Les vacances venaient juste de commencer pour Martin Mervoyer. Le jeune homme, originaire de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), membre d’une fratrie de six enfants, venait de poser ses valises dans la propriété familiale, à Olmeto-Plage (Corse-du-Sud), sur les hauteurs du golfe de Propriano. S’il n’avait été mortellement blessé par balles dans la nuit de mercredi à jeudi, à la sortie d’une boîte de nuit d’Olmeto-Plage, il aurait fêté ses 20 ans le 23 août.
- Son meurtrier présumé s’est rendu hier en fin d’après-midi à la gendarmerie de Sartène.
Réprimandé parce qu’il ne consommait pas
Trois heures hier. C’est soirée années 1980 au Paradi’s, une boîte de nuit qui n’ouvre que l’été. Martin et son groupe d’amis, qui sont arrivés le soir même sur l’Ile de Beauté, s’égaillent dans l’établissement, situé à seulement 500 m de la propriété de vacances de la famille du jeune homme. Un employé vient les réprimander : le groupe de jeunes Parisiens ne consomme pas. Un proche, qui a recueilli le témoignage d’amis de Martin présents lors du drame, explique que le groupe n’avait en fait pas l’intention de s’éterniser dans l’établissement. Selon une autre version, en cours de vérification, Martin et ses amis se seraient introduits dans la boîte avec leurs propres bouteilles d’alcool. « Quoi qu’il en soit, ils ont obtempéré, mais en partant, Martin est simplement allé dire au barman que tout ça n’était pas très sympa », poursuit ce proche. Le ton monte, le vigile, Dominique Desanti, un parent du gérant de l’établissement, s’énerve et leur ordonne : « Dégagez ! » Ce à quoi Martin réplique, dans un souci d’apaisement : « Ne vous énervez pas, on s’en va. »
Le suspect s’est rendu
Finalement, toujours selon un témoin de la scène, le videur apostrophe l’étudiant à la sortie de l’établissement : « Viens, je vais te dire ce que j’en pense… » C’est à ce moment-là qu’il aurait sorti une arme de poing, l’aurait posée sur le torse de Martin, avant de tirer sur lui à bout touchant. Martin meurt quelques instants plus tard, tandis que son agresseur prend la fuite. « C’est parce que les gendarmes ont une très bonne connaissance du tissu local qu’ils sont parvenus à lui faire entendre raison. Le meurtrier présumé s’est finalement présenté de lui-même, à 18 h 3 » à la gendarmerie de Sartène, précise une source proche de l’enquête.
L’arme utilisée a été retrouvée et placée sous scellés en attendant une analyse balistique et une recherche d’empreintes génétiques. A l’issue de sa garde à vue, Dominique Desanti, déjà connu des services de police, devrait être mis en examen pour meurtre et port d’arme prohibé.
Le Parisien - 17.07.09