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  • Subventions en PACA: Sylvie Andrieux PS mise en examen

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    Sylvie Andrieux  - (Cliquez sur la photo)

    La députée PS des Bouches-du-Rhône, Sylvie Andrieux, a été mise en examen, jeudi à Marseille, dans le cadre d'une affaire de détournements présumés de fonds de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), dans laquelle 23 personnes étaient déjà mises en cause.

    Mme Andrieux, 48 ans, députée depuis 1997 et ancienne vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, est la première élue impliquée dans ce dossier au long cours.

    Elle a été mise en examen pour complicité de tentative d'escroquerie et complicité de détournement de fonds publics, au terme d'environ cinq heures d'audition comme témoin assisté par le juge d'instruction Frank Landou. Elle a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer les autres protagonistes de l'affaire.

    Mme Andrieux ne s'est pas exprimée à l'issue de son audition, quittant très rapidement le palais de justice à l'arrière d'un scooter.

    Dans un communiqué, elle a qualifié en soirée sa mise en examen de "diversion", indiquant avoir demandé à deux reprises à être entendue par le magistrat instructeur dans l'affaire.

    "J'ai pu aujourd'hui pendant plus de quatre heures, apporter au magistrat instructeur les premiers éléments permettant de démontrer la fausseté des accusations dont je suis l'objet", écrit-elle.

    Le bureau de l'Assemblée nationale avait validé, le 7 avril, une levée partielle de son immunité parlementaire, autorisant son placement sous contrôle judiciaire en cas de mise en examen, mais écartant la possibilité d'une garde à vue, au motif notamment que Mme Andrieux avait elle-même demandé, de longue date, à être entendue.

    L'enquête, ouverte à la mi-2007 après le signalement par TRACFIN de flux financiers suspects entre juin 2005 et janvier 2007, porte sur le détournement de quelque 740.000 euros par des associations présumées fictives et subventionnées par la Région.

    Parmi les mis en examen, un fonctionnaire territorial qui réceptionnait les demandes de subventions, Rolland Balalas, ancien secrétaire général du groupe PS au conseil régional et ex-assistant parlementaire de Mme Andrieux, a déclaré aux enquêteurs que les détournements visaient à acheter les services de responsables associatifs dans des quartiers populaires du Nord de Marseille, où l'élue a son fief, pour la campagne des législatives de 2007.

    Deux ex-cadres de la région, Franck Dumontel et Jules Nyssen, ont aussi été mis en examen.

    En mai 2009, le président PS du conseil régional, Michel Vauzelle, avait retiré à Mme Andrieux sa délégation à la politique de la Ville en raison de l'enquête. Un mois plus tard, la députée quittait le conseil régional où elle siégeait depuis 1992, officiellement pour cumul de mandats.

    Mariée et mère d'une fille, Mme Andrieux appartient à l'une des dynasties du defferrisme.

    Les démêlés de Mme Andrieux se sont immiscés mardi dans la bataille politique qui se joue autour de l'affaire Woerth-Bettencourt. "Occupez-vous de Marseille", a lancé le député UMP Claude Goasguen à l'Assemblée nationale.

    Jeudi à Marseille où il était en déplacement, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a estimé que "la droite se trompe complètement" en faisant de l'affaire Andrieux "une contre-attaque à l'exigence de vérité qu'il y a à gauche" dans l'affaire Woerth-Bettencourt.

    Parallèlement, l'UMP des Bouches-du-Rhône a écrit à Martine Aubry pour réclamer la démission du président PS d'une intercommunalité des Bouches-du-Rhône, Bernard Granié, condamné en janvier dans une affaire de corruption et qui a fait appel du jugement.

    "La lutte contre la corruption n'est pas une lutte partisane mais doit rassembler tous les bords politiques", affirme cette lettre dont l'AFP a eu copie, en faisant le parallèle avec l'affaire Woerth-Bettencourt.

    AFP. 08 juillet 2010

  • Affaire Bettencourt/Woerth/Sarkozy: précisions de Mediapart

    jeudi 19 H

     

     

     

    AFFAIRE BETTENCOURT-WOERTH (1). Dans une audition réalisée hier par les enquêteurs de la brigade financière, l'ex-comptable des Bettencourt a confirmé que Patrice de Maistre a remis à Eric Woerth une somme de 150.000 euros dans le cadre de la campagne présidentielle de 2007. Concernant d'autres sommes versées aux politiques, Claire Thibout déclare: «Il y avait souvent des hommes politiques à la maison. Je n'ai pas parlé de "défilé" ni qu'ils venaient surtout lors des élections. Je lui (au journaliste de Mediapart, NDLR) ai seulement dit que souvent ces messieurs venaient pour avoir de l'argent.» (L'intégralité de l'audition retranscrite sur Mediapart)

    AFFAIRE BETTENCOURT-WOERTH (2). Une confrontation doit avoir lieu ce jeudi entre Patrice de Maistre et Mme Thibout, sur la base des propos que cette dernière a rapportés à Mediapart. Lors de son audition hier, l'ancienne comptable du couple Bettencourt s'est partiellement rétractée, notamment au sujet des possibles enveloppes remises à Nicolas Sarkozy. De son côté, Fabrice Lhomme, journaliste à Mediapart, maintient «l'intégralité» de son article. Il explique avoir rencontré Mme Thibout «en face-à-face, en présence d'un témoin, pour préparer l'entretien à venir». «Elle a alors fait des déclarations sur Balladur et sur Sarkozy». Puis Fabrice Lhomme l'a interviewée lundi soir par téléphone, en présence d'un autre témoin, et en mettant le haut-parleur. Avant de la recontacter dans la soirée pour avoir des précisions. (Chat du Monde, Le Monde, Libération, Rue 89) 

    AFFAIRE BETTENCOURT-WOERTH (3). Aux prises avec l'affaire Bettencourt-Woerth-Sarkozy, les séides du président de la République ont riposté en toute hâte à partir du mardi 6 juillet; d'abord par la voix de Xavier Bertrand, qui, en dénonçant les «méthodes fascistes» de certains sites Internet, visait directement Mediapart. D'autres variations suivirent. Cet après midi, le Groupement des éditeurs en ligne a réagi, par communiqué. L'association parle de «violentes attaques» qui viseraient à «décrédibiliser notre profession en nous faisant passer pour des irresponsables, colporteurs de ragots, bien loin de la réalité d'une profession organisée et parfaitement responsable». Le Forum des sociétés de journalistes (FSDJ) parle d'attaques d'une «médiocrité navrante» et d'«allégations extrêmement graves». (Rue 89, Le Monde, Libération)

    MEDIAPART - 08 juillet 2010

  • L'ex-comptable confirme des financements illégaux de la droite

    Claire Thibout, l'ancienne comptable des Bettencourt, a de nouveau été entendue, mercredi 7 juillet. Elle a confirmé aux enquêteurs un système de financement illégal de «beaucoup de personnalités politiques» ainsi que la demande faite de réunir 150.000 euros en espèces pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

    Soumise à une pression décrite comme «hallucinante» par son avocat, elle a modéré certaines des déclarations faites la veille à Mediapart.

    Nous confirmons l'intégralité de notre article du 6 juillet.

    MEDIAPART - 08 juillet 2010

  • Claire Thibout est revenue sur certaines de ses déclarations au grand soulagement de l'Elysée

    Les rebondissements se succèdent dans l'affaire Bettencourt. Ils se concentrent autour de l'ex-comptable de la milliardaire, Claire Thibout. Après ses déclarations spectaculaires évoquant notamment des versements d'espèces à des personnalités de droite, recueillies lundi 5 juillet par les policiers puis par Mediapart (et publiées le 6 juillet au matin), Claire Thibout serait revenue sur ses déclarations, dans la soirée du mercredi 7 juillet, comme l'ont martelé avec jubilation les proches de Nicolas Sarkozy – et la présidence de la République elle-même via un communiqué inédit.

    Ce constat a été appuyé par la diffusion (par exemple par Lefigaro.fr) dans la journée de quelques extraits soigneusement sélectionnés de l'interrogatoire de Mme Thibout.

    En fait, la lecture de son audition, dont lemonde.fr a en revanche publié jeudi après-midi des extraits plus complets, et dont Mediapart reproduit en exclusivité le contenu intégral (à lire ici), suggère tout autre chose. La comptable a par exemple mis en cause nommément davantage de personnalités politiques qu'elle ne l'avait fait jusque-là. Elle a bien décrit l'hôtel particulier des Bettencourt, à Neuilly-sur-Seine, où elle a été en fonction de mai 1996 à novembre 2008, comme ayant été le théâtre de remises régulières d'enveloppes en espèces à des hommes politiques de premier plan.

    Elle a réitéré ses accusations concernant l'épisode Patrice de Maistre/Eric Woerth, à savoir la remise par le premier au second d'une somme de 150.000 euros destinée au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007. En revanche, elle a à plusieurs reprises minoré ou nuancé certaines déclarations qu'elle avait faites à Mediapart, notamment s'agissant de la remise d'argent liquide à M. Sarkozy. 

    Mme Thibout a surtout tenu à préciser, à plusieurs reprises, qu'elle n'avait «jamais assisté à une remise d'enveloppes» aux politiques. Une précision importante... qui figurait déjà, bien entendu, dans les propos de Mme Thibout reproduits dans notre article du 6 juillet. Sur le fond, qu'a donc déclaré l'ex-comptable, à l'issue d'une énième audition au cours de laquelle, il faut le rappeler, elle n'a pas pu bénéficier de l'assistance d'un avocat, et où la plupart des questions semblaient avoir pour seul objet ses déclarations à Mediapart

     

    D'abord, s'agissant des politiques, elle a confirmé qu'«il y avait souvent des hommes politiques à la maison. Je n'ai pas parlé de “défilé” ni qu'ils venaient surtout lors des élections. Je lui (au journaliste de Mediapart, NDLR) ai seulement dit que souvent ces messieurs venaient pour avoir de l'argent».

    A la question du capitaine de la brigade financière (BF) qui a procédé à son audition: «Quels étaient les autres hommes politiques qui selon vos déclarations à Mediapart ont été concernés par des remises d'espèces?», Mme Thibout a eu une repartie traduisant son embarras, pour ne pas dire sa peur: «Vous ne pouvez pas me demander ça.» Et d'ajouter: «M. et Mme Bettencourt étaient des personnes généreuses et il y a eu beaucoup de personnes politiques qui ont reçu de l'argent. Je ne serai pas exhaustive et je ne veux pas faire de la délation. Pour ce qui est de M. Woerth s'il n'y avait pas eu les histoires de carnets je n'en aurais jamais parlé à personne.» Concernant l'identité de ces hommes politiques qui se pressaient à la table des Bettencourt, elle a assuré: «Il y en avait beaucoup.»

    MEDIAPART - 08 juillet 2010

  • Condamnés lourdement pour avoir brûlé le drapeau algérien - Une leçon pour la France UMPS!

    Dix-huit jeunes Algériens ont été condamnés par un tribunal d'Annaba (Bône) à des peines allant de deux à huit ans de prison ferme pour "atteinte au symbole de la nation", rapporte aujourd'hui l'agence officielle APS.

    Selon une source judiciaire citée par l'APS, ces jeunes ont brûlé le drapeau algérien et brandi le drapeau français au cours de manifestations organisées le 19 juin dernier dans la commune de Sidi Salem, dans la banlieue d'Annaba, pour réclamer des logements sociaux.

    Six de ces jeunes ont écopé de huit ans de prison ferme, cinq autres de six ans, quatre de cinq ans et trois autres encore de deux ans.

    Ces peines ont été assorties d'une amende d'un million de dinars (10.000 euros) pour chacun des condamnés.

    Le Figaro - 07 juillet 2010

    Annaba (en arabe عنابة) (ancienne Hippone, Bône) est une des principales villes d'Algérie.

    Au Ve siècle, Hippone est devenue le foyer du christianisme sous l'épiscopat de Saint Augustin évêque de la ville de 396 jusqu'à sa mort en 430. (Wikipédia)

     

  • Mondial: l'Espagne affrontera les Pays-Bas en finale

    L'Espagne s'est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde 2010 de football en battant l'Allemagne 1 à 0, ce soir au Moses Mabhida Stadium de Durban, et affrontera les Pays-Bas pour le titre mondial dimanche à Johannesburg.

    Le Figaro - 07 juillet 2010

  • La police ouvre une enquête sur les propos de Claire Thibout

    Les enquêteurs ont mis la main mercredi 7 juillet à la mi-journée sur les carnets de Claire Thibout sur lesquels l'ex-comptable de Liliane Bettencourt enregistrait tous ses décaissements. Leur contenu doit être examiné. Les policiers vont s'attacher à vérifier si les noms de destinataires de ces retraits d'argent y figurent ou non.

    Les enquêteurs sont confrontés à un problème. Ils souhaitent réentendre Claire Thibout qu'ils avaient auditionnée une première fois lundi après-midi, mais celle-ci demeure introuvable et a coupé tout contact. Les policiers désirent, en particulier, la confronter à Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt.

    En outre, une enquête préliminaire distincte concernant les propos de Claire Thibout a été ouverte par le parquet de Nanterre. Elle est disjointe de l'enquête déja ouverte pour "atteinte à la vie privée" qui ne visait que les enregistrements clandestins réalisés chez Mme Bettencourt.

    LE DÉBIT DE 50 000 EUROS CONFIRMÉ

    Les réquisitions faites par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP) ont permis de retrouver la trace d'un débit de 50 000 euros, à l’agence de la BNP de la Grande-Armée, le 26 mars 2007, conformément à ce que l’ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout, avait déclaré, lundi 5 juillet, au site Mediapart.

    Mme Thibout affirme que Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, lui avait demandé, fin mars 2007, de retirer 150 000 euros, "une somme trois fois supérieure à l'habitude", ce qu'elle a refusé expliquant que son accréditif ne lui permettait pas. Selon Mme Thibout, ce dernier lui aurait déclaré que cette somme était destinée au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy via le trésorier de l'UMP Eric Woerth. "Je me suis rendue, comme d'habitude, avenue de la Grande-Armée et j'ai retiré 50 000 euros que j'ai remis à Liliane Bettencourt qui a ensuite donné l'enveloppe à Maistre devant moi", avait raconté Mme Thibout.

    Patrice de Maistre, entendu mardi par les enquêteurs, a démenti en bloc la version de l'ancienne comptable du couple Bettencourt.

    Le Monde - 07 juillet 2010

  • Le haras qui rit de Florence Woerth (L'Express)

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    Alors ministre du Budget, Eric Woerth assiste avec sa femme Florence au Prix de l'Arc de Triomphe 2009.  

    Reuters  - (Cliquez sur la photo pour la voir en totalité)

    Gestionnaire avisée, Florence Woerth a aussi créé une écurie hippique, où se côtoie le gratin des courses et des affaires. Un petit monde ravi de la politique de Bercy en matière de défiscalisation ou de paris en ligne...

     

    Nous sommes le 28 octobre 2008, à Neuilly-sur-Seine, dans les bureaux de Clymène, la société en charge de gérer la fortune de Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal. Florence Woerth, alors directrice des investissements de Clymène, tient une assemblée générale extraordinaire. Non pour le compte de sa richissime patronne, mais pour ses affaires personnelles, où flotte un parfum de courses hippiques et de défiscalisation.

    Autour de la table sont en effet réunis les actionnaires d'Ecurie Dam's, une société créée par l'épouse d'Eric Woerth en mai 2008. Son objet? Acheter, élever et faire concourir des chevaux de courses. Ses propriétaires? Exclusivement des femmes, et non des moindres.

    Mariée au maire de Chantilly, Florence Woerth a fondé sa petite entreprise en compagnie de quatre égéries du luxe et du hippisme: Nathalie Bélinguier, épouse de Bertrand Bélinguier, P-dg du PMU jusqu'en avril 2009; Réjane Lacoste, à la ville Mme Michel Lacoste, le président du célèbre groupe au crocodile; Dominique Ades-Hazan, qui dirige, avec son mari, un groupe de prêt-à-porter haut-de-gamme; enfin Nicole Seroul, femme de Jean-Claude Seroul, président d'honneur du syndicat des propriétaires de chevaux de courses au galop.

    Protocole bien réglé

    A partir de ce quintet gagnant, l'écurie ne va cesser de s'agrandir. Et justement l'assemblée qui "squatte" les locaux de Liliane Bettencourt, en ce mois d'octobre 2008, doit entériner l'arrivée de nouvelles et influentes figures. Entre autres Caroline Guerrand-Hermès, héritière du groupe Hermès -où Florence Woerth siège désormais au conseil de surveillance; Agnès Touraine, ancienne dirigeante du groupe Lagardère, puis de Havas et enfin de Vivendi Universal, sous le règne de Jean-Marie Messier; Emmanuelle Bour-Poitrinal, première directrice générale des Haras nationaux et soeur du P-dg d'Unibail Rodamco, leader européen de l'immobilier commercial. Ou encore, côté people, Françoise Boulain, la réalisatrice de télévision, épouse de Thierry Roland, commentateur de foot et turfiste émérite.

    Cette première vague sera suivie d'une deuxième, tout aussi sélect, le 11 juin 2009, à l'issue d'une nouvelle assemblée générale. Avec notamment Marie-Caroline Giral, fille de Jean-Louis Giral, figure du patronat du BTP français et ex-élu RPR. Ou encore Françoise Kron, épouse de Patrick Kron, le P-dg d'Alstom, invité au Fouquet's à célébrer la victoire présidentielle, le 6 mai 2007.

    Chez Dam's, le protocole est bien réglé. Chaque nouvelle arrivante acquiert une ou plusieurs parts de l'écurie, à 7500 euros la part. Constituée initialement de 5 parts, pour un capital de 37 500 euros, l'écurie Dam's en compte aujourd'hui 48, pour un capital de 360 000 euros, et une trentaine d'actionnaires. Comment expliquer un tel pouvoir d'attraction, cette concentration inédite de VIP, où tout est luxe, CAC 40 et tiercé? La passion des chevaux? Sans doute.

    Et peut-être, aussi, le goût de la défiscalisation. Florence Woerth est une gérante de patrimoine avertie. Elle a créé l'Ecurie Dam's quelques mois après la promulgation du premier grand oeuvre de Nicolas Sarkozy: la loi "TEPA" (Travail Emploi et Pouvoir d'Achat). Présenté comme un soutien à "la France qui se lève tôt le matin", le texte instaure le bouclier fiscal à 50% et, parmi d'autres dispositions, crée un avantage de taille pour les contribuables assujettis à l'ISF.

    Une écurie est-elle une PME?

    Ceux-ci obtiennent la possibilité de déduire de l'impôt sur la fortune 75% de leurs investissements directs dans des PME, à concurrence de 50 000 euros. Initialement, il s'agissait de stimuler le tissu industriel et la création d'emplois. Mais les "pros" de l'optimisation fiscale ont eu tôt fait de s'engouffrer dans la niche, en élaborant des placements sans risque ou presque, et n'ayant qu'un lointain rapport avec la notion de PME. "A l'époque, en juillet 2007, j'avais déjà mis en garde sur les risques d'abus, ce qui n'a pas manqué de se produire", soupire le député UMP Gilles Carrez, rapporteur général de la commission des finances, le 10 décembre 2008 à l'Assemblée nationale.

    Ce jour-là, l'élu du Val-de-Marne soutient un amendement du groupe UMP, visant à réduire la portée de certains montages, effectués via des holdings, et jugés peu conformes à l'esprit comme à la lettre de la loi TEPA. Eric Woerth, alors ministre du Budget, monte au créneau, et s'oppose aux députés de son propre camp, quelque peu interloqués. "Je répète que le gouvernement ne souhaite pas que l'on resserre le dispositif permettant d'investir l'ISF dans les PME. Celui-ci doit au contraire être étendu à n'importe quel instrument juridique dès lors qu'il n'existe pas d'abus. S'il y en a, il faut les combattre, et non limiter le dispositif", explique-t-il.

    Mais le ministre, dont le cabinet n'a pas répondu à nos questions, ne se prononce pas sur le bien-fondé de cette innovation des gérants de patrimoine: assimiler une écurie de groupe -réunissant plusieurs actionnaires- à une PME, afin de pouvoir profiter du rabais d'ISF. Parmi les plus en pointe sur ce créneau: une filiale du groupe Banque Populaire Caisse d'Epargne (BPCE), la Banque Privée 1818, spécialisée dans la gestion de fortune. Là où travaillait Florence Woerth jusqu'à son entrée chez Clymène, à l'été 2007. "Des écuries de groupe, gérées comme des petites entreprises, permettent de rentrer dans le monde des courses hippiques tout en réalisant une bonne opération financière", indique la banque 1818 dans sa communication. Et un peu plus loin: "Avec des champs aussi prestigieux dans le monde entier que Chantilly, première ville du cheval en France, ou Longchamp, il n'y a pas plus ludique pour voir courir son capital!"

    Autre ardent promoteur du capital qui court: France Galop, la société qui organise toutes les grandes courses de plat et d'obstacle en France, et détient avec Cheval Français (son homologue pour le trot) près de 70 % du PMU. Florence Woerth a longtemps siégé chez France Galop, et plusieurs actionnaires de son écurie, ou leur famille proche, y occupent aujourd'hui une place en vue. A ces passionnés du cheval, France Galop assure une promotion appuyée: "DAM's, c'est une façon originale et trendy d'élargir un réseau d'influence féminin de manière agréable et conviviale."

    "Hobby et placement"

    Sans oublier de vanter les mérites financiers de ce type d'écurie. Ainsi dans l'Agefi, le 21 décembre 2007: "France Galop veut rendre plus accessible l'investissement dans un cheval de course par l'achat de parts dans les écuries. Le conseiller peut ainsi proposer à son client d'allier au plaisir une espérance de gain à risque amoindri."

    Et des conseillers, fiscaux et financiers, il n'en manque pas chez Dam's. Parmi les derniers entrants se trouve notamment Mathilde de Cheffontaines-Decaudaveine, membre de l'UMP, secrétaire générale de l'Association des gérants de patrimoine privé, auteur d'un prémonitoire rapport, en 2007: "Les chevaux de course, hobby et placement."

    Au-delà de l'attrait fiscal, l'écurie DAM's, comme la liste des invités du Fouquet's, présente une saisissante convergence d'intérêts financiers. Prenons la loi sur les jeux d'argent et les paris sportifs en ligne, dont Eric Woerth, en tant que ministre du Budget, a été le principal architecte et promoteur. France Galop et sa filiale, le PMU, se déclarent enchantés de son travail. "Le projet de loi est extrêmement positif et très favorable à l'institution des courses", rappelait Edouard de Rothschild, le président de de France Galop, dès le 30 mars 2009.

    Un homme au coeur du système

    Il est vrai que Bercy n'a pas lésiné sur les compensations accordées à la filière hippique. Le PMU a obtenu la permission de diversifier ses activités en proposant des paris sportifs en ligne; la taxe sur les paris en dur (la version papier) a été abaissée de 11,5% à 7,5%, soit un cadeau annuel, pour le PMU, estimé à une grosse centaine de millions d'euros - et autant de moins dans les caisses publiques; les opérateurs de paris hippiques en ligne devront verser aux organisateurs des courses, France Galop et Cheval Français (pour le trot), une redevance comprise entre 7,5% et 9% du montant des paris récoltés; le taux de retour aux parieurs est plafonné à 85% de leur mise, ce qui limite la concurrence et assure une marge encore plus confortable au PMU.

    Enfin le gouvernement s'est apparemment engagé à maintenir le monopole du PMU sur le réseau en dur, les bons vieux bars PMU. "Il faut savoir que, dans la phase en amont de ce projet de loi, la fin du monopole du PMU a été négociée par la filière hippique, notamment par le président de France Galop, avec la contrepartie que le PMU puisse prendre des paris sportifs (...) Et aujourd'hui, comme on me l'a confirmé récemment à Bercy, les Etats sont plus déterminés que jamais à ne pas ouvrir le réseau en dur", confie Hubert Monzat, le directeur général de France Galop, dans une interview à Paris Turf, le 14 février 2010.

    Celui-ci est particulièrement bien placé pour obtenir des assurances de Bercy et d'Eric Woerth, avec qui il a longuement travaillé. Sous-préfet de Senlis, entre 1999 et 2002, Hubert Monzat avait mobilisé les financements du prince Karim Aga Khan IV, propriétaire d'une prestigieuse écurie de chevaux, pour la rénovation de l'hippodrome et du château de Chantilly, ville dont Eric Woerth est le maire depuis 1995. Ensuite, en juin 2007, Hubert Monzat a été recruté par Eric Woerth au ministère du Budget, avec le titre de conseiller spécial, et la mission de préparer la loi sur les jeux d'argent et les paris sportifs en ligne...

    Le PMU, grand gagnant

    Ayant contribué à une loi très favorable à France Galop - de l'avis de son propre président, Edouard de Rotshchild, Hubert Monzat a ensuite été nommé, en juin 2008, directeur général de cette même société. "Rien à voir avec son rôle au ministère du Budget, même si son expérience de l'ouverture du marché des paris en ligne a pu constituer un plus. Mais la raison première, c'est que M. Monzat est un très fin connaisseur du monde hippique. Du reste, nous lui avions proposé le poste deux fois déjà, en 2002 et 2007", précise-t-on chez France Galop. Quoi qu'il en soit, la promotion d'Hubert Monzat a été rendue possible par la démission, quelques jours plus tôt, de son prédécesseur, Emmanuelle Bour-Poitrinal. Laquelle est ensuite devenue actionnaire de l'écurie Dam's de Florence Woerth.

    Autre grand gagnant de la loi sur les paris en ligne: le PMU, filiale de France Galop. Avec, ici encore, des connexions entre la tête de l'entreprise et l'écurie de Florence Woerth. L'une des co-fondatrices et co-actionnaires de Dam's est en effet Nathalie Bélinguier, épouse de Bertrand Bélinguier, p-dg du PMU jusqu'en avril 2009. Celui-ci vient de prendre la présidence de la toute nouvelle Fédération française des entreprises de jeux en ligne (FFEJEL), chargée de veiller aux intérêts de ses membres, notamment en incitant les pouvoirs publics à lutter contre la concurrence indésirable.

    La FFEJEL réunit La Française des Jeux, le PMU, ainsi qu'EurosportBet, filiale du groupe de Martin Bouygues, et les casinos Lucien Barrière, présidés par Dominique Desseigne, patron du Fouquet's. Ils devraient être bientôt rejoints par Betclic, appartenant à Stéphane Courbit, avec Alain Minc pour actionnaire de référence; et par PokerStars, dirigé en France par Alexandre Balkany, fils du député Patrick Balkany. Autant de cracks qui, sur le champ des affaires, portent les couleurs du sarkozysme.

    L'Express - 07 juillet 2010