07/11/2009
Ce bébé a 16 ans
Brooke est assise devant nous, sur sa petite balançoire en plastique, aux couleurs acidulées. Elle se balance. Ses grands yeux sombres sont légèrement asymétriques ; son regard se perd dans le vague. A ses tempes, des veines se dessinent sous sa peau translucide. Ses bras sont minces comme des brindilles. C’est une enfant handicapée qui semble si fragile qu’elle inquiète. Comment lui dire bonjour ? Petit coucou de la main. Elle n’a visiblement pas envie de nous voir. Elle secoue la tête mécaniquement, le menton relevé. La bouche se tord. Le mouvement de balancier devient de plus en plus rapide. Les gémissements montent. Pour elle qui ne parle pas, c’est le seul moyen d’exprimer son malaise. « Il est temps de partir », murmure Melanie, sa mère. Nous nous éclipsons sur la pointe des pieds. Les petits cris cessent instantanément. A leur place se font entendre des gazouillements d’enfant heureux. Nous respirons...
Elle est comme ça, Brooke Greenberg : quand un inconnu pénètre dans sa sphère privée et que cela la dérange, elle lui dit vertement d’aller voir ailleurs. Il faut dire qu’à Reisterstown (Maryland), dans la confortable maison de ses parents, c’est un défilé permanent de curieux. Il y a les fonctionnaires locaux du ministère de la Santé qui prend en charge ses soins. Et puis, beaucoup de journalistes. Brooke est une petite célébrité. Elle passe à la télévision et la presse parle d’elle.
Le fait qu’elle soit vivante tient du miracle
Avec ses visiteurs, elle a l’air ailleurs, mais il ne faut pas s’y fier. « Elle est très consciente de ce qui se passe autour d’elle et, depuis deux ou trois ans, elle a ses humeurs, dit sa mère. C’était un bébé adorable. Désormais son tempérament est celui d’une jeune fille de 16 ans. Elle a ses bons et ses mauvais jours, ses crises de colère et ses moments de sérénité, qui se manifestent par de grands rires sonores. Et elle adore le shopping. Le vendredi soir, quand nous allons au centre commercial, depuis sa poussette, elle fait du lèche-vitrines. Comme n’importe quelle ado ! »
Brooke, qui a chassé sa colère, vient nous rejoindre dans la cuisine. Elle a la taille d’un bébé de 1 an maximum et marche à quatre pattes, les jambes repliées sous son corps, à cause d’une malformation à sa hanche, un handicap de naissance. Carly, 13 ans, s’accroupit et lui passe la main sur les cheveux. Entre elles, le contraste est saisissant. La sœur de Brooke est ravissante. Surtout, on a du mal à imaginer qu’elle a presque quatre ans de moins que Brooke ! Sa mère la prend dans ses bras. L’enfant ferme les yeux. Elle adore les câlins.
Avant même de naître, Brooke intriguait. « Pendant ma grossesse, dit sa mère, les médecins m’ont prévenue qu’elle ne se développait pas normalement. L’accouchement par césarienne a été provoqué, un mois avant terme. Mais je n’étais pas particulièrement inquiète. Elle pesait 2 kilos, ce qui est plutôt bien pour un bébé prématuré. Et sa malformation de la hanche paraissait soignable. » Très vite, cependant, son cas se révèle plus grave que prévu. Les semaines passent et l’enfant grandit à peine. Les Greenberg multiplient les visites chez les médecins. « On en a vu près d’une centaine », calcule Howard, son père. Aucun d’entre eux ne parviendra à expliquer de quoi souffre la petite fille. Les médecines traditionnelles telles que l’injection d’hormone de croissance échouent à lui faire gagner quelques centimètres.
Les premières années de Brooke sont un calvaire. Elle enchaîne les séjours à l’hôpital provoqués par des maladies aussi graves qu’inexpliquées pour un bambin de cet âge. A 5 ans, elle survit à sept ulcères qui lui perforent l’estomac. Du jamais-vu. Quelques mois plus tard, elle tombe dans un coma profond. Diagnostic : tumeur au cerveau. « En prévision de sa mort, nous avons commandé un cercueil, se souvient Howard. Et puis, au bout de deux semaines, l’hôpital nous a appelés pour nous dire qu’elle venait de se réveiller. Nous n’avons jamais su pourquoi ni comment. Elle n’avait aucune séquelle. » Pour le Dr
La petite fille sait sans doute que nous parlons d’elle. Elle s’anime. Nous tentons une sortie sur la terrasse. Le soleil d’automne l’aveugle, elle couvre ses yeux de ses mains minuscules. « Elle n’est pas dans son assiette, confie Melanie. L’hiver approche, elle déteste les changements de saison et l’arrivée du froid. Elle sent qu’elle va tomber malade et, quand elle attrape quelque chose, c’est du sérieux. » Retour à l’intérieur. Brooke se détend. « Elle a besoin d’un cadre de vie stable et rassurant.
Depuis l’âge de 5 ans, Brooke va dans une l’école spécialisée
Ses journées se suivent et se ressemblent. C’est ce qui lui convient le mieux. » Depuis l’âge de 5 ans, elle va à l’école spécialisée Ridge Ruxton, pour enfants handicapés. Elle adore ! Chaque matin, quand le bus arrive, vers 7 h 30, un sourire illumine son visage. Une fois dans l’établissement scolaire, sa nounou la met dans un siège à roulettes conçu pour qu’elle puisse se déplacer seule. Elle fonce dans les couloirs, en prenant le chemin du bureau du proviseur, qu’elle connaît par cœur. A l’école, Brooke est une curiosité. C’est la seule à pouvoir se mouvoir de manière autonome. « Il nous arrive de croire qu’elle nous enterrera tous ! » dit son père. Et il plaisante à peine. Les Greenberg se sont rendu compte voilà cinq ans que leur petite fille ne vieillissait pas, en constatant que son visage restait absolument identique sur toutes les photos, année après année. Howard Greenberg est persuadé que sa fille n’est pas un hasard, un mystère médical, mais qu’elle est née « pour une raison particulière ». Elle a en elle, dit-il, « un secret » qui, s’il était révélé, constituerait un grand pas pour l’humanité. « Des enfants qui ne grandissent pas, il y en a des milliers sur la planète. En revanche, Brooke est le seul être humain à ne pas vieillir, c’est unique au monde. Richard Walker, qui la suit depuis cinq ans et essaie de comprendre pourquoi elle ne vieillit pas, le simple fait qu’elle soit encore vivante tient du miracle.
Nous sommes avec elle depuis déjà quatre heures et ce n’est plus la petite fille farouche et revêche que nous avions rencontrée ce matin. Au contraire, c’est une enfant enjouée que nous retrouvons dans le sous-sol de la maison. Les Greenberg l’ont aménagé pour elle. Pas de fenêtre ni d’objets contondants, explique Howard, l’endroit est « sous contrôle ». Ce sous-sol, c’est vraiment le royaume de Brooke. Elle y passe le plus clair de ses après-midi, quand elle rentre de l’école, vers 15 h 30. Elle regarde « Bob l’Eponge », son dessin animé préféré, ou elle écoute de la musique – Michael Jackson et Bee Gees, cet été. Il y a trois ans, c’est là qu’elle a fêté sa bat-mitsva.
Ce jour-là, Brooke était sereine, heureuse, « consciente que c’était un jour spécial pour elle », raconte sa mère. Avant de la quitter, nous la dévisageons une dernière fois. Elle nous regarde, enfin. Un tube s’agite dans les airs : il relie son ventre à une bouteille accrochée au sommet d’un pupitre. C’est comme ça que Brooke s’alimente. L’opération prend dix heures chaque jour car, vu la taille réduite de son estomac, il faut la nourrir tout doucement. De la main, on lui dit au revoir. Elle nous répond par un petit sourire. Et nous partons, bouleversés d’avoir connu le plus vieux bébé du monde...
P/O Gaëlle Mann - Paris Match Le 19/10/2009
NDB : la Bat-Mitsva est le pendant féminin de la Bar-Mitsva
22:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note
Un employé indélicat...
Un employé de la Poste à Marseille, soupçonné d'avoir détourné près de un million d'euros dans son agence, est recherché par la police, a-t-on appris samedi de source proche de l
L'alerte a été donnée en début de semaine par le service de sécurité interne de l'entreprise. Le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire et les policiers de la Sûreté départementale sont en charge de l'enquête, menée jusqu'ici dans la discrétion.
Un porte-parole de la direction de la Poste dans les Bouches-du-Rhône a confirmé l'affaire à l'AFP, sans faire de commentaires.
Le suspect, Naïm El Jaziri, est un caissier d'une quarantaine d'années qui, de par sa fonction, possédait les clefs du coffre de l'agence, située dans le 7e arrondissement de la ville, et avait accès à l'argent destiné à alimenter trois distributeurs automatiques de billets. Il a été rapidement soupçonné de ce fait.
'enquête, confirmant des informations du quotidien Aujourd'hui en France.
Son escroquerie, méticuleusement préparée, s'est jouée au cours de la semaine dernière, selon la même source. L'employé qui ordinairement passe des bons de commandes d'un total de 100.000 euros à la banque centrale de la Poste pour approvisionner les trois distributeurs, a tenté de commander 350.000 euros, avec succès. Il a réitéré deux fois la manoeuvre, en déclarant à chaque fois n'avoir reçu que 100.000 euros et en ne garnissant les distributeurs qu'au minimum, pour garder la différence.
Selon la même source, l'affaire trahit un grave dysfonctionnement au sein de la Poste puisque les commandes, bien que très supérieures à l'ordinaire, ont été autorisées et que ces sorties d'argent frauduleuses n'ont été repérées que tardivement.
L'employé qui avait été l'objet d'une mise à pied dans l'entreprise et avait eu des accrocs avec sa hiérarchie, sans lien avec l'affaire, demeure introuvable malgré l'audition de ses proches. Le fuyard qui a utilisé au moins deux véhicules de location pour l'opération, a "nettoyé" son appartement qui a été perquisitionné et vidé ses comptes, a-t-on ajouté. Ses points de chute éventuels sont surveillés, mais les enquêteurs n'excluent pas que le suspect soit parti à l'étranger.
P/O Gaëlle Mann - AFP Le 7/11/2009
22:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Bus pris d'assaut au Blanc-Mesnil
Hier, il était midi, au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, quand un bus de la ligne 148 de la RATP a été pris d'assaut par des adolescents, au moment où il circulait dans le quartier sensible des Tilleuls.
Pendant que ses quatre acolytes immobilisaient le bus, un "jeune" est monté à bord pour frapper à coups de batte de base-ball, un lycéen de 17 ans.
Le chauffeur de bus a réussi à forcer le passage pour se rendre directement au commissariat de la ville.
Les pompiers ont alors pris en charge la jeune victime qui a été hospitalisée.
P/O Gaëlle Mann - Le Post/AFP Le 7/11/2009
22:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Barbarie à Cambrai
Cambrai : la victime a été mutilée vivante
Interpellé après la découverte, vendredi à Cambrai (Nord), du corps atrocement mutilé d'un homme de 53 ans, un suspect a avoué avoir tué la victime à coups de couteau lors d'une soirée alcoolisée, a annoncé samedi le procureur de la République de Douai, Luc Frémiot.
Agé de 48 ans, le meurtrier présumé a reconnu avoir frappé la victime, tout en affirmant ne pas se souvenir précisément des faits survenus jeudi soir. Ce jour-là, des témoins ont vu le suspect et sa compagne, également interpellée, quitter l'appartement de la victime dans la soirée avec leur rottweiler. Ils y avaient passé une partie de l'après-midi à boire.
A l'intérieur de l'appartement, le corps de l'homme de 53 ans gisait dans son sang. Selon une source policière, il a été égorgé, éventré et éviscéré, a eu les testicules coupés ainsi qu'un oeil et le cuir chevelu arrachés. Refusant de confirmer ces informations, le procureur a néanmoins évoqué des blessures «atroces» qui «posent des questions sur le plan psychologique» chez le meurtrier présumé. «L'alcool n'explique pas tout», a-t-il estimé lors d'une conférence de presse.
Mutilé de son vivant
La nature des mutilations avaient dans un premier temps laissé penser qu'elles avaient pu être causées par le chien. Mais l'autopsie du corps a révélé que l'ensemble des blessures avaient été commises à l'aide d'un couteau retrouvé sur place et du vivant de la victime.
La compagne du suspect a de son côté déclaré aux enquêteurs de la Police judiciaire de Lille avoir entendu son ami menacer la victime de lui «ouvrir le ventre» alors qu'elle se trouvait dans une autre pièce. Tous deux devraient être déférés au parquet de Douai dimanche en vue de leur mise en examen pour homicide volontaire, actes de torture et barbarie et, s'agissant de la mise en cause, pour non-empêchement de crime.
P/O Gaëlle Mann-Leparisien /AFP Le 7/11/2009
22:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
Une école privée catholique incendiée
Dans la nuit du 3 au 4 novembre 2009, un incendie a ravagé l’école privée Saint Jean Baptiste à Coulommiers.
Son origine criminelle ne fait aucun doute selon la Nouvelle République, « puisque les enquêteurs ont pu établir que les individus, après avoir escaladé le mur d’enceinte de l’établissement, ont mis le feu sous un appentis […] Armoires, outillage, livres, tout y a brûlé. Les pompiers de Vendôme sont intervenus pour noyer ce qui pouvait l’être, évitant que l’incendie ne puisse se propager ».
Ouf ! On respire : si, au lieu d’une école privée catholique, il s’était agi d’une école musulmane, imaginez un instant le déchaînement médiatique ! TF1, France2, FR3 seraient déjà sur les lieux, le Préfet se serait déplacé ainsi que le député du coin, l’évêque, la HALDE, SOS racisme, le MRAP et la LICRA etc… Dans le cas présent, rien de tout cela. Seulement la violence ordinaire subie par des Français trop Français…
P/O Gaëlle Mann - NPI Le 7/11/2009
21:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (56) | Envoyer cette note
VIDEO : La cul-ture selon Frédéric Mitterrand
http://videos.leparisien.fr/video/iLyROoafI62O.html
Cliquez sur le lien pour voir la vidéo
Jan Bucquoy inaugure le Musée du Slip à Paris. L'artiste belge à déjà installé cette exposition à Bruxelles, et l'importe dans la capitale du 5 au 26 novembre, à la galerie Immanence, dans le 15ème arrondissement. Pour l'occasion, plusieurs personnalités ont accepté de prêter leurs sous-vêtements, parmi lesquelles Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture, Jean-Michel Ribes, Guillaume Durand ou Plastic Bertrand.
P/O Gaëlle Mann - Le Parisien le 7/11/2009
21:39 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Abbas "partenaire" d'Israël...
Les dirigeants israéliens, tout en s'abstenant de faire des commentaires publics, ont exprimé vendredi leur préférence pour que le président palestinien Mahmoud Abbas, un modéré, reste au pouvoir.
"Nous considérons Abbas comme un partenaire pour la paix aussi longtemps qu'il est au pouvoir", a déclaré un haut responsable gouvernemental à l'AFP.
"Nous aimerions démarrer les négociations dès que possible avec la direction palestinienne modérée", a-t-il ajouté sous couvert de l'anonymat.
M. Abbas a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections générales palestiniennes prévues en janvier, manifestant ainsi sa frustration devant le blocage du processus de paix.
"Nous ne nous immisçons pas dans les affaires internes des autres. Mais il est évident qu'Israël et les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que les Palestiniens aient une direction pragmatique et responsable", a déclaré à la radio le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon.
La décision du président palestinien de ne pas se représenter est analysée comme un "coup tactique" par les dirigeants et les éditorialistes israéliens
"Cette annonce est un coup tactique destiné d'abord à faire pression sur les Etats-Unis tout en répondant à des besoins internes" palestiniens, a déclaré un responsable gouvernemental non identifié au quotidien Yediot Aharonot.
"Néanmoins, le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) ne souhaite pas le départ de Mahmoud Abbas, car après lui viendront des dirigeants plus extrémistes", explique-t-il.
Selon le quotidien Haaretz, le président israélien Shimon Peres a appelé au téléphone M. Abbas vendredi matin pour lui demander de rester en poste.
"Si vous partez, les Palestiniens vont perdre leur chance de parvenir à un Etat indépendant et la situation dans la région va se dégrader", a plaidé M. Peres, cité par le journal.
Le ministre israélien de l'Environnement, Gilad Erdan, un proche de M. Netanyahu, a néanmoins accusé à la radio le président palestinien "de n'avoir rien fait en cinq ans pour parvenir à la paix".
La décision de M. Abbas, âgé de 74 ans, survient au moment où le processus de paix au Proche-Orient est complètement bloqué, les Etats-Unis ayant échoué à convaincre les Israéliens de geler totalement la colonisation dans les territoires palestiniens.
L'Autorité palestinienne réclame un arrêt de la colonisation israélienne, y compris à Jérusalem-est (annexée par Israël en juin 1967) avant de reprendre les négociations.
P/O Gaëlle Mann - AFP Le 7/11/2009
21:34 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note











