVEDEV. - Je tiens à dire que mon intervention du 5 novembre devant le Parlement n'est pas liée aux élections aux États-Unis ou à des événements internationaux particuliers. Il s'agit d'un message en premier lieu à usage interne. La décision de l'actuelle Administration américaine de déployer un système de défense antimissile sans avoir obtenu le consentement de l'Europe ni de ses partenaires de l'Otan est un vrai problème. Nous avons posé à plusieurs reprises des questions claires à nos partenaires américains : à quoi vous sert ce système ? Qui vise-t-il ? Sera-t-il efficace ? Nous n'avons pas reçu de réponse appropriée. Mieux, nous avons fait des propositions sur un système de sécurité globale, nous avons offert d'utiliser nos systèmes radar ainsi que les systèmes de nos proches alliés comme l'Azerbaïdjan, sans être entendus. Nous ne pouvons pas ne pas réagir au déploiement unilatéral des missiles et des radars.

    Mais nous sommes prêts à abandonner cette décision de déployer des missiles à Kaliningrad si la nouvelle Administration américaine, après avoir analysé l'utilité réelle de système pour répondre à des «États voyous», décide d'abandonner son système antimissile. La première réaction des États-Unis montre que la nouvelle Administration réfléchit là-dessus. Nous sommes prêts à négocier sur une «option zéro». Nous sommes prêts à réfléchir à un système de sécurité globale avec les États-Unis, les pays de l'Union européenne et la Fédération de Russie.

    Quant à mes relations personnelles avec le président élu Barack Obama, je peux dire que j'ai eu un bon entretien au téléphone avec lui. Nous espérons bien créer des relations franches et honnêtes et résoudre avec la nouvelle Administration américaine les problèmes que nous n'avons pas réussi à régler avec l'Administration actuelle.

    Le nouveau président américain bénéficie d'un très grand capital de confiance. Il a été élu dans une période très compliquée et je lui souhaite beaucoup de chance dans l'exercice de ses fonctions.

    Aurez-vous l'occasion de rencontrer Barack Obama en marge de la réunion du G20 ce week-end à Washington ?
    C'est une question de cuisine interne américaine. Aux Américains de décider de l'opportunité pour le président élu de participer à la réunion. En tout cas, nous nous sommes mis d'accord pour nous rencontrer sans tarder.

    Demain, vous serez à Nice pour un sommet Russie-Union européenne. Certains pays membres sont toujours préoccupés par le maintien d'effectifs militaires russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie plus importants qu'avant le 7 août. Allez-vous réduire ces effectifs ?
    Aucun texte, y compris notre accord avec le président Sarkozy, ne réglemente nos contingents militaires. Lorsqu'il s'agissait de débloquer la situation, nous parlions du retrait de nos forces de maintien de la paix. Mais cette étape est terminée. À présent, les effectifs et la localisation des bases militaires sont définis par les accords de coopération bilatéraux signés par la Russie avec ces deux pays, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud. Cela dans le but de préserver la vie des habitants et d'éviter une catastrophe humanitaire. Ce qui justifie un certain effectif.

    L'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud est-elle irréversible ?
    Notre décision de reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie est irréversible. Du point de vue du droit international, ces deux entités existent.

    Le président Sarkozy a convaincu ses partenaires européens de reprendre les négociations pour établir un partenariat stratégique entre l'UE et la Russie. Qu'en attendez-vous ?
    Je voudrais rendre hommage aux efforts du président Sarkozy pour renforcer les relations entre l'UE et la Russie dans tous les domaines. Nous avons besoin des investissements réciproques. L'Europe est le plus grand consommateur de l'énergie russe, nous sommes de grands acheteurs des technologies et produits européens. Rien qu'avec la France, nos échanges s'élèvent à 16 milliards de dollars par an et progressent. Nous avons besoin de fondations solides à nos relations, c'est l'objet de ce nouvel accord. La Russie a été, demeure, et restera une partie intégrante de l'Europe. Notre intérêt est d'avoir des relations aussi étroites que possible.

    Vous participez ce week-end au sommet de Washington sur la crise. Arrivez-vous à Washington avec des propositions précises ?
    Non seulement je vais arriver avec des propositions mais je les ai déjà envoyées au président Sarkozy, au premier ministre Berlusconi, à la chancelière Merkel, au premier ministre Brown. Ce n'est pas un secret, nous partageons la même vision de la genèse et de la nature de la crise. Nous devons trouver des solutions pour stabiliser durablement le système financier et le réformer. Comment minimiser les dégâts de la crise actuelle ? Comment éviter la répétition d'une telle crise ? Nous devons trouver les réponses à ces deux questions clés.

    La nouvelle architecture financière mondiale doit être en premier lieu plus transparente, plus prévisible. Il faut jeter les bases d'un nouveau Bretton Woods qui comprendra de nouvelles institutions internationales de crédit, un nouveau système de comptabilité, un nouveau système d'assurance du risque. Nous avons proposé l'idée d'un système d'alerte préalable des risques, qui doit être repris à leur compte par tous les pays.

    La Russie n'est pas à l'abri de la récession économique mondiale. Êtes-vous prêts à un plan massif de relance comparable par exemple à celui qui a été annoncé par la Chine ?
    C'est un défi majeur. Tous les dirigeants du pays sont prioritairement chargés de minimiser les conséquences de cette crise globale. Nous avons déjà adopté une série de mesures importantes, notamment dans le secteur bancaire dont nous avons augmenté les liquidités, et dans le secteur productif. Nous continuons de suivre la situation très attentivement, ainsi que les décisions de nos partenaires européens et chinois. Cependant, bien qu'il s'agisse d'une crise mondiale, il n'y a pas de recette universelle, et chaque économie est différente.

    Pourriez-vous être amenés à nationaliser les banques, dès lors qu'une partie de l'argent que vous injectez part à l'étranger ?
    Il y a effectivement une fuite de capitaux à l'étranger. Pour autant, la nationalisation n'est pas la solution. Il faut sauvegarder les banques clés du système, celles qui assurent la circulation financière dans le pays. Il faut également protéger l'épargne des citoyens qui est garantie par l'État. Si nécessaire, nous pouvons prendre des mesures telles que des prises de participation par l'État, comme cela a été fait avec succès aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. Mais même si une partie du capital des banques est transférée à l'État, cela doit être provisoire. Ces actions seront revendues sur le marché. J'ai dit dans mon message au Parlement que nous n'avons pas besoin d'une économie étatisée. Nous avons besoin d'une économie efficace, d'une économie de marché fondée sur la propriété privée.

    La forte baisse du prix du pétrole va peser lourdement sur le budget de la Russie. Imaginez-vous que le pétrole puisse remonter rapidement ?
    Les baisses considérables des cours comme les hausses spéculatives déstabilisent la situation. Bien sûr, nous ne pouvons nous réjouir quand les prix plongent en deçà d'un seuil jugé raisonnable par tous les pays producteurs de pétrole. Mais notre budget est bien protégé contre cette baisse grâce à notre fonds de réserve qui permet de maintenir les dépenses budgétaires sociales et économiques. À long terme, je suis sûr que la tendance du prix du pétrole sera orientée à la hausse. Dans l'immédiat, personne n'est capable de le dire. La science économique en est réduite à être transformée en art.

    Le Figaro - 13.11.08

  • Les saboteurs du rail: l'ADN parlera - Eventuelles complicités avec des cheminots

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    A Tarnac, en Corrèze

    La garde à vue des dix personnes soupçonnées d'avoir saboté les caténaires de a SNCF a été prolongée de 24 heures jeudi matin. Mené par un fils de cadre supérieur, le groupuscule suspecté, en lien avec la gauche radicale européenne, était surveillé depuis onze mois.

    L'interrogatoire des saboteurs présumés de la SNCF a été prolongé de 24 heures jeudi matin. Neuf personnes sont en garde à vue dans les locaux de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à Levallois (Hauts-de-Seine) et une dixième personne interpellée à Baccarat (Meurthe-et-Moselle) et mère d'une des gardées à vue, est en garde à vue à Nancy. Leurs gardes à vue peuvent être prolongées une dernière fois vendredi matin. Ces personnes se sont jusqu'à maintenant montrées «peu disertes», selon une source judiciaire.

    Qui est le mystérieux «cerveau» du groupuscule d'ultragauche ? Présenté comme le «principal mis en cause» dans la campagne de sabotages ayant visé la SNCF, Julien Coupat n'a rien de la caricature du squatter alternatif ou du marginal hirsute. Au contraire, cet ultra de 34 ans aurait pu avoir une vie sociale parfaitement intégrée s'il n'en vomissait pas les règles. Se réclamant de l'héritage d'Action directe, des Brigades rouges italiennes et d'un esprit libertaire post-soixante-huitard assez paranoïaque, ce fils de cadre supérieur a confortablement grandi à Paris où il a suivi ses études jusqu'à intégrer l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Fasciné par le romantisme de la clandestinité, le jeune intellectuel, taiseux au téléphone, vivotait reclus dans une ferme communautaire de Tarnac (Corrèze). Un mode de vie altermondialiste, qu'il mettait volontiers entre parenthèses lorsqu'il revenait sur Paris. Il y dispose d'un coquet appartement dans le XXe arrondissement, qu'il partage avec sa compagne, Yldune. Âgée de 26 ans, cette dernière y a été interpellée lors du coup de filet. Le petit-bourgeois en rupture de ban - mais roulant en Mercedes - est connu pour violences et dégradations.

    Depuis combien de temps le groupe était-il surveillé ?

    Depuis au moins onze mois pour son noyau dur, sinon plus : Julien Coupat et au moins un de ses «compagnons de lutte» ont été repérés à New York dès la fin janvier 2008, lors d'une manifestation violente contre un centre de recrutement de l'armée à Times Square. Le FBI avait alors demandé des renseignements à ses homologues français. Un mois plus tard, alors que le même bâtiment était la cible d'un attentat, trois inconnus avaient pris la fuite lors d'un contrôle à la frontière canadienne en abandonnant sur place des papiers d'identité français. Les services de renseignement étaient remontés sur des «activistes en lien avec l'extrême gauche allemande et divers réseaux européens». Comme en témoigne le ballet de voitures immatriculées de toute la France et de l'étranger décrit par les riverains de la ferme corrézienne, les «anarcho autonomes» disposaient de «relais» à l'extérieur du pays.

    Lors de leur coup de filet, les policiers ont interpellé Benjamin Rouzot, un Franco-Belge de 30 ans qui avait quitté le royaume en 1984, un autre suspect né en Belgique ainsi qu'une femme originaire de Suisse. La présence du groupuscule aurait été remarquée en marge de sommets internationaux, comme les récents G8 organisés en Allemagne et en Grèce. Ils ont été vus aussi lors des manifestations anti-CPE en 2006, des mouvements lycéens de décembre 2007 ou, plus récemment, des défilés contre le fichier de police Edvige.

    Les perquisitions ont-elles été fructueuses ? Policiers et magistrats restent discrets sur le degré d'implication des suspects tant que les gardes à vue menées par la sous-direction antiterroriste (SDAT) ne sont pas achevées. Les enquêteurs ont cependant retrouvé en perquisition à Paris, à Tarnac ou vers Nancy du matériel d'alpinisme susceptible de permettre de grimper jusqu'aux caténaires, des cylindres de fer forgé ou encore un manuel sur le «comportement à adopter lors d'une garde à vue». Aucun indice matériel n'autorisait cependant mercredi de les rattacher directement aux sabotages. Diverses comparaisons génétiques sont en cours avec l'échantillon d'ADN recueilli par les gendarmes lors d'un sabotage. Elles décideront du sort des suspects.

    Le groupuscule aurait-il pu être démantelé plus tôt ? Les policiers n'avaient aucun motif pour appréhender le groupe. Pourtant, dans la nuit du 7 au 8 novembre, ils avaient pris en filature Julien et sa compagne alors en «repérage» le long des voies de chemins de fer, du côté de Dhuisy, en Seine-et-Marne. Pour une obscure raison, le couple avait réussi à se volatiliser. Quatre actes de sabotage ont été découverts le lendemain, dont un à Coulombs-en-Valois, commune vers laquelle les «anarcho-autonomes» se seraient volatilisés quelques heures auparavant.

    Ont-ils bénéficié d'une complicité éventuelle avec des cheminots ou des relais syndicaux ?Les enquêteurs n'ont laissé filtrer aucun élément permettant de l'affirmer. Les gardes à vue devraient permettre de déterminer s'ils ont pu accomplir ce travail de spécialistes sur des installations où courent 25 000 volts alors qu'aucun cheminot ne figure parmi les gardés à vue. A priori, ces derniers sont censés être peu loquaces face aux policiers, assimilés à des représentants de l'«État impérialiste et bourgeois». Mais les langues peuvent parfois se délier au terme d'une garde à vue de 96 heures, surtout quand des suspects d'à peine 25 ans sont sur le gril.

    Le Figaro - 13.11.08